‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 222 sur 313 · Kant, Critique du Jugement, trad. franc., t I, p · texte numérisé non relu

Kant, Critique du Jugement, trad. franc., t I, p

L'IDEE nu KEAU ET DU SUBLIME. lÔl

sa grandeur « l'idée même qui constitue son concept », ni même avec le colossal, qui est « une sorte de monstrueux relatif > ; car le colossal consiste encore dans une sorte de forme que l'on essaye de donner à l'illimité.

618. SnMime de puissance — La nature n'est pas seulement grande, elle est puissante. Lorsque nous appliquons le concept d'illimité à la force au lieu de l'appliquer à la grandeur, nous avons le sublime de puissance, que Kant appelle sublime dynamique. Kant définit la puissance ce qui est capable d'exciter la crainte.

La nature est donc sublime au point de vue de la puissance quand elle est un objet de crainte.

On peut considérer, dit Kant, un objet comme redoutable sans avoir peur devant lui. Ainsi l'homme vertueux craint Dieu sans en avoir peur, parce qu'il ne pense pas avoir à craindre un cas où il voudrait résister à Dieu et à ses ordre». Mais, toute crainte personnelle mise à part, il considère Dieu comme redoutable. Pour juger du sublime de la nature, il ne faut pas plus avoir peur d'elle qu'il ne faut avoir de désirs pour jouir du sentiment du beau..; des rochers audacieux suspendus dans Tair et comme menaçants, des nuages orageux se rassemblant au ciel au milieu des éclairs et du tonnerre, des volcans déciiaînant toute leur puissance de destruction, l'immense Océan soulevé par la tempête, la cataracte d'un grand fleuve, sont des objets dont l'aspect est d'autant plus attrayant qu'il est plus terrible, pourvu que nous soyons en sûrelé. (Kant, Critique du jugetnent, t. I, p. 167.)

Lucrèce a dépeint les sentiments exprimés ici par Kant dans

ces vers célèbres :

Suave mari magno, turbantibus aequora ventit, E terra magnum alterius spectare luborein.

Mais ce qui constitue, selon Kant, la sublimité de puissance dans la nature, ce n'est pas tant de paraître terrible, que de nous donner, en même temps que la crainte, le sentiment de notre personnalité morale, qui n'a rien à craindre d'elle. Elle devient ainsi pour nous le symbole de cette personnalité même. C'est ainsi encore que le plus sensible à la sublimité de la nature divine ne sera pas celui qui a le plus à craindre par la conscience de ses propres péchés ; c'est, au contraire,

Quand l'homme a conscience de la droiture de ses sentiments et se voit agréable à Dieu, c'est alors seulement que les effe'.j de la puissance divine réveil-

78Î WOTIONS D'ESTUÉTIQU».

lent en lai l'idée de I» sublimité de cet être; oar alors il s«nk en lù-aêiye oo» •ttblimité d* cakne confsrme à sa volonté *.

Il est donc vrai de dire, avec Kant, que * le sublime ne réside dans aucun des objets de la nature, mais seulement dans notre esprit >.

i. Dans cette HtalyaB de Pidtfe du sublbiM, Beat montre, au contraire, qae le •■bltoR, K«nt « turtout en vue la théorie de Biirke, qui quoique redoutable M êoi, ne doit paa l'éfre fondai! <e stPDtiment du swbiime inr la crawie. fcur noM-

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