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CHAPITRE X

Du langage.

La théorie de la connaissance serait incomplète si nous ne comprenions pas dans notre étude, comme l'ont fait tous les philosophes, une faculté qui, tout en étant physiologique dans sa matière, est au fond psychologique dans son essence, puisqu'elk. n'est rien que par et pour la pensée. C'est la faculté du lan . gage.

197. ivécessitc dn laug;agc. — Le caractère distinctif des faits de conscience, c'est de n'être accessibles qu'à celui qui les éprouve et d'être absolument impénétrables, au moins d'une manière directe, à tout autre. La conscience est un monde fermé : nul n'y pénètre sans ma volonté. Ce fait capital explique la nécessité du langage.

Les hommes ne sont pas seulement des consciences : ils sont

des consciences unies à un corps. C'est par le corps que les

hommes communiquent entre eux. Le corps des autres hommes

en effet est accessible à mes sens comme les corps extérieurs ;

et le mien réciproquement est accessible aux leurs. S'ils émel-

.lent des sons, je peux les entendre; s'ils font des mouvements, jé

^puis les voir; et de même, ils voient et ils entendent lesmouve-

[ments et les sons qui proviennent de mon propre corps.

Entre ces consciences fermées il y a donc des intermédiaires. [^^Les hommes, ayant un certain pouvoir sur leurs corps, peuvent produire des phénomènes en dehors; et ces phénomènes, tombant sous les sens des autres hommes, sont perçus par eux. Il n'y a qu'à lier certains phénomènes à certaines pensées pour j.que ces pensées deviennent accessibles aux autres hommes

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