‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 52 sur 313 · I. Bréal, Mélanges de mythologie et de linguistique, p · texte numérisé non relu

I. Bréal, Mélanges de mythologie et de linguistique, p

tee PSYCUOLOGIE.

raliser caractérise l'intelligence : on peut dire que la fecultè d'individualiser ne lui est pas moins essentielle.

L'erreur consiste ici à confondre le général avec le confiiSy et rindividuel avec le distinct. Sans doute la sensation, en retranchant successivement dans l'individu (par exemple par l'éloignement dans le temps et dans l'espace) tel ou tel trait caractéristique,nous montre la possibilité de faire le même retranchement volontairement par la réflexion de l'esprit ; mais la sensation, tant qu'elle subsiste, confuse ou non, est toujours individuelle. Je puis avoir une douleur sourde, sans savoir dire exactement en quoi consiste cette douleur : mais tant qu'elle existe, elle sera telle douleur et non telle autre : ce sera seulement lorsque j'aurai plusieurs fois éprouvé une douleur semblable que cette idée vague de douleur prendra un certain caractère de généralité.

162. Importance des idées générales. — On ne saurait trop insister sur l'importance des idées générales. On a souvent dit que c'est là un attribut propre à l'homme; c'est la pensée exprimée par Platon dans cette maxime : « Il importe à l'honwne de comprendre le général, c'est-à-dire ce qui, dans la diversité des sensations, est compris sous une unité rationnelle. * »

La généralisation est le caractère essentiel de ce que l'on appelle la raison, en tant qu'on s'en sert pour distinguer l'homme de la bête, ou l'homme intelligent de l'idiot. C'est à ce signe, selon Descartes, qu'on distinguerait un être intelligent d'un automate. C'est dans cette faculté, selon Bossuet, qu'est le principe de l'invention et du progrès ^

Les avantages et les inconvénients de la généralisation ont été analysés avec fmesse par D. Stewart {Eléments, t. I, ch. iv, sect. VII et VIII). Il insiste surtout sur ce double défaut, généraliser trop , et ne pas généraliser assez; et il fait l'application de cette critique a la politique. Il y a, dit- il, en politique deux sortes de théoriciens : les uns ne tiennent pas assez de compte des faits; les autres s'y asservissent; sans l'esprit de généralité, tes choses iraient toujours le même train,; et l'esprit hii-

i. PWdre, 249 B.Aeîyàp avôpwTtov Suvtl- 8. Voy. Dascartes, Disc, sur la méthode,

son TÔ xax' elooç >.eYÔ|xevov, Èx tcÔUwv wt. V. Bossuet, Conn. de Dieu, ch. v-

main serait dans la même immobilité que les espèces animales. En revanche, les généralités vides de faits entraînent les hommes à la poursuite de chimères irréalisables. C'est donc l'union du général et de l'individuel qui est le vrai signe d'un esprit sain. Au reste les abus de la généralisation appartiennent plus à la logique qu'à la psychologie.

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