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JUGEMENT, RAISONNEMENT

77 i. Élaboration. — Les idées élémentaires, hases cfe la connaissance, étant tournies par les sens et la conscience, conservées et reproduites par la mémoire et l'imagination, peuvent et' (• modifiées, rapprochées ou séparées, analysées ou combiné js, en un motélahorées par l'activité de l'esprit.

Cette élahoration a lieu par le moyen de l'attention.

775. — I. Attention. — L'attention se distingue de la sensation en ce qu'elle est active^ tandis que la sensation est passive.

,8gg APPENDICE.

De là deux modes d'action de nos sens : voir et regarder, enenlendre et écouter, etc. (97).

L'attention prend divers noms suivant ses diverses applications. Une attention continue s'appelle application: portée sut des idées abstraites, c'est la méditation. La contemplation esi une sorte de méditation tournée vers le dehors. La contention est une attention concentrée (99).

776. Lois de l'attention. — 1° Elle diminue le nombre des objets à connaître; 2° elle rend les perceptions plus claires et plus distinctes; 3" elle fixe les idées dans le souvenir (101).

777 . Puissance de l'atientâon. — Le génie, suivant Buffon, est une longue patience, et Newton répondait à celui qui lui demandait comment il avait découvert le système du monde : En y pensant toujours (102).

778. La comparaison. — L'attention appliquée à la perception des rapports entre les choses s'appelle comparaison (103).

Les idées obtenues par la comparaison sont appelées idées relatives : par exemple, grand, petit, plus, inoins, égal, etc. ; certains philosophes soutiennent que toutes nos idées sont relatives, c'est-à-dire ne sont vraies que par rapport à nous (104).

779. Abstraction. — L'abstraction est un cas particulier de l'attention. Elle considère séparément ce qui est uni d'une manière inséparable dans la réalité.

Cependant, il n'y a véritablement abstraction que si l'on sépare ce qui est inséparable : considérer la main sans le bras n'est pas une abstraclion; mais la couleur sans la forme en est une (152).

780. Clarté des idées abstraites. — Les idées abstraites sont les plus claires de toutes, parce qu'elles sont les plus simples. De là la clarté des mathématiques (155).

781. Usage pratique de l'abstraction. — Dans la pratique, l'abstraction est très utile. C'est par délaut d'abstraction qu'on impute des erreurs à un savant, en tant que savant, parce qu'on ne partage pas ses opinions politiques (156).

782. Généralisation. — La généralisation consiste à remarquer, dans une multitude de perceptions, ce qu'elles ont de semblable et ce qu'elles ont de différent, à recueillir les éléments semblables, en faisant abstraction des différences (158).

Elle rassemble ainsi une multitude indéfinie sous une idée commune.

783. Idées générales. — L'idée générale a donc pour fonction de ramener la mullilude à l'unité : la multitude des houimes, sous la même idée d'homme, la multitude des triangles sous J'idée de triangle (159).

784. Formation des idées générales. — Théoriquement, les idées générales se forment par la comparaison et l'abêti action; et, en effet, toutes les généralisations se formant de cette manière; mais, dans la réalité, la plupart des idées générales se transmettent toutes laites par l'éducation et le langage (159).

785. Importance des idées générales. — C'est la faculté •de généraliser qui constitue la raison et di^^tmgue l'homme de la bète. Elle est la base de la science : car, comme le disaient Platon et Aristote, il n'y a de science que du général (lô'S).

786. Jugement. — Le jugement est l'acte par lequel l'esprit affirme un attribut d'un sujet. Le jugement se compose donc de deux idées : d'une part, ce dont on affirme, et de l'autre, ce qui est affirmé : par exemple, dans ce jngement : La neige ed blanche, ce dont j'alTirme quelque chose, c'est la neige; ce qui est affirmé, c'est la blancheur.

Cette définition s'applique à tous les cas, soit qu'il s'agisse ' du jugement le plus élémentaire, comme le précédent, soit qu'il s'agisse d'un jugement qui suppose un grand nombre d'opérations préliminaires, comme : tel accusé est coupable (163).

787. Division des jngenients : — X" Affirmaiifs et négatifs; 2" jugements d'ej:;is/ence et jugements d'attribution; 3° analytiques et synthétiques ; 4° généraux oi particuliers ; 5° nécessaires et contingents; Q° primitifs ou intuitifs et dérivés (165).

788. Raisonnement. — Le raisonnement consiste à combiner ensemble plusieurs jugements pour en tirer un nouveau

jugement, non encore connu. Le raisonnement constitue ce que l'on appeUe la connaissance discursive et se distingue de la connaissance intuitive ou immédiate qui aperçoit directement le rapport des deux termes d'un jugement, sans avoir besoin d'intermédiaires, et c'est ce que l'on appelle évidence (66).

789. Déduction et induction. — Le raisonnement a deux modes; l'un qui va du général au particulier; c'est la déduction;

l'autre qui va du particulier au général, et c'est V induction ( 1 lib).

La déduction consiste, étant donnée une proposition yeuérale, à en tiier une autre proposition qui y est contenue, par l'intermédiaire d'une troisième. Sa lornie logique est le syllogisme, qui sera étudié plus loin.

L'induction consiste à géréraliser les laits de l'expérience, et à étendre dans le temps et dans l'espace ce qui n'est donné que sur un point particulier du temps et de l'espace (168).

790. Applications usuelles de l'âuductioo. — Royer- Gollard a résumé ainsi les applications de l'induction : 1° elle nous persuade de la permanence du monde matériel; 2° elle nous met en rapport avec la nature, car c'est des phénomènes apparents que nous concluons les propriétés réelles ; 3" elle nous met en commerce avec nos semblables, car c'est par elle que nous concluons des signes de la pensée à la pensée ellemême (109, Noie).

xi. principes directeurs de la connaissance. — peut-on les expliquer par l'expérience par l'association ou par l'hérédité?

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