Conditions de la mémoire. — Les conditions delamé
i. Hamilton, Fragmentt.aH. reid et brown trad.fr.. p. T5
moire sont de deux sortes : 1° les unes sont les conditions de son existence, celles sans lesquelles la mémoire serait impossible^ 5ans lesquelles elle ne serait même pas ; 2° les autres sont les conditions de son exercice, de son développement. Les unes sont en quelque sorte antérieures à la mémoire, elles sont supposées par elle : les autres sont contemporaines de la mémoire et la supposent. Les unes sont métaphysiques, les autres sont empiriques.
Nous conserverons aux premières le nom de conditionSy et nous donnerons aux autres le nom de lois.
Il y a deux conditions fondamentales : 1° la première, c'est qu'il se soit écoulé un certain tejyips entre la perception primitive et la perception renouvelée; 2° la seconde, c'est que ce soit le même être qui ait éprouvé d'abord la première perception. La propriété d'être le même est ce que l'on appelle V identité. Or, comme le moi, nous le verrons plus tard, est ce qu'on appelle une personne, l'identité du moi est donc V identité personnelle.
Cette identité, ou, comme l'appelle Biran, « le durable de notre existence,^ est la base de la mémoire et n'en est pas l'effet. Locke commet donc un cercle vicieux, lorsqu'il dit que notre identité se fonde sur la mémoire *. Cette erreur de Locke vient d'une confusion entre l'identité du moi et la notion de cette identité.
Notion d'identité. — Pour être capable de se souvenir, il faut que l'âme soit identique; mais pour savoir qu'elle est identique, il faut qu'elle se souvienne. Ainsi l'identité, comme propriété de l'être, est la condition de la mémoire ; mais la mémoire à son tour est la condition de la notion d'identité.
La notion d'identité est donc due à la mémoire, comme la notion d'unité est due à la conscience.
Notion de durée. — Même observation pour la durée. La durée du moi est une condition du souvenir; mais c'est par le souvenir que nous connaissons la durée du moi, c'est-à-dire sa permanence. En même temps que la mémoire nous donne le permanent de notre être, elle nous en fait connaître aussi les changem.ents : or le changement de l'être dans le temps est ce qu'on appelle succession. Nous devons donc aussi à la mémoire la notion de succession.