CHAPITRE VU
Médecine et gymnastique morales.
Bacon nous dit que la plupart des moralistes ressemblent à des maîtres d'écriture qui présenteraient de beaux modèles i leurs élèves, mais qui ne leur diraient rien de la manière de cooduire la plume et de tracer les caractères*. Ainsi les philosophes nous donnent des modèles fort beaux et fort magnifiques, des images très fidèles et très nobles du bien et de la vertu; mais ils ne nous apprennent point les moyens d'atteindre aune telle perfection. Ils nous font connaître le but^ei non le chemin.
546. Géorgîqne» de l'àme. — Puis, traçant lui-même quelque esquisse de celte partie de la morale qui ne donne pas seulement des préce[)tes, mais des instructioDs, et qu'il appelle Gèorgiques de Vâme (science de la culture de l'Ame), il nous dit qu'elle doit être cominerla médecine, qui étudie d'abord la constitulion du malade, puis la maladie, puis le irailement. Il en est de même pour l'aine : i! ya des tempéraments moraux comme des tempéraments physiques : ce sont les caractères; des maladies morales comme des maladies physiques : (;e sont les paS' sùms; et enfin il y a un traitement moral com.me un traitement physique, et c'est la morale qui est cbariii^ée d'indiquer r,e Iraiternenl. Or, on ne peut traiter une maladie sans la connaître et sans connaître aussi le tempérament et la constitution du majade. « Un habit ne peut se mouler sur le corps si l'on ne commence par prendre la mesure de celui à qui il est destirié. «Il suit de là que la connaissance des caractères et des passions doit précéder la recherche des remèdes.