CHAPITRE III. CIRCULATION
que nous venons de le voir, deux sortes d’oscillations au-dessus et au-dessous de sa position moyenne d’équilibre : les unes sont isochrones avec les pulsations du cœur, les autres sont isochrones avec les mouvements respiratoires. Ces oscillations, faciles à constater à l’aide de l’instrument de M. Poiseuille, ne peuvent guère être mesurées avec cet instrument. M. Ludwig, pour arriver à des mensurations précises, a imaginé de compléter l’hémomanomètre par un appareil auquel il a donné le nom de kymngraphe. Cet appareil complémentaire a été employé, depuis M. Ludwig, par la plupart des physiologistes qui se sont occupés des phénomènes de la circulation L Le kymographe n’est autre chose qu’un hémomanomètre enregistreur. 11 est essentiellement constitué par un cylindre A (Yoy. fig. 50), auquel on imprime un mouvement circulaire uniforme à l’aide d’un mécanisme d’horlogerie renfermé dans la caisse B.
L’hémomanomètre annexé au kymographe, contient, dans le tube d’ascension du mercure, une tige métallique fj terminée par un disque flotteur qui repose sur le sommet de la colonne mercurielle.
Cette tige mobile suit les mouvements d’élévation et d’abaissement de la colonne mercurielle h sur laquelle elle repose, et elle porte un appendice horizontal sur lequel est fixé un crayon e.
On conçoit facilement le jeu de l’appareil. Le cylindre A , recouvert d’une feuille de papier blanc et animé d’un mouvement circulaire uniforme, présente successivement au crayon les divers points de sa circonférence, et les mouvements d’élévation et d’abaissement de la colonne mercurielle h se trouvent ainsi représentés sur le papier du cylindre A par une ligne onduleuse dont les sommets des courbes représentent les maxima des excursions. Cet instrument permet de mesurer, avec une grande précision, et les excursions respiratoires, et les excursions systoliques de la colonne mercurielle. Ces dernières, étant moins étendues et plus fréquentes que les excursions respiratoires, se trouvent représentées sur le parcours de la courbe par des ondulations plus petites.
Fig. 50.
Kymographe de Ludwig (hémodynamomètre avec cylindre enregistreur).
M. Ludwig est le premier qui ait utilisé le mouvement d’un cylindre animé d’un mouvement circulaire uniforme pour y recueillir le tracé d’un mouvement transmis à l'aide d’une tige armée d’un style ou d’un crayon.
A, cylindre animé d’un mouvement circulaire.
B, caisse renfermant un mécanisme d’horlogerie.
C, poids servant de moteur au mécanisme d’horlogerie. I), pendule ou balancier servant de régulateur au mouvement.
e, crayon.
ff, tige métallique terminée inférieurement par un disque reposant sur le mercure.
h, colonne mercurielle de l’hémodynamomètre.
1 Le cylindre enregistreur du cardiographe de MM. Chauveau et Marey (fig. 42, page 220) ainsi que le kymographe de M. Valentin (fig. 51, page 248) et que le cylindre enregistreur de M. Marey (fig. 52, page 249) ne sont que le kymographe de Ludwig perfectionné.
a?yS, cylindre mis en rotation par un appareil d'horlogerie.
b, tige supportant un directeur mobile à glissement, lequel sert de coussinet à la tige c.
d, règle horizontale sur laquelle peut glisser la tablette e.
e, tablette à laquelle est fixé l’héinodynamomètrc fgh.
i , plateau chargé de poids, destiné à imprimer le mouvement à l’appareil d'horlogerie.
k, vis de pression qui arrête le mouvement ou qui lui rend la liberté.
l, pièce pouvant recevoir un pendule ou balancier.
mil, appareil régulateur du mouvement d'horlogerie. Cet appareil est analogue à celui de nos pendules.
o, tige du flotteur placé sur le mercure.
p, pièce présentant à sa partie supérieure un guide destiné à maintenir la tige du flotteur dans la direction verticale.
q, po:te-crayon ou porte-pinceau.
r, ouverture fermée par un bouchon, et par laquelle on introduit dans l'hémodynamomètre la solution de sulfate de soude.
s, tube métallique à parois minces, mais légèrement flexible.
t, robinet.
u, canule d’introduction.
vu), vaisseau artériel en expérience.
L axe de rotation sur lequel est fixé le cylindre a^-fS n'est pas seul. Il existe encore trois autres axes verticaux de rotation placés sur la règle d, reliés au mouvement d'horlogerie par des roues d’engrenage, et sur lesquels on peut fixer d autres pièces tournantes. Lorsque ces pièces doivent exécuter un mouvement de rotation dans le sens horizontal , on les fixe sur l’axe de la roue d’angle a.