‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 49 sur 313 · La conception. — On appelle conception l'opération · texte numérisé non relu

La conception. — On appelle conception l'opération

1. La rtiiTorence signalée par Kant entre les qu'à mes sensations, qui elles seules s'appll-

images et les concep/s, c'est que les images quent directement à l'objet. Ainsi l'idée d'Iroinme

ou I''.- sunsfttions dont elles dérivent s'appli- ne rei'résente aucun ol)jet réel, ni;iis autant

quont itiiiiindiatenicnt aux objets, tandis que de perceptions particulières que je puis ta

les conrepts Km idées ne s'appliquent aux objets avoir des houimes individuels. Les concepts on

que par rinlermcdiaire des images. Par exemple, idées sont donc, comme s'exprime Kant, dei

Il sensatiiMi de vert s'applique immédiaiement représetitalions de représentations. {Crit.de

à l'objel qui. m'a donné cette sensation; tandis la Maison pur«, Analytique des concepts, liv. I,

^ue l'idée ibstraite de couleur ne s'ajtplique «ect. I, ch. i.)

de l'esprit qui consiste à se représenter des idées. On -l'oppose à l'imagination, qui ne nous donne que des imagfes. « Il y a de grandes dilïérences, dit Bossuet, entre imaginer le triangle, et entendpe (concevoir) le triangle. Imaginer le triangle, c'est s'en représenter un d'une mesure déterminée, avec une certaine grandeur ; au lieu que l'entendre, c'est en connaître la nature, et savoir en général que c'est une figure à trois côtés, sans déterminer aucune grandeur ni proportion. » Descartes montre aussi que l'entendement peut concevoir nettement ce que l'imagination ne peut représenter. Par exemple, je ne puis imaginer un chiliogone; et cependant j'en ai une idée claire et distincte, puisque j'en puis démontrer certainement plusieurs propriétés.

Problème. — La conception est-elle, comme on le disait autrefois dans l'école, une simple représentation de l'objet, niera representatio objectif sans aucun mélange d'affirmation? Ou bien, au contraire, faut-il dire que toute conception conient déjà en elle-même l'affirmation de son objet? Cette seconde opinion a été soutenue par Spinoza {Éthique. II, prop, xix) ''* par D. Stewart {Eléments, t. I, ch. m).

151. Entendement discursif et intuitif. — Puisque nous pouvons concevoir deux sortes de choses, les choses abstraites et générales et les choses immatérielles, il y aura donc deux formes de l'entendement : l'entendement discursif, qui a pour objet l'abstrait et le général, et l'entendement intuitif, qui a pour objet l'immatériel. Or il y a deux sortes d'objets immatériels qui nous sont donnés: le moi et V absolu. L'entendement, en tant qu'il connaît le moi, s'appelle la conscience, et en tant qu'il connaît l'absolu, la raison.

En outre, l'entendement intuitif perçoit les principes ou vé' rites mwîérftafes, et l'entendement discursif, les vérités dém'ées; c'est la différence de la raison et du raisonnement.

Commençons par l'étude de l'entendement discursif, c'est-àdire par la formation des idées abstraites et générales.

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