‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 227 sur 313 · HE L'ART. 77J · texte numérisé non relu

HE L'ART. 77J

Ait l'une avec Taulre la facultf; de juger et celle d'imaginer. De même, dans l'art classique se manifeste une harmonie admirable entre la pensée et la forme, une unité parfaite de l'une et de l'aulic : la tragédie grecque, le temple grec, la statuaire. grecque, sont des modèles de cette harmonie parfaite de l'invisible et du visible, du divin et de l'humain. Dans l'art romantique, au contraire, l'idée par son infinité ne peut trouver une forme précise: dans la cathédrale gothique, la pensée de l'infini déborde sans que l'imagination puisse y atteindre. Elle élève des voûtes, elle multiplie des colonnes; elle fouille, elle creuse en tout sens, elle sème les ornements avec prodigalité sans pouvoir se proportionner à la pensée qu'elle exprime : tout ce qu'elle peut faire, c'est de provoquer notre imagination elle-même, qui achève le reste. C'est ce qui a lieu surtout dans la musique, l'art romantique par excellence (quoiqu'il puisse y avoir par comparaison une école classique), parce que dans cet art la forme ne peut correspondre à aucune pensée précise, et que la faculté du jugement y est absorbée par la faculté de sentir. C'est un art qui va plus loin et plus profondément qu'aucun autre; mais il est sans clarté: il ébranle, il remue; il n'instruit pas. Enfin, c'est l'accord de l'imagination et de l'entendement qui a donné naissance à la règle des unités dans l'art classique; c'est le besoin d'une expression plus variée, plus riche, plus profonde qui l'a fait supprimer dans l'art romantique, mais oui, par là même, a rompu l'harmonie de l'entendement et de l'imagination.

Hegel a caractérisé l'art romantique en lui donnant pour objet la peinture de Vespril dans sa liberté absolue. L'origine du romantisme est dans le christianisme, qui donne à l'âme une valeur infinie et rompt cette union de l'esprit et du corps qui a fait la perfection de l'art antique.

Les objets de la nature perdent leur importance : au moins cessent-ils d'être divimses... La nature s'efface, elle se retire sur un plan inférieur; l'univers se condense en un seul point, au foyer de rame humaine.

Par cela même, le cercle des idées se trouve infiniment agrandi. Cette histoire interne de l'âme se développe sous mille formes. L'histoire du cœur humain devient infiniment plus riche que dans l'art bt la poésie antiques. Toutes les phases de la vie, l'humanité tout entière deviennent la matière inépuisable des réprésentations de l'art.

De là une conséquence importanlo et une différence caractéristique pour l'art moderne. C'est que dans la représentation des formes sensibles l'art ne craint pas d'admettre le réel avec les imperfnctions. Le beau n'est plus la chose essentieiîe; le laid occupe une place beaucoup plus grande... L'art dramatique accorde à ton» les objets d'entrer dans ses peintures, malgré leur caractère accidentel. Néanmoins

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ces objets n'ont de valeur qu'autant que les sentiments de l'àme se reflètent ea eux.

Résumant enfin toutes ces vues, Hegel dit que le trait fondamental de l'art moderne ou romantique, c'est l'élément musical^ et en poésie l'accent lyrique^,

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