LA SANCTION MORALE
teignent pas, est frappé de discrédit, d'aversion, de mépris, etc. %" Enfin, une sanction plus exacte et plus certaine est celle qui résulte de la conscience même et du sentiment moral. Nous ne pouvons que renvoyer ici à ce que nous en avons dit plus haut*.
5'i4. InsnfGsance des sanctions précédentes. — Ces
diverses sanctions sont-elles suffisantes pour satisfaire notre instinct de justice? Il est facile de démontrer qu'elles ne le sont pas. En principe, le bonheur et le bien devraient être en raison directe l'un de l'autre: mais il n'en est pas ainsi dans la vie humaine. En effet, on peut ramènera deux classes les plaisirs et les peines que l'on considère comme des sanctions de la loi morale : 1" ceux qui n'ont aucun rapport, aucune connexion avec le bien moral, c'est-à-dire ceux qui dépendent de la nature de l'homme en tant qu'être sensible et intelligent, mais non pas en tant qu'être moral, par exemple les plaisirs que vous procurent les richessesiceux qui sont" dus à une grande gloire littéraire ou politique; 2° les plaisirs qui-ont un rapport direct avec le bien moral, par exemple les plaisirs de la considération et de l'estime, et ces plaisirs internes et plus secrets que nul ne peut ravii* et qui, dans le fond de la conscience, compensent quelquefois les^andes douleurs auxquelles la vertu est condamnée. Les souffrances sont également de deux espèces : 1° celles qui peuvent venir de l'état du corps, ou des situations critiques et fâcheuses où l'homme est souvent engagé; 2° celles que l'on appelle remords, qui suivent inévitablement la violation de la loi morale. Ces deux sortes de plaisirs ou de peines soigneusement distinguées, il est aisé de démontrer que le bien et le bonheur ne sont pas en harmonie dans la vie actuelle. En effet les plaisirs ou les peines de la première espèce sont distribués en apparence capricieusement, mais en réalité suivant des lois nécessaires qui n'ont aucun rapport avec le mérite moral. Il a été établi, par exemple, qu'un homme dont le corps serait sain jouirait des avantages et des plaisir? de la santé, qu'un homme d'une constitution maladive serait exposé à toutes sortes de maux; qu'un homme habile et prudr^nt ferait ses affaires, gagnerait de la fortune et se procurerait toutes les délices dont les richesses sont l'instrument. Or, comme tous' ces plaisii's sont réels, et comme ils sont dispensés suivant deS'