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XV. LES RAPPORTS DU PHYSIQUE ET DU MORAL

L'homme étant une âme unie à un corps, il y a aclion et réao tioij des deux substances. Il y a par conséquent : i" rinnuencc du physique sur le moral; S^rinfluence du moral sur le physique.

838. I. Influence du physique sur le moral. — On peut distinguer les intluences suivantes :

1° Les principales circonstances physiques qui modifient les phénomènes moraux, à savoir : les âges, les maladies, les tempéraments, les sexes, le climat, le régime, etc. (476-282).

2° Les diverses conditions physiologiques des lacullés de l'Ame et notamment les rapports du cerveau et de l'intelligence (280).

IL Dans l'influence du moral sur le physique on signalera surtout :

1° Le rôle de l'imagination qui éveille dans les organes les mouvements représentés par l'esprit; 2" l'influence des passions sur l'organisme par les phénomènes expressil's (larmes, changements de couleur, etc.), et par les mouvements organiques et musculaires.

Mais c'est surtout l'influence de la volonté qui doit être condérée. Cette influence s'exerce par les mouvements des membres, par l'attention, par le gouvernement des passions, etc. (284.).

839. Le sommeil. — L'un des faits qui démontrent le plus l'action du corps sur l'âme, c'est le sommeil, c'est-à-dire un certam état physiologique que chacun connaît par expérience et qui modilie les conditions de l'activité mentale.

L'état de la pensée pendant le sommeil est ce qu'on appelle le rêve.

Les deux caractères qui paraissent distinguer le rêve de la pensée pendant la veille sont : '1° l'absence de perception externe, causée par l'occlusion des sens et l'insensibilité du coips; 2" la prédomiaance exclusive de la loi d'association des idées sans contrôle aucun de la réflexion (88-89).

Le somnambulisme est un mode de sommeil morbide qui se dislingue par deux caractères : 1° la suite des idées, dans le rôve soMinamhulique, est modifiée par les sensations du dehors ; 2» e système musculaire demeure sous le contrôle de la volonté. He là les dangers de ces sortes de rêves. (7est une fausse veille (9 1 ).

840. Hallucination et folie. — L'hallucination est cet état dans lequel, pendant la veille, l'âme donne une réalité objec»

live à des sensations purement internes, où elle voit des corps qui n'existent pas, et entend des voix qui ne parlent pas (93).

La folie est le désordre des facultés intellectuelles sous quelque l'orme qu'il puisse se présenter. On en signale surtout deux ; tantôt le malade a une idée fixe et interprète tous les faits dans le sens de ses idées : c'est ce qu'on appelle la monomanie^ qui peut être circonscrite à un certain ordre de conceptions; tantôt c'est le désordre absolu de toutes les idées, et c'est ce qu'on appelle la manie.

Ce qui caractérise en général tous ces états mentaux, c'est que l'esprit n'est plus soumis qu'tà la loi d'association mécanique des idées, sans aucun contrôle de la pensée.

XVI. NOTIONS TRÈS SOUMAIRES DE PSYCHOLOGIE COMPARÉE. — L'HOMME ET L'ANIMAL.

841 . Psychologie comparée. — La psychologie comparée comprend : soit la psychologie de l'homme dans les différents états de santé et de maladie, — soit la psychologie de l'homme aux différents âges de la vie (enfance, jeunesse, maternité, vieillesse), — • soit la psychologie des sexes, — et toutes ces matières rentrent dans les rapports du physique et du moral que nous venons de résumer.

Enfin elle traite de la comparaison de l'homme et de l'animal, c'est là ce que nous ^vons maintenant à étudier.

842. L'homme et l'animal. — On peut ramener avec Bossuet les caractères distinctifs de l'homme et de l'animal à deux principaux :

V Les animaux n'apprennent rien; on peut les dresser, mais non les instruire. — 2° Les animaux n'inventent rien ; immobilité relative des instincts.

On peut cependant affirmer sur. l'intelligence animale, les propositions suivantes : 1° les animaux ne sont pas fous; 2° les animaux ne sont pas des automates; 3° donc ils ont une certaine i)itelligence; â° cette intelligence est enveloppée dans les sens, et n'a jamais pu s'en dégager par la réflexion (94).

S^S. L^hoRume sauvage et Phonnane civilisé. — Une

autre partie de la psychologie comparée consiste à co.m parer les phénomènes moraux et intellectuels dans l'homme sauvage et l'homme civilisé.

Les attributs qui distinguent l'homme de l'animal peuvent-ils être appliqués aux sauvages aussi bien qu'à l'homme civilisé.

Oui, l'homme même sauvage se distingue des espèces animales par les caractères suivants : 1» le langage arliculé que l'on n'a jamais vu manquer à aucune espèce d'homme; 2' certaines conceptions morales et religieuses.

Ces deux caractères suffisent pour maintenir un intervalle immense entre les derniers degrés de la race humaine, et les espèces les plus élevées du règne animal.

XVII. LOGIQUE FORMELLE. — DES TERMES. — DES PhOPOSITIONS. — DES DITFÉ- RENTES FORMES DU RAISONNEMENT.

La logique est celte partie de la philosophie qui traite lois de l'esprit dans son rapport avec la vérilc. C'est la scie

des

science

du vrai et du faux.

Elle se divise en deux parties : 1" Logique pure ou logique formelle, qui étudie les lois de la pensée. — '2» Logique appliquée ou méthodologie qui transforme ces lois en règles pour la direction de l'esprit (285).

8M. Logique formelle. — On distingue (et l'on distinguait surtout dans l'ancienne logique enseignée dans les écoles) trois opérations de l'esprit : la conception, le jugement et le raisonnement.

Concevoir, c'est se représenter un objet ou une qualité sans en rien affirmer : c'est ce qu'on appelait la sitnple appréhension.

L'acte de l'esprit qui résulte de cette opération s'appelle idée : par exemple, soleil, rondeur.

Les idées exprimées par un ou plusieurs mots s'appellent termes (o05).

1° On peut étudier les idées (313) :. selon leurnature et leur origine. Ou distinguera alors les images et les idées, ou les idées sensibles et les idées intellectuelles.

2° Selon leurs objets : les idées de choses exprimées par les sub'antil's; les idées de modes, exprimées par les adjectifs. •

3° Les idées composées et les idées simples : celles-ci peuvent se réduire à d'autres idées; celles-là sont irréducibles, telles que temps, être, unité.

A" Idées générales, particulières et singulières.

5° Idées claires et distinctes, confuses et obscures (313).

815. Des icrmes. — Le terme est ce qui exprime l'idée : c'est l'idée exprimée par un ou plusieurs mois. Les termes sont simples ou complexes : simples, quand il n'y a qu'un seul mot;

complexes, quand ils se composent de plusieurs mots, par exemple : Alexandre, roi de Macédoine.

— Il faut distinguer les termes complexes et les termes composés. Les premiers sont ceux qui n'expriment qu'une seule idée, avec ses dépendances, par exemple : l'homme, roi des animaux. Les seconds sont ceux qui expriment plusieurs idées distinctes, par exemple : les hommes et les animaux (314).

840- Extension ou compréhension. — (315) Les termes, comme les idées, sont généraux ou particuliers. C'est ce que l'on appelle Vextension ou la quantité du terme, c'est-à-dire le nombre d'êtres auquel il s'applique.

Un terme général ou universel est un terme pris dans la totalité de son extension, par exemple, quand je dis homme je veux dire tous les hommes, tout ce qui a porté et portera le nom d'homme.

Un terme particulier est un terme pris dans une partie de son extension, par exemple : quelques hommes.

Enfin, un terme singulier ou individuel est celui qui ne désigne qu'un seul individu ou une chose individuelle : Socrate, Paris.

L'extension s'oppose à la compréhension. On appelle compréhension l'ensemble des caractères ou attributs par lesquels une idée se distingue d'une autre.

L'extension est l'ensemble des sujets auxquels s'appliquent ces caractères ou attributs.

Loi : Uextension est en raison inverse de la compréhension.

En effet, plus nous généralisons, plus nous diminuons le nombre des caractères par lesquels les choses se distinguent les unes des autres; réciproquement, plus s'accroît le nombre de ces caractères, plus se restreint la sphère d'êtres auxquels ils s'appliquent (316).

847. Jug^epncnts et propositions. — La proposition est au jugement ce que le terme est à l'idée. C'est l'expression verbale du jugement (321).

848. Analyse de la proposition. — La proposition, comme le jugement, se compose de deux termes : le sujet et l'attribut, réunis par un lien ou copule, appelé verbe (32:2).

849. Quantité ou qualité de la proposition. — On distingue deux caractères dans la proposition : la quantité et la qualité.

La quantité a rapport à l'universalité ou à la particularité de la proposition; la qualité à l'affirmation ou à la négation.

Relativement â la quantité, les propositions sont, comme les termes, universelles ou particulières : et c'est la quantité du sujet- qui détermine la quantité delà proposition.

Relativement à la qualité, elles sont affirmatives ou négatives.

Toute proposition ayant à la fois une quantité et une qualité, il en résulte quatre espèces de propositions représentées par quatre lettres : A, E, I, 0. — A : universelles affirmatives; — E : un' ;erselles négatives; — I : particulières affirmatives; — 0 : particulières négatives (325).

850. Le» déflnîtîon». — La définition est une proposition réciproque, dans laquelle l'attribut exprime l'essence du sujet (333).

On appelle proposition réciproque celle où l'attribut et le sujet peuvent être intervertis sans que la proposition cesse d'être vraie, par exemple : l'homme est un animal raisonnable. Réciproquement, tout animal raisonnable est homme.

On appelle essence du sujet l'idée première et précise de l'objet (333 et 311).

La définition se fait par le getire prochain et la différence spécifique.

En effet, définir, c'est classer une chose inconnue dans un genre connu, et en même temps distinguer cette chose de toutes les autres choses contenues avec elle dans le même genre, par le moyen d'une différence. Or, cette différence s'appelle spécifique parce qu'elle sert à distinguer l'espèce du genre, ou des autres espèces du genre; enfin le genre doit être prochain, c'està-dire être celui qui est immédiatement supérieur àl'espèce (334).

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