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CHAPITRE III. CIRCULATION

que les expériences entreprises successive Sauvages, plus tard par MM. Poiseuille, Magendie, Volkmann , Ludwig, Spengler, Valentin, Brunner, Beutner, Colin, Vierordt, Marey, et dans tous les laboratoires de physiologie, ont conduit à des résultats qui sont sensiblementles mêmes, quel que soit l’appareil employé. Ajoutons que les petites plaques destinées à comprimer la boutonnière pratiquée au vaisseau et à rétablir sa continuité, sont difficiles à introduire et à maintenir exactement appliquées l’une sur l’autre. On y a depuis longtemps renoncé, et on est revenu purement et simplement à l’hémomanomètre de Poiseuille, perfectionné par l’addition d’un flotteur surmonté d’une tige munie elle-même d’un stylet enregistreur (Voy. fig. 49).

L’élévation déterminée par la tension sanguine, dans l’appareil, peut être évaluée, en moyenne, à une colonne de 13 centimètres de mercure (environ 2 mètres d’eau) L Ce résultat, obtenu sur le cliien (généralement sur l’artère carotide ou l’artère crurale), s’est montré sensiblement le même sur le cheval, sur le bœuf, sur le mouton, sur la chèvre. La tension est sensiblement plus faible sur les animaux plus petits, tels que le chat, le lapin, le cochon d’Inde.

Chez l’homme, la tension du sangartériel fait équilibre en moyenne, comme chez les grands animaux, à une colonne mercurielle de 13 centimètres.

Nous ne pouvons, bien entendu, mesurer directement la tension du sang artériel de l’homme; il fau-

1 Cette moyenne est sujette à de nombreuses variations, qui dépendent de conditions multiples telles que l’état de réplétion ou de vacuité relative du système vasculaire, l’énergie des contractions du cœur, et principalement les influences nerveuses diverses.

t sur ce point, d’abord par Haies et

Fig, 49. — Hémodynamomètre, ou hémomanomètre.

а, branche de l’appareil en communication avec l’artère et dans laquelle le sang presse sur le mercure. On place da^s cette branche, avant l’expérience, une dissolution de sulfate de soude, pour retarder la coagulation du sang.

б, robinet.

c, canule à robinet. Cette canule s’introduit dans l’artère en expérience.

Le tube compris entre b et c est un tube en caoutchouc,

p, flotteur placé à la surface de la colonne mercurielle de la grande branche de l'appareil.

d, tige surmontant le flotteur p, et terminée à son extrémité supérieure par un style qui s’en détache à angle droit. Ce style est destiné à enregistrer les mouvements de la colonne mercurielle (Voyez fig. 50 et 51;.

drait pour cela introduire dans une artère la canule d’un hémomanomètre. Mais il est possible d’arriver au même résultat par une voie détournée. M. Marey, mettant à profit les recherches récentes de M. Mosso sur les changements de volume des organes périphériques dans leurs rapports avec la circulation (Voy. § 108 bis), détermine la pression du sang dans les artères des membres en établissant à leur surface une contre-pression graduellement croissante et capable de faire équilibre à la tension sanguine. Cette contrepression égale et contraire, et dont on connaît à chaque moment la valeur, est naturellement la mesure de la tension sanguine qu’elle équilibre. Dans une caisse métallique munie de deux tubulures et remplie d’eau, on introduit la main et l’avant-bras. Un manchon de caoutchouc ferme hermétiquement l’orifice de la caisse autour de la partie supérieure de l’avant-bras. La cavité de la caisse est mise en communication avec un réservoir d’eau mobile sur une glissière et qui peut être élevé à volonté à l’aide d’une manivelle. Il arrive un moment où la contre-pression est suffisante pour faire équilibre à la tension artérielle. Cette contre-pression a varié, dans les expériences de M. Marey, entre 12 et 17 centimètres de mercure; soit en moyenne environ 15 centimètres.

La tension du sang est à peu de chose près la même dans tous les points de l'arbre artériel ; en tant du moins qu’il n’est question que des artères volumineuses. M. Poiseuille a trouvé que, quelle que fût l’artère où il plaçait son tube, la tension était la même. MM. Ludwig et Spengler n’ont aperçu, entre la tension du sang de l’artère carotide du cheval et celle du métatarse du même animal, que des différences de peu d’importance *.

Il n’en est pas tout à fait de même quand on expérimeute sur de petites artères. L’ondée artérielle lancée par la contraction ventriculaire perd, en effet, une partie de sa force à mesure qu’elle progresse dans ses canaux élastiques; et cela en vertu des frottements, des courbures et des divisions vasculaires. Aussi, quand on place en même temps un hémodynamomètre dans une grosse artère voisine du coeur, et un hémodynamomètre dans un petit rameau de la même artère, il y a un excédant de pression en faveur de l’artère volumineuse. Si dans les artères d'un certain calibre la tension est sensiblement la même, près du cœur et loin du cœur, c’est que la perte due au frottement, aux courbures et aux divisions, peut être ici (vu la proportion de la masse liquide en mouvement) envisagée comme à peu près nulle.

En un point quelconque des grosses artères la pression du sang sur les parois (estimée en colonne de mercure) est donc égale à la surface de la paroi que l’on considère, multipliée par 15 centimètres. De même, une tranche liquide, prise par la pensée dans une artère, est pressée de toutes parts par un poids égal à la surface de section de l’artère, multipliée par une colonne de 15 centimètres de mercure.

De là, il est facile de déduire en chiffres quelle est la pression statique exercée par le sang sur les valvules sigmoïdes, à l’orifice aortique.

1 Deux hémodynamomètres placés en même temps, l'un dans la carotide du veau, l’autre dans l'artère métatarsienne, ont donné, le premier une élévation de IG centim. de mercure, l’autre une élévation de 14 cent. 1/2. M. Volkmann a trouvé entre la tension de l'artère carotide et celle de l'artère crurale du chien une petite différence en sens contraire. Ces légères différences observées dans les artères d'un certain volume, tiennent à des conditions passagères de la circulation, car il n’est pas rare de les voir renversées ; c’est ce qu’on peut constater chaque jour dans les laboratoires.

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