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LA LIBERTÉ. — DIFFICULTÉS ET THÉORIES

intérieure qui lui est inhérente. Autre chose est l'action volontaire, conforme aux idées: autre chose esiVaiUomatisme de l'idée. Dans le premier cas, l'homme agit; dans le second, il est agi. Nous ne voyons pas un acte volontaire dans ce que Hegel appelle < une idée qui se réalise elle-même ». Ce n'est là qu'une forme supérieure de l'automatisme*. La volonté consiste précisément à rompre l'automatisme. Ramener la volonté à un dynamisme logique, c'est la détruire. L'idée motrice, môme l'idée de la volonté, n'est donc pas la volonté elle-même.

259. Déflnition de la liberté. — Nous définirons donc la liberté \3l puissance d'agir d'après des idées ou concepts . S'il n'y ?.Tait dans l'homme que la sensibilité, c'est-à-dire le plaisir ou la douleur, l'homme, tout en étant libre en puissance (et c'est peutêtre la condition des animaux), ne le serait pas en fait. Il serait toujours entraîné par l'attrait du plus grand plaisir ou la crainte de la plus grande douleur. Mais par l'intervention de l'entendement sa volonté se trouve affranchie 1° de la contrainte extérieure, 2° de la contrainte intérieure des impulsions sensibles. Elle devient, selon l'expression de Kant, « la puissance de commencer le mouvement ». Le sentiment intérieur de la liberté est donc le sentiment que nous avons de ce pouvoir qui, éclairé par l'entendement, ne trouve qu'en lui-même la force" de réaliser ce que l'entendement lui propose.

En résumé, la liberté n'est autre chose que la force morale. L'expérience nous atteste que l'homme peut devenir le maître de la nature physique qu'il soumet à ses desseins; il peut devenir le maître de son propre corps, le maître de ses passions, le maître de ses habitudes, de son caractère, de ses idées, en un mot, le maître de lui-même. En remontant ainsi de proche en proche, de la nature extérieure au corps, du corps aux passions, des passions aux habitudes et au caractère, nous arrivons jusqu'à un dernier ressort qui meut tout sans être mû : c'est la liberté.

1. Lorsque l'idée du bâillement provoque le bâillement, peraonat ne croit quM y a ià liberté : «a liit au toatraire alort que l'on bâille malgré %o\.

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