‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 210 sur 313 · PROBLÈMES · texte numérisé non relu

PROBLÈMES

Nous rassemblerons ici à la fois un certain nombre de problèmes qui peuvent être posés en morale, soit au point de vue pratique, soit au point de vue spéculatif. 1. Problème pratiques ou casuistiques. 561. — La partie de la morale qui traite des difficultés de la pratique , ou des cas de conscience j s'appelle casuistique. Nous emprunterons à Kant un certain nombre de problèmes casuistiques posés par lui dans SB. Doctrine de la vertu (trad. franc, de Jules Barni,i855).

1° € Est-ce un suicide que de se dévouer à une mort certaine pour sauver la patrie ? — Est-il permis de prévenir par le suicide une injuste condamnation à mort*? » (P. 78.)

2° « Doit-on, sinon à titre de panégyriste du vin, du moins à titre d'apologiste, en permettre un usage voisin de l'ivresse, sous prétexte qu'il anime la conversation et pousse ainsi les cœurs à s'ouvrir? — Mais comment fixer une mesure à celui qui est sur le point de tomber dans un état où ses yeux ne seront plus capables de rien mesurer? » (P. 85.)

V « Peut-on regarder comme un mensonge la fausseté que Ton commet par pure politesse, par exemple, le très obéissant serviteur ? — Que répondre à un auteur qui vous demande ce qu'on pense de ses ouvrages? » (P. 91.)

4° € Est-il permis de mentir par humanité*? »

5* « Le sentiment de la sublimité de notre destination, c'est-

1. t7ne question curieuse posée par Kant est 2. Ce problème est l'objet d'une dissertation

•celle-ci : i La vaccination est-elle permise?» spéciale de Kant dirigée contre Bcnjainia

Cette question prouve que la découverte de Constant. (Voy. Doctrine dt la vertu, trad.

Jeaner était toute réceat«. fr., p. 247.)

à-dire Vélévation d'âme, n'est-elle pas en nous trop voisine de la pr4somption? Et réciproquement, l'abnégation de soi-même n'est-elle pas contraire au devoir du respect envers soi-même ? N'est-il pas indigne d'un homme de s'humilier devant un autre?» (P. 100.)

6° € Jusqu'à quel point faut-il consacrer ses moyens à la bienfaisance ? Est-ce jusqu'au point d'avoir soi-même besoin de la bienfaisance d'autrui? » (P. 129.)

7° « Celui qui se sert du pouvoir que lui accorde la ioi pour enlever à quelqu'un la liberté d'être heureux à sa manière, peutil se considérer comme son bienfaiteur ? Et celui qui consent librement à se livrer à un maître, en comptant sur sa bienfaisance, n'abdique-t-il pas sa dignité d'homme? » (P. 129.)

8° « Vaudrait-il mieux pour Se bien du monde que toute la moralité des hommes fût réduite aux devoirs de droit, à la justice stricte, et que la bienveillance fût reléguée parmi les choses indifférentes ? Le monde ne serait-il pas privé d'un grand ornement moral ? »

9° « Peut-on entretenir des relations avec des hommes vicieux? »(P.161.)

II. Problèmes théoriques. — 1* Quels sont les rapports du bonheur et de la vertu? Selon Kant, le bonheur est la récompense de la vertu. (Raison pratique, liv. II, ch. ii). Selon Spinosa {Éthique, liv. V, prop. xlii), il est la vertu elle-même. Ces deux opinions sont-elles contradictoires?

2° La vertu peut-elle s'enseigner? (Voy. le Protagoras et le Ménon de Platon.)

3° La vertu est-elle une ou plusieurs? (Idem.)

4° La sphère du bien est-elle plus étendue que celle du devoir? Y a-t-il des actions bonnes qui ne soient pas obligatoires? |Voy. Franck, Morale pour tous, ch. m, p. 23, et notre Morale^ liv. II, ch. II : le Bien et le Devoir.)

5° Dans quel sens doit-on entendre la distinction des devoirs stricts et des devoirs larges? (Ibid., ch. m.)

6° Quelle est la part de l'initiative individuelle dans la morale ? (Voy. notre Morale, liv. II, ch. ii, p. 237.) La morale esi-i-llo indépendante de la métaphysique? (Caro, Problèmes de morale sociale, ch. i, ii et m — C. Goignet, la Morale indépendanle.)

7" La moralité est-elle susceptible de progrès? (F. BouiUier, Morale et progrès — Marion, de la Solidarité morale^ conclusion — et notre Morale, liv. III, ch, ix.)

NOTIONS DE DROIT NATUREL ET D'EGONOMIB POIilTIQUB

Page 1