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CHAPITRE III. CIRCULATION

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Influence du système nerveux sur la circulation. — Le système nerveux tient sous sa dépendance plus ou moins immédiate le système musculaire. Or, le cœur est un organe musculaire, et à tous moments le système vasculaire luimême met aussi en évidence ses propriétés contractiles. Le système nerveux exerce donc sur la circulation une influence de premier ordre.

Lorsque, dans un membre, le nerf qui établit la communication entre un muscle et les centres nerveux est divisé, le muscle est paralysé, il ne peut plus se contracter ni mouvoir le membre. Mais ce muscle, bien qu’incapable d’entrer en contraction sous l’influence de la volonté, peut encore obéir à des excitants extérieurs. La contractilité du muscle, c’est-à-dire le pouvoir qu’il a de se contracter, n’est pas anéantie. C’est encore ce qui arrive à un muscle séparé de toutes connexions avec les parties voisines et arraché du corps d’un animal vivant: sous l’influence de la stimulation directe du muscle isolé, ou sous la stimulation du nerf qui s’y rend, le muscle est encore capable de mouvements plus ou moins étendus.

Nous examinerons plus loin avec détails (Chap. Mouvements et chap. innovatio'i ) quelles sont les conditions de la persistance de la contractilité dans les muscles; nous nous bornons en ce moment à mentionner simplement le fait.

Or, le cœur est un muscle, et il présente aussi cette propriété, c’est-à-dire que, séparé des liens qui le relient avec les centres nerveux, il n’a pas perdu sa contractilité. Quand ses connexions avec le système nerveux ont été détruites, qu’il fasse corps avec l’appareil circulatoire ou qu’on l’ait arraché de la poitrine d’un animal vivant, on constate qu’il répond comme un muscle ordinaire aux divers modes d’excitation.

Mais ce n’est pas tout. Non seulement le muscle cardiaque, enlevé de la poitrine de l’animal, est capable de se contracter sous l’influence des excitants directs, mais encore il se contracte spontanément pendant un certain temps et suivant un mode rhytlimique qui rappelle le rôle qu’il exerce pendant la vie. Ces contractions spontanées et rhythmiques continuent pendant assez longtemps L Ces mouvements spontanés durent plus longtemps chez les animaux à sangfroid que chez les animaux à sang chaud, plus longtemps aussi chez les très jeunes animaux que chez les adultes. Lorsque ces mouvements spontanés ont cessé, le cœur est alors tout à fait analogue à un fragment de muscle ordinaire ; on peut le faire contracter encore pendant un temps variable (dépendant surtout de la température ambiante), en stimulant directement la fibre charnue à l’aide des excitants mécaniques, chimiques et surtout galvaniques.

Revenons à l’animal vivant. Le cœur n’est pas un muscle comme un autre : non seulement ses contractions ne peuvent pas être mises en jeu sous l’influence de notre volonté, mais il n’a point d’intermittences d’action prolongées ana-

1 Quand la vie a cessé, et que la mort est réelle (après la décapitation d’un animal, par exemple), le cœur continue donc encore à battre quelque temps dans l’intérieur de la poitrine. C'est ce qu’on peut constater dans toutes les vivisections.

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