‹ Traité élémentaire de philosopheChapitre 64 sur 313 · LA RAISON · texte numérisé non relu

LA RAISON

fJUand' on a de Fèspril et qu'on manque de raison, on est fé«ond en moyenB, mais on ne se propose rien de grand *. »<

179. Définition. — En un mol, au point de vue pratique et usuel, la raison peut être définie la faculté de Vordre. Au point de vue théorique, nous avons dit qu'elle recherche les causes et les eflets, les liaisons et les progrès des choses : qu'est-ce autre chose encore que la faculté de l'ordre? C'est ce qui résulte de. cette pensée de Bossuet :

Le rapport de l'ordre et de la raison est extrême. L'ordre ne peut être mis dans les choses que par la raison, ni être entendu que par elle; il est ami de la ■^ison et son propre objet. (^Connaissance de Dieu, ch. i, g 8.)

On peut dii^e encore avec M. Gournot que la raison dans l'homme consiste à saisir la « raison » dans les choses, c'est-à-dire le pourquoi et le comment; enfin, avec Descartes et avec la Logique de P. -Royal, que la raison consiste à distinguer le vrai du faux*.

Si nous réunissons et comparons toutes les acceptions pré- ■cédentes : connaître les causes et les effets, saisir la raison des choses, prévoir l'avenir dans le présent et dans le passé, percevoir l'ordre, distinguer le vrai du faux, etc., on verra qu'elles peuvent toutes se ramener à une seule : la faculté de comprendre. Autre chose est connaître, autre chose comprendre. Je puis connaître les événements de l'histoire sans les comprendre, connaître les phénomènes de la nature sans les comprendre, me connaître moimême sans me comprendre. L'intelligence en général est la faculté de connaître. La raison est la faculté de comprendre ^

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