rnîté de l'homme Rappelons d'abord ce que nous
avons dit au début de cet ouvrage* (14), que l'homme, selon l'expression de Bossuet, « est un tout naturel». L'âme et le corps ne sont pas deux par lies juxtaposées l'une à l'autre, étrangères l'une à l'autre, mais fondues et intimement unies, et formant, comme le dit encore Bossuet, t une parfaite société ».
1. Pour une discussion plus complète du malénallsnic, nous sommes forcé par les limltM decc traitcilerenvoyer à notre ouvrage : le Matérialisme contemporain.
2. 1" Alotbiaie. Plaion définit l'homme xô ïjfov <i(Ji\ioif to jjpto^ievot (jcit^ctTU
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Sans doute il esi très vrai de dire que le corps n'est qu'un instrument pour r;uiie, et Phiion définissait très bien l'homme une âme qui se sert d^vn corj's. Mais, ajoute Bossuet :
« Il y a une extrême dilli' renée entre les instruments ordinaires et le corps huinain. Qu'on brise le pinceau d'un peintre ou le ciseau d'un sc,ulpl(Mir, il ne sent point les coups dont i a été fra[i|>é; mais l'âme seril tous ceux qui blessent le corps... Le cor[)s n'est dune point im simple instrument appliqué par le dehors, ni un vaisseau que 1 àme gouverne à la manière d'un pilote. 11 en ser'ait ainsi si elle était simplement intellectuelle; mais parce qu'elle est sensitive, elle est forcée de s'intéresser d'une façon plus particulière à ce qui le touche, et de le gouverner, non comme une chose étrangère, mais comme une chose naturelle et intimement unie (III, xx), »
Si l'âme humaine n'est pas un esprit pur, si elle n'est pas dans le corps comme le pilote dans son navire {Aristole, Traité de Vâme, II, i), elle n'est donc pas seulement, comme le dit Descartes. une chose qui pense, ou., comme Boniûd, une intelligence servie par des organes; elle est quelque chose de plus; elle doit être raltachéeau corps par quelque endroit : elle est, selon l'expression d'ArisLote, la forme du corps. Elle est, dit-il encore, quelque chose du corps, rtaûiiaroi {ibid.). L'union des deux substances n'est pas accidentelle, extrinsèque. Elle est, comme disait la scolastique, substantielle. C'est ce que Leibniz exprimait en disant qu'il y a entre l'âme et le corps un lien substantiel, vin^ culum substantiale. Il n'entendait pas par là une substance intermédiaire entre l'âme et le corps, unissant les deux autres, mais une pénétration intime et réciproque de l'une dans l'autre.
S'il en est ainsi, non seulement les deux substances agissent l'une sur l'autre , mais, au contraire, elles ne peuvent agir l'une sans l'autre. Tout ce que l'une fait retentit dans l'autre. Elles sont, en quelque sorte, soudées ensemble, comme deux corps humains sur un tronc commun. Il n'y a pas plus à se demander comtnent cette action a eu lieu qu'à se demander comment l'âme pense et comment le corps se meut.
6(S2. oirficultcs. — Les difficultés qui ont été élevées contre l'action réciproque de l'âme et du corps naissent de deux sources :
1° On demande en général comment une substance peut ao-ir ^ni une autre substance : « Les monades, disait Leibniz, n'ont pas de inièires p.uir aue l'action du dehors puisse y pénétrer. >■