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CHAPITRE III. CIRCULATION

moyenne du tube de caoutchouc qui porte le sang de celui qui le donne à celui qui le reçoit, un ballon de caoutchouc qu’on presse alternativement et qui de même que dans l’appareil représenté fig. 63, fait office de cœur artificiel.

L’appareil de M. Roussel a un double avantage : d’une part, il n’entre ni métal ni verre dans sa composition, et il est présumable que le contact des substances métalliques et minérales détermine plus rapidement la coagulation du sang que les subtances animales et végétales; d’autre part le sang en passant de celui qui le donne à celui qui le reçoit ne subit pas le contact de l’air et l’entrée dans les vaisseaux des poussières et des germes invisibles qui flottent dans l’atmosphère se trouve évitée. Mais il a le grand inconvénient d’être compliqué. Il exige une grande habileté manuelle, tandis que le transfuseur à entonnoir, dont nous avons parlé, est d’une grande simplicité et n’a besoin d’aucun apprentissage pour être mis en œuvre1.

Rapports de la respiration avec la circulation. — NOUS avons précédemment montré comment et dans quelle mesure les mouvements mécaniques de la respiration agissaient sur la tension du sang artériel et sur le cours du sang veineux (§§ 94 et 104). Mais là ne se borne pas l’influence de la respiration sur les phénomènes réguliers de la circulation.

Les changements qui s’accomplissent dans le sang au contact de l’air atmosphérique ont, par l’intermédiaire du système nerveux, une influence capitale sur les contractions du cœur.

Tuez un animal à sang chaud, attendez que les mouvements respiratoires soient complètement suspendus et que les contractions du cœur ne consistent plus qu’en un frémissement à peine sensible : il suffira de rétablir artificiellement la respiration pour réveiller immédiatement les contractions du cœur et les voir persister pendant quelques heures. Ce phénomène prouve que le sang exerce sur le système nerveux un stimulus qui met en jeu la contraction rhythmique du cœur : il prouve que le sang non hématosé qui aborde aux centres nerveux, lorsque la respiration est suspendue, est impropre à exciter les mouvements normaux. En établissant une respiration artificielle, on redonne pour un temps au sang les qualités du sang artériel. La circulation, qui n’était plus entretenue, au moment où on commence l’expérience, que par de faibles contractions du cœur, conduit vers le système nerveux un sang revivifié par l’air atmosphérique ; bientôt l’activité du cœur se développe sous cette influence, et la circulation pulmonaire se rétablit pour quelque temps, ainsi que la circulation générale. Il est présumable, dès lors, que la composition du sang (sujette à des variations) doit avoir de l’influence sur la fréquence et sur les autres qualités du pouls.

Il y a, au reste, entre les pulsations du cœur et les mouvements de la respiration, un balancement tel que le pouls et la respiration se maintiennent presque toujours dans un rapport sensiblement constant, quels que soient leur accélération ou leur ralentissement. Les pulsations du cœur sont toujours plus fréquentes que les mouvements respiratoires; mais les pulsations du cœur et

1 S’il était démontré que le métal et le verre doivent être absolument proscrits dans la construction du transfuseur, représenté fig. 63, on pourrait les remplacer par de la corne transparente.

les mouvements de la respiration augmentent ou baissent ensemble. Ainsi, le nouveau-né a, en moyenne, 140 pulsations du cœur par minute; il fait moyennement 33 mouvements respiratoires. L’adulte, qui respire 16 ou 18 fois par minute, n’a que 72 pulsations dans le même temps. Lorsque l’accélération du pouls survient en dehors des conditions physiologiques, on remarque souvent la même coordination entre les battements du cœur et Lles mouvements respiratoires. Il y a, en général, 4 pulsations du cœur pour un mouvement respiratoire complet. Il faut toutefois ajouter que ce rapport est souvent troublé dans l’état pathologique.

§ 111 bis.

Phénomènes généraux «le la circulation. — Indications bibliographiques.

Consulter d’abord les bibliographies partielles, §§ 91 bis, 93 bis, 101 bis, 106 bis, et plus loin 1 1 2 bis.

Servet (Michel), Christ ianismi restiiutip, ouvrage brûlé avec son auteur à Genève en 1553, a été réimprimé plus tard à Nuremberg page pour page et sous la même date, 1553 (dans ce livre se trouve indiquée la petite circulation).

Colombo (Realdo), De re anatomica. Venise, 1559. (La circulation pulmonaire ou petite circulation est également indiquée, et d'une manière beaucoup plus précise et plus complète.)

A. Cesalpin (d’Arezzo), De plantis, Florence, 1583 (ce livre contient dans le Ier livre, chap. ii, la notion expresse de la petite circulation et quelques passages très vagues sur la grande).

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