‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 190 sur 313 · Xénopbon, Uémoires sur Socrate, Uv. IV, ch. IT · texte numérisé non relu

Xénopbon, Uémoires sur Socrate, Uv. IV, ch. IT

€38 MORALE THÉORHiUE.

parfaites, elles exprimeraient la plus grande utilité possible de tous les citoyens sans exception et le plus haut degré de justice possible pour tous les hommes. Mais étant faites pardes hommes, elles pèchent toujours par quelque (mdroit, et il y a toujours, même dans les meilleures, quelque chose d'arbitraire et d'artificiel : elles sont essentiellement des œuvres humaines, et se distinguent par là des lois naturelles.

(b Ce n'est pas tout : non seulement les lois civiles sont faites par des hommes, mais elles sont faites pour des hommes. Or les hommes ne sont pas les mêmes dans tous les temps, ni dans tous les lieux ; ils n'ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes passions, ni les mêmes intérêts, ni les mêmes babitudes : le fond est bien toujours le même, mais les accidents changent sans cesse; et par conséquent les lois doivent varier avec les temps ou avec les lieux. Sans doute la justice est toujours la justice ; mais l'intérêt n'est pas toujours le même, et il varie avec les circonstances; de là résulte une première raison de la variation des lois. En outre, la justice, sans varier dans son essence, se développe et se modifie parmi les hommes, en ce sens que le changement des circonstances amène des rapports nouveaux, et par conséquent des difficultés nouvelles; et par là encore de nouvelles lois sont nécessaires. Aussi voit-on, par l'histoire et par l'observai ion des divers peuples, que les lois sont différentes suivant les temps, suivant les climats, suivant la constitution du sol, suivant le genre de vie des peuples (nomades ou sédentaires, agriculteurs ou marins), en un mot, suivant mille circonstances dont l'illustre Montesquieu a essayé de donner la théorie dans son Esprit des Lois.

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