‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 252 sur 313 · UNION DE L'AME ET DU CORPS · texte numérisé non relu

UNION DE L'AME ET DU CORPS

2* On demanae en outre comment une substance spirituelley c'est-à-dire simple et inélendue, peut agir sur une substance corporelle, composée et étendue, et réciproquement.

La première difficulté, portant surtout mode d'action, que» qu'il soii, de substance à substance, ne porte pas en particulier sur l'action réciproque de l'âme et du corps. On est bien loin de savoir comment un corps moût un autre corps : on l'admet cependant. Nous pouvons donc admettre de la même manière et au même titre que les deux substances agissent l'une sur l'autre.

La seconde difficulté, plus spéciale, porte sur la nature hétérogène des deux substances : comment le spirituel agit-il sur le matériel, et réciproquement? Mais rien ne prouve que cette hétérogénéité soit absolue. La seule incompatibilité qu'il y ait entre les deux substances, c'est que Tune est simple et Fautre est composée. Mais cette substance composée elle-même, que l'on appelle corporelle, se ramène peut-être dans ses éléments, comme l'a pensé Leibniz, à des substances simples, qui ne diffèrent des esprits qu'en degré et non en essence.

S'il en était ainsi, l'action réciproque des deux substances n'aurait rien de plus étonnant que l'action de toutes substances en général les unes sur les autres. D'ailleurs, même lorsqu'on maintiendrait l'absolue incompatibilité des deux substances, sur quoi se fonde-t-on pour affirmer que deux choses différentes ne peuvent pas agir l'une sur l'autre? Les anciens admettaient arbitrairement que le semblable ne peut connaître que le semblable. N'est-ce pas un reste du même préjugé de soutenir que le semblable ne peut aussi agir que sur le semblable? D'ailleurs, quelques difficultés théoriques qui puissent s'élever contre le commerce de l'âme et du corps, nous sentons trop vivement la réalité de ce commerce pour pouvoir pratiquement la mettre en doute.

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