Principe et conditious des beanx-arts. — H y a
dans tout art deux éléments : V it principe qui est la recherche du beau; 2° les conditions qui sont les moyens matériels par lesquels le beau est exprimé.
De là la diversité des arts. Suivant que cette matière sera le son ou la couleur, ou la figure, vous aurez, soit la musiqjie, soit la peinture, soit la sculpture, soit l'architecture.
De plus, dans chaque art, la distinction subsiste. 11 y a toujours Vidée que l'artiste veut exprimer, et les conditions réelles par lesquelles ill'exprime. De là deux écoles : l'une qui réduit lout au réel, et l'autre qui subordonne la réalité à l'idéal : école réaliste, école idéaliste.
832. L'Imitation. — Tout art est plus ou moins imitatif, et l'imitation est déjà par elle-même un véritable plaisir. Un portrap doit être ressemblant; une nature doit être vivante; ladescritilion doit rappeler la nature.
Cependant l'imitaiion ne doit pas se borner à être la repro-
1, Ce mot est mal fait. Il signifierait du mot grec a'iaOïiTtxé; , du radical plulêt tliéorie de la sensibilité. Il vient aî(r9âvo(i.at, sentir.
duction du réel. Le réel nous offre à la fois le beau, le laid et rindifférent. L'imitation doit donc être choisie (620).
833. L'expression. — Les formes sensibles plaisent par elles-mêmes, lorsqu'elles favorisent le jeu de l'imagination. Cependant elles n'ont toute la beauté dont elles sont susceptibles que lorsqu'elles sont expressives. Autrement les choses seraient d'autant plus belles qu'elles ne signifieraient rien , comme des arabesques, les variations sur un thème, les rimes riches, etc. Il faut que ces formes expriment une idée (625).
834. La fiction. — Nous avons vu qu'à l'origine l'imagination se confondait avec la mémoire (76). Mais bientôt les images cessent de se reproduire telles qu'elles ont été perçues, les élément dont elles se composent se dissocient et l'imagination est d'abord destructive ('145).
Mais de ces éléments dissociés, elle reforme de nouvelles combinaisons, d'abord plus ou moins spontanément (rêves, châteaux en Espagne), puis volonlairement et intentionnellement. L'imagination devient alors création, et le produit de son activité s'appelle fiction.
855. Des facultés esthétiques- — H y a deux espèces de facultés esthétiques : la l'acuité de sentir etde discerner le beau, c'est le goût; et la faculté de le produire, c'est le génie.
834. L'idéal. — La réalité nous offre de nombreux exemples de beauté; et c'est dans le réel que nous puisons l'idée du beau (un beau paysage, un bel arbre, un bel enfant). Mais toute beauté, même naturelle, a ses imperfections. L'art cherche à surpasser la nature. Il la purifie et la transforme : il l'élève à l'idéal. L'idéal n'est pas le contraire de la nature : il est lanature elle-même élevée à sa vérité la plus haute (621).
837. DiTision des arts. — Les arts se divisent d'après les sens auxquels ils se rapportent, comme il n'y a que deux sens qui nous procurent le plaisir du beau, à savoir la vue et l'ouïe, ily a deux espèces d'art : les arts qui s'adressent à la vue et et ont pour moyens d'expression \e?> formes, et ceux qui s'adressent à l'ouïe et ont pour moyens d'expression les sons. Les premiers sont les arts du dessin : architecture, sculpture, peinture; les autres sont la musique et la poésie. Les uns se développent dans l'espace et les autres dans le temps.
Quant à la hiérarchie des arts, c'est une question qui est difficile à résoudre tliéoriquement et dont la solution dépend plus ou moins de la sensibilité de chacun.
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