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CHAPITRE III. CIRCULATION

ticale du premier que dans la branche verticale du second. Mais, comme cette différence de hauteur est proportionnelle à la vitesse du courant, cette différence devient ainsi la mesure de la vitesse. Tel est l’instrument de M. Marey.

La vitesse de la circulation dans le système des vaisseaux capillaires ne peut pas être appréciée à l’aide de l’hémodromomètre. A l’aide du microscope, on peut, nous l’avons vu, observer le cours du sang dans les parties transparentes des animaux vivants, dans la membrane interdigitaire de la grenouille, par exemple. Mais il faut tenir compte, bien entendu, du pouvoir grossissant. L’instrument donne à la circulation une vitesse apparente qui n’est pas la vitesse réelle. Par conséquent, lorsqu’on a compté le temps que met un globule du sang, placé dans le milieu du courant, à parcourir une certaine étendue du vaisseau, on diminue la vitesse observée de tout le pouvoir amplifiant de la lentille.

Haies estimait le cours du sang, dans les vaisseaux capillaires de la grenouille, àOmm,3 par seconde. M. Weber a trouvé une vitesse de 0mm,5 par seconde dans les capillaires de la queue du têtard. M. Valentin l’estime pareillement à 0mm.5 d’après des observations faites sur la membrane interdigitaire de la grenouille ; nous sommes arrivé, nous-même, à une évaluation analogue. M. Volkmann, enfin, estime la vitesse du courant sanguin dans les capillaires du mésentère du chien à 0mm,8 par seconde.

La vitesse du cours du sang dans les vaisseaux capillaires est donc très-faible, et cela devait être, car les capillaires constituent la partie la plus spacieuse du réservoir sanguin. Cette vitesse est par conséquent, en moyenne, de 1/2 millimètre par seconde, environ l.

M. Vierordt a dernièrement mis à profit un phénomène particulier de la vision , sur lequel nous reviendrons (Voy. § 297 bis), et à l’aide duquel il a pu observer les vaisseaux capillaires de sa propre rétine. Ces vaisseaux, en leur qualité de capillaires, ont des parois tout à fait transparentes, au travers desquelles on peut voir circuler les globules sanguins et les suivre pendant un certain temps et dans une certaine étendue de leur parcours. Le procédé mis en usage par M. Vierordt n’est que l’application d’une expérience déjà connue sous le nom d 'image vasculaire de Pürkinje. Voici comment procède M. Vierordt. Il fixe pendant deux ou trois minutes le globe dépoli et vivement éclairé d’une lampe, ou bien un nuage blanc vivement éclairé par le soleil. 11 exécute ensuite, au-devant des yeux, un mouvement rapide de va-et-vient à l’aide de sa main, dont les doigts sont légèrement écartés. D’abord l’observateur aperçoit un mouvement confus dans le champ de la vision ; puis apparaissent de nombreux points clairs, tandis que le fond sur lequel ils se détachent s’obscurcit. Ces points se multiplient et se disposent suivant un ordre déterminé, le fond devient grisâtre, et sur ce fond se détachent nettement des traînées jaunâtres. La période de l’expérience la plus propre à l’observation est celle qui correspond au moment où les espaces intervasculaires deviennent médiocrement clairs, et où les globules du sang apparaissent comme de petits points légèrement jaunâtres. M. Vierordt a pu faire durer cette période de 2 à 4 minutes. Les parois des vaisseaux ne tom-

1 II est vrai qu’elle paraît être un peu plus rapide sur le chien que sur la grenouille ; mais il faut remarquer que, pour placer le mésentère d'un animal sous le microscope, il faut lui faire subir une mutilation préalable et mettre brusquement au contact de l'air la membrane vasculaire. 11 est possible que l’action de l’air s’exerce sur les petites artères et, mettant en jeu leur contractilité, modifie à un certain degré la circulation locale.

bent pas sous la vue; on n’aperçoit que des traînées de globules. Lorsqu’on fixe ainsi un globule du sang en particulier, on peut souvent le suivre pendant une course de 20 à 25 millimètres. Or, en mesurant la vitesse de ces globules à l’aide du tic-tac d’un chronomètre, et en tenant compte du grossissement sous lequel ils apparaissent, M. Yierordt trouve comme moyenne d’un grand nombre d’observations 0mm,6 à 0mm,9 parcourus par seconde ; c’est-à-dire un chiffre peu différent de celui que donne l’observation de la circulation capillaire chez les animaux. Cette vitesse de la circulation des vaisseaux de l’œil est celle des vaisseaux capillaires du plus petit calibre, où les globules circulent à la file. D’autres vaisseaux plus gros apparaissent aussi dans l’expérience, vaisseaux dans lesquels plusieurs globules circulent de front. 11 est aisé de constater que la vitesse du cours du sang y est plus grande; elle peut être deux fois, quatre fois, cinq fois, dix fois, etc , plus considérable.

On comprend l’application que l’on peut faire de la comparaison des vitesses du sang prises d’une part à l’origine du système aortique, et, d’autre part, dans le système des capillaires, pour se former une idée de la capacité relative de ces deux portions du système vasculaire. La masse du sang, qui, dans un temps donné, traverse l’ensemble des capillaires de la grande circulation, est équivalente à celle qui passe dans l’aorte dans le même temps. La vitesse du courant dans chacun de ces départements du système vasculaire sera, d’après les lois de la mécanique, en raison inverse de la grandeur de l’aire de chacun d’eux. Or, on connaît, d’une part, l’aire de l’aorte à son origine, ainsi que la vitesse du sang qui la parcourt ; d’autre part, on connaît la vitesse du sang dans les capillaires : il est, dès lors, facile de dégager l’inconnue, c’est-à-dire la valeur de l’aire de tous les capillaires réunis. En faisant le calcul sur les bases précédentes, M. Yierordt estime, d’après ses expériences et ses mesures, que l’aire du système capillaire de la grande circulation est huit cents fois celle de l’aorte à son origine. M. Donders, prenant pour point de départ les expériences et les mesures de M. Volkmann, évalue l’aire totale du système capillaire de la grande circulation à cinq cents fois l’aire aortique.

Ces divers calculs ne sont évidemment qu’approximatifs ; pour qu’ils fussent rigoureusement exacts, il faudrait que tous les capillaires fussent également éloignés du cœur et que le volume des capillaires fût le même dans tous les organes, ce qui n’est pas. Mais, tels qu’ils sont, ces résultats donnentune bonneidée de l’énorme différence de capacité que présente le système vasculaire, quand on compare son origine cardiaque avec le réseau périphérique des capillaires.

La vitesse du cours du sang dans le système veineux n’a pas été étudiée aussi souvent que dans le système artériel. L’hémodromomètre n’a guère été introduit que dans la veine jugulaire des chiens : il a donné à la plupart des expérimentateurs une vitesse moyenne de 22 centimètres par seconde. Ce résultat, parfaitement enharmonie d’ailleurs avec les développements précédents, montre que, dans le voisinage du cœur, la vitesse du sang dans le système veineux tend à devenir la même qu’au moment du départ par le système artériel.

Maintenant, sans plus tenir compte de la vitesse différente du sang dans les divers départements de l’appareil vasculaire, cherchons avec quelle vitesse moyenne le sang parcourt toute l’étendue du système circulatoire.

M. Hering a tenté à cet égard, sur des chevaux, des expériences nombreuses, qui laissent peu de chose à désirer sous le rapport de la précision. Son procédé

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