La liberté du commerce oa le libre échange* — Si
réchange rend les services que nous avons dits, n'est- il pas évident que ces services seront de plus en plus grands à mesura que l'échange sera plus facile? or l'échange le plus facile sera celui qui n'aura d'autres obstacles que ceux qui naissent de la nature (par exemple l'éloignement des lieux), c'est-à-dire auquel les gouvernements n'opposeront pas d'obstacles, en d'autre*
termes le plus libre. En un mot la liberté du commerce ou le libre échange est implicitement contenu dans l'idée même d'échange et n'est (ju'une forme ou une conséquence de la liberté du travail.
« Ne serait-il pas absurde et odieux d'empêcher le médecio et le malade, le boulanger et l'homme affamé, de communiquer facilement ! Ne serait-il pas ridicule de condamner celui qui veu» se procurer du coton et de la laine d'avoir à franchir un certain nombre de barricades et de prendre le chemin le plus long? Esl-il plus sage de séparer par des barrière's de douanes la province qui produit le blé en abondance de celle qui produit l'huile ou le bois ou la viande? » (Baudrillart, II, vi.)
Depuis longtemps la cause de la liberté du commerce à Vintérieur est une cause gagnée; et, après Turgot et la Révolution, il ne peut être question de douanes intérieures. Mais la question du libre échange est beaucoup plus grave lorsqu'il s'agit du commerce international. Cependant elle est ré^ie par les mêmes principes : en effet, les nations ont le même intérêt à échanger librement leurs produits que les individus ; le libre échange établit une concurrence avantageuse aux consommateurs, puisqu'elle abaisse les prix; et avantageuse même aux producteurs puisqu'elle les oblige à perfectionner sans cesse leur industrie ; enfin, quoi qu'on en dise, il est utile au travail national, puisqu'il développe dans chaque peuple les industries auxquelles il est le plus propre : « Que gagnerait la nationalité anglaise, si l'Angleterre avait la prétention de produire du coton ou du vin? Quelle 'force acquerrait le patriotisme en France, si les coteaux de la Provence ou du Languedoc étaient chargés de produire du thé? j
Deux systèmes sont opposés à la liberté du commerce : le système prohibitionniste et le système protecteur : le premier interdit absolument l'entrée de telle denrée étrangère; le second la frappe de droits plus ou moins élevés pour l'empêcher de soutenir la concurrence avec les mêmes denrées produites par l'industrie nationale.
Le seul cas où le système protecteur soit théoriquement soutenable, c'est celui où il s'agirait, moyennant certains Scî-^rifices momentanés, d'implanter dans un pays une industrie qui lui manque, et qui peut devenir pour lui ultérieurement une source de richesses : c'est ce qui a été fait en France par Colberl : mais ce n'est là qu'un état provisoire, accidentel, et noa un étal normal et définitif.
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Quoique le libre ecnange soil I'ôImI idéal vers lequel lenrtenl de plus en plus les nations modernes, ce n'est pas à dire que les gouvernements n'aient pas à ten il' compte soil des intérêtsexis'ants, goil des dispositions prises par les autres nations, et qui peuvent iin})Oser la réciprociié, et enfin des intérêts fiscaux. Ce sont ces diveises considérations qui ont aujené les gouvernements à cherelnM' des transactions entre le libre échange absolu et le protectionnisme exagéré : et c'est ce qu'on appelle les traités de commerce.
599. III. Répartition. — Nous avons dit qu'il y a deux agents principaux de production : le travail et le capital; nous avons à rechercher comment la richesse se distribue ou se répartit entre ces deux agents : la part du travail s'appelle salaire; là part du capital s'appelle intérêt et à un autre point de vue bénéfice ou profit.
600. Du salaire. — Les deux agents de la production étant le travail et le capital, on peut dire que toute entreprise est une association enlre ces deux agents, etque chacun d'eux adroitàune part de rémunération. Sous quelle forme le travail recevra-t-il celte rémunération? Si le travailleur est déjà lui-même un capitaliste, il peut sans doute vivre avec ce qu'il possède, et attendre les produits de l'entreprise pour retir.er sa part de ses produits, sauf à ne rien recueillir, si les produits sont nuls, et si l'entreprise a échoué, soil par exemple, dans une exploitation démines. Mais d'unepart, il faut attendre beaucoup de temps pour que l'entreprise réalise les résultats que l'on attend : de plus ces résultats sont incertains; et si l'entreprise a été mal conçue, le produit peut être nul. Or le travailleur qui n'a que son travail,, d'une part ne peut pas attendre, et de l'autre, si l'entreprise échoue, a perdu son travail en pure perte. C'est contre ces deux inconvénients que le salariat est institué. D'une part, c'est une avance, qui permet de vivre sans attendre le moment de la réparti .ion; de l'autre c'est une assurance contre tous les risques de l'entreprise, et qui reste acquise, même en cas de perte absolue du ca{)ilal engagé. Quant au prix des salaires, il varie, comme toutes les valeurs, selon la loi de l'ollVe et de la demande. Par conséquent, plus le capital est considérable, plus la demande de travail ausrmente, et par conséquent plus le prix du
NOTIONS D'ÉCONOMIE POLITI\iUE. '»
travail s'élève. Le travail se trouve donc lié au sort du capital; et tout ce qui frappe le capital frappe le travail.
601 . L'întcrct et le loyer. — Le capital, comme le travail, a droit à une rémunération. Pourquoi cela? c'est que sans l'espérance de cette rémunération, le possesseur du capital le consommerait lui-même immédiatement ou le laisserait dépérir sans utilité. C'est ce qu'on comprendra mieux, en considérant les diverses formes de rémunération du capital : Yintérêt, le loyer et le bénéfice. L'intérêt et le loyer sont l'un et l'autre le produit d'un capital prêté, mais avec cette différence que le loyer est le produit d'un capital fixe (mcdson, champ, atelier); tandis que l'intérêt est le produit d'un capital circulant (monnaie ou papier).
L'intérêt du capital représente deux choses : i" la privation de celui qui prête et qui pourrait consommer son capital ; 2" le risque couru; car le capital n'est jamais prêté que pour être engagé, et par conséquent, il peut être perdu. Telles sont les deux raisons fondamentales qui établissent la liberté de l'intérêt, malgré les préjugés théologiques qui l'ont longtemps condamné sous le nom d'usure, et les utopies socialistes qui voudraient établir la gratuité du crédit *.
La principale raison contre la légitimité de l'intérêt est tirée de la stérilité de V argent : « L'intérêt, a dit Aristote, est de V argent issu de Vargenl ; et rien n'est plus contraire à la nature. » Mais, comme l'a fait remarquer Benlham {Défense de Cusiire, lettre 10'), «s'il est vrai qu'une somme d'argent pur elle- niêuie est incapable d'engendrer, il n'est pas moins vrai qu'avec cette même somme empruntée, un homme peut acheter un bélier el une brebis, qui au bout de l'année auront produit deux ou trois agneaux. » En d'autres termes, comme l'a dit Calvin, >< ce n'est pas de l'argent lui-même que provient le bénéfice, c'est de l'emploi qu'on en fait. »
On a dit que celui qui prête ne se prive pas de son argent, puisqu'il peut s'en passer (Proudhon,Lg//res à Bastiat, 3° leiire). Mais il s'en prive, puisqu'il aurait pu le consommer lui-mèine. La preuve que le prêt est une privation, c'est la peine que les hommes ont à économiser et à placer leur argent. Combien d'hommes en possession d'une somme de cent francs aimeront
f. Vojez surtout pour la que>tijii Je l'inlérât la cvstroverse de Proudhoo at à» Bastiai
mieux la d'épenser pour leur plaisir, que de la placer à intérêt^ Quant à ce qu'on appelle le crédit gratuit, il ne serait possible que s'il était réciproque. En effet, si je vous prête ma maison, et que vous me prêtiez votre terre en retour, en supposant qu'elles soient c^e même valeur, il est évident que l'une valant l'autre et les deux services s'équivalant, nous ne devons rien nous payer : car ce ne serait alors qu'un échange d'argent. Mais il n'y a rien à conclure de là pour le cas le plus habituel, à savoir celui où le capital est prêté par celui qui le possède à celui qui ne le possède pas : car alors il n'y a plus de réciprocité, ni par conséquent de gratuité.
Quant au taux de l'intérêt, il varie comme toutes les valeurs, suivant la loi de l'offre et de la demande. Plus le capital s'offre, moins il cher. C'est donc l'augmentation du capital qui doit diminuer l'intérêt, et amener une sorte de gratuité relative. Toute entreprise contre le capital produira un résultat inverse.
Quant au loyer des capitaux, il a généralement soulevé moins d'objections que l'intérêt; car on a mieux compris que si je me donne la peine de bâtir une maison, c'est pour qu'elle me rapporte quelque chose ; mais au fond, c'est le même phénomène, avec cette différence que le capital circulant, courant plus de risques que le capital fixe, il a droit à fortiori à une rémunération.
602. Les bénéfices ou profits. — Le profit ne se confond pas avec l'intérêt ou le loyer. « Le profit représente la rémunération éventuelle du capital ; l'intérêt ou le loyer en représente la part assurée. Le premier s'applique à un capital engagé directement par son possesseur; le second est perçu par le propriétaire d'un capital, uniquement comme rémunération de la privation et du risque. > (Baudrillart, 111, iv.) On peut donc distinguer théoriquement les profits et les bénéfices* ; mais dans la pratique, ces distinctions s'effacent, et même il serait difficile de faire la part exacte, chez le petit entrepreneur, non seulement du prolil et des bénéfices, mais même de l'intérêt, du loyer et du salaire. Chez l'épicier de village qui travaille avec un capital de deux ou trois mille francs, et gagne de huit à neuf cents francs, il est clair que la plus grande partie de ce revenu représente le salaire de ses peines. Réciproquement dans ce qu'on appelle le salaire, il entre
1. < On dit les profits du capitaliste et les cas, au rôle joué par le capital m mêle lerdla Moëfîcea de l'entrepreaeur : dans ce dernier du travail, > (Ibid.)
ROTIO^SS DÉCOISOMIE POLITIQUE. 747
aussi une part due au capital ; en effet l'éducation de l'ouvrier représente des avances qui sont elles-mêmes un r.-ipital, qui vient solides parents, soit delà société, et dont le revenu se mêle dans la constitution du salaire avec la part propre du capital.
Quant à la légitimité des bénéfices, elle est fondée sur le risque couru par le capital, qui pouvant être perdu dans le cas où l'entreprise échouerait, a le droit de se rémunérer par l'allribution des bénéfices, si elle réussit; le salaire, avons-nous dit, étant \a pari assurée et anticipée du travail dans le partage. Cependant, indépendamment de ce premier partage, ne pourrait-il pas y avoir en outre une participation ultérieure aux bénéfices réalisés? C'est ce qu'on a essayé de réaliser dans un certain nombre d'industries, et on ne peut pas dire que cela soit injuste ou impossible : seulement c'est une affaire de contrai volontaire entre le travail et le capital ; l'État n'a rien à y voir.
603. La rente foncière. — Indépendamment des différents revenus que nous venons d'énumérer , et qui appartiennent soit au travail, soit au capital,'il y en a encore un qui ne relève ni de l'un ni de l'autre, mais qui doit être attribué aux agents naturels euxmêmes et au principal d'entre eux, à savoir la terre. Ce revenu est ce qu'on appelle la rente foncière. Soient deux terres diversement fertiles, comme les prix s'égalisent au marché, et que* le propriétaire de la plus fertile reçoit le même prix que l'autre, il est évident que dans la somme qui lui revient il y a une part, qui représente non seulement le travail elle capital qui est le même de part et d'autre, mais encore ce qui est dû en plus à la fertilité supérieure de l'instrument qu'il possède. Cet excédent ou avantage est ce qu'on appelle la rente foncière.
Cet avantage qui n'est pas le résultat d'un travail actuel, ou d'un travail accumulé ou capital, a été l'objet des plus vives attaques de la part des adversaires de la propriété; et quelques économistes (Bastiat, Carey) ont été tellement frappés de ces objections qu'ils ont cru nécessaire, pour y couper court, d'aller jusqu'à la négation absolue de la rente foncière, et jusqu'à soutenir que dans la part qui revient au propriétaire, tout, absolument tout, revient au travail soit passé, soit actuel, et rien à la nature».
!• La théorie de la rente foncière est due à l'Ecossaii Ricardo (FritMtf** 4e l'éfionomU
Cependant la plupart des économistes ont maintenu dans ce qu'elle a d'essentiel la théorie de la rente tout en soutenant qu'elle ne compromet en rien le droit de propriété.
1° Cette supériorité ou avantage, qui donnerait naissance à la rente foncière, n'est pas propre à la terre; mais toutes les propriétés peuvent avoir un avantage semblable dû à la chance ou à la nature des choses. Une maison, dans une ville, prend tout à coup une plus grande valeur, si une rue vient à être percée tout près, si la mode se porte de ce côté, si un établissement important s'y fonde, etc. Il en est de même pour toute industrie, qui prend tout à coup une grande valeur si un besoin nouveau apparaît. Pour la terre elle-même, il y a des accidents ou chances indépendamment de la fertilité naturelle : la grêle tombe ici, et non pas là : l'été est chaud et pluvieux, dans un endroit, froid ou sec dans un autre : autani d'avanlages ou de désavantages. Enfin l'individu lui-même porte avec lui des avantages de ce genre : bonne santé, loice, aptitude naturelle, etc. Il est impossible d'évaluer, et par conséquent de défalquer la part de ces avantages. D'ailleui's, en jouissant de sa propre chance, personne ne dépouille antrui.
i" Les terres passent de main en main, et sont achetées par des capitaux gagnés par le travail ; de telle sorte qu'en supposant qu'il y ait eu privilège à l'origine, ce privilège est depuis longtemps absorbé et transformé.
S" La part du travail et du capital dans la fertilité de la terre est devenue si considéi-able par la civilisation, que la part ;'.ffectée à la nature seule a dû di'vcuir de plus en plus imperce])tible.
4" Enlin, il est impossible de séparer ce qui vient de la rente, ce qui vient du profil, mi de l'intérêt ou du salaire. D'ailleurs, la terre est si peu un monopole que c'est de tous les capitaux celui qui donne le moins d(; r'evcnu.
(jij'i. Da rôle de l'Eial dans la répartition des richesses.
— Les lois que nons venons d'ex[ioser sont des lois natuielles au mêmti litre que les lois de la physiologie ou de la physique. La foui-tion de l'Etal est d'en assurer l'exécution, mais non de les suspendre et de les remplacer par des lois factices ou arbitraires. Gomment ces lois peuvent-elles être troublées dans
potiii'iîie, ch. II). — F. Bastiat coiuhal celle et enfin l'écononiiste américain Carny : PriH» dociiint!, {Harmonies économt(iues}, ch. ix et iipes d'économie politique. Xiuji voyez aussi l-oateaaiy, du Hevenu foncier.
leur exécution? C'est par la mauvaise volonté des hommes qui peut se manifester de deux manières : la violence et la fraude, L'Etat est bien chargé d'assurer h liberté el h sincérité des contrats ; mais s'il va au delà, il dépasse son droit et même ses lumières. Pendant longtemps on a cru que l'État était chargé de dicter et de diriger les lois de l'échange et du travail : de là les lois de maximum; les douanes intérieures; les corvées; les maîtrises et les jnranries : de là aussi, les conceptions socialistes, qui veulent attribuer à l'Etat le rôle de producteur universel et de dispensateur des richesses. Toutes ces théories, les unes rétrogrades, les autres utopistes portent atteinte à la liberté, el compromettent la richesse publirjue.
Ce n'est pas à dire que l'État doive dépouiller toute espèce d'humanité, comme le voudraient quelques économistes exagérés : il a, comme l'individu lui-même, des devoirs de bienfaisance à exercer; et V assistance publique a toujours été une des fonctions du pouvoir public. Mais ce n'est qu'un devoir d'humanité : ce n'est pas la sub^' ilution de l'action de l'État à la responsabilité individuelle ; ce qui serait le résultat de toute intervention publique dans les lois de l'échange et du travail.
605. IV. Consoinmation. — Si l'homme travaille et produit la richesse, c'est pour satisfaire ses besoins, c'est pour se nourrir, se vêtir, se loger, se chauffer, et dans un sens plus élevé, s'instruire. On ne produit que pour dépenser. Regarder la consommation ou la dépense comme un mal en soi, ce serait raisonner comme l'avare, qui meurt de faim, de peur de manquer de richesse. Il est évident que la richesse n'a de valeur qu'en tant qu'elle est utile, c'est-à-dire applicable à nos besoins. La consommation n'est donc pas unmal, puisqu'elle estlebutfinal de toute production; seulement, s'il est vrai qu'on ne produit que pour dépenser, il n'est pas vrai qu'on doive dépenser tout ce qu'on produit : il faut réserver la part nécessaire à la reproduction. De là deux sortes de consommations, les consommations impro* duciives et les consommations reproductives.
60G. Consommations improductives et consommations reproductives. — Si l'homme dépensait tout ce qu'il produit, il se trouverait après la consommation exactement dans le même état qu'avant la production; la terre ne lui donnerait rien déplus qu'elle ne lui a donné d'abord, ou plutôt elle ne lui donnerait
plus rien. Il faudrait aller de terre en terre (comme les nomades) jusqu'à ce qu'on ait épuisé la fertilité totale de la terre. De là la nécessité de réserver la part nécessaire à la reproduction : c'est aussi une consommation : car le blé jeté en terre est aussi bien consommé pour moi que 8*^11 était employé à ma nourriture ; mais fei différence, c'est que dans le second cas, il est entièrement détruit, tandis que dans le premier, il reparaît l'année suivante multiplié et centuplé. Dans le cas où je m'en sers pour me nourrir, la consommation est improductive; quand je m'en sers pour semer, elle est reproductive.
De là il suit que quoique les consommations improductives soient nécessaires et légitimes, puisqu'elles sont le but final de nos efforts, elles n'en sont pas moins des destructions de richesse. C'est donc une erreur de croire qu'elles enrichissent la société; car la richesse détruite ne se retrouve plus. Au contraire, les consommations reproductives font tout aussi bien travailler que les consommations improductives, mais avec cette différence que le travail a augmenté la richesse générale, tandis que dans l'autre €as, il B*s fait que coalnhaai h là diminuer. C'est donc une erreur de dire que le luxe enrichit.
607. te luxe. — Est-ce à dire que tout luxe doive être considéré comme mauvais en soi? Tout ce qui est superflu est-il condamnable? Non, sans doute. D'abord, où est la limite précise du nécessaire et du superflu? La propreté, la lumière, une certaine élégance, le plaisir lui-même, (promenade, voyage, danse, etc.), tout cela est-il du nécessaire ou du superflu?
Indépendamment de la part qu'il est permis d'attribuer aux plaisirs des sens, il y a encore le plaisir du beau, qui est un luxe, mais un luxe honorable pour l'humanité. Enfin, le luxe est relatif à la situation sociale; et toute condition aie sien. Ce n'est donc que l'excès du luxe, la disproportion avec nos moyens', ou encore le luxe d'ostentation qui est défendu : c'est à la morale à faire ici la part de ce qui est permis et défendu. L'économie politique se contente de nous avertir que tout luxe (esthétique à part) est une destruction de richesse, et que la modération est recommandée au point de vue de l'utilité, aussi bien que de la morale. Les mêmes principes valent pour le luxe public aussi bien que pour le luxe privé *.
l.Sur le luxe, voyea le bel ouvragede M. Baudrillart : Histoire duluxe publie tt privé, (lt)79-8ft ««M. ia-S").