CHAPITRE IV. RESPIRATION
Petit pectoral. — Ce muscle est mieux disposé pour concourir au mouvement d’élévation des côtes. Il se fixe, d’un côté, à l’apophyse coracoïde de l’omoplate, et, de l’autre, à la face externe et au bord supérieur des troisième, quatrième et cinquième côtes (Voy. fig. 76). Ce muscle peut agir dans l’inspiration par tous ses faisceaux.
Grand dorsal. — Parmi les faisceaux du grand dorsal, ceux qui s’insèrent aux apophyses épineuses des sept dernières vertèbres dorsales, aux apophyses épineuses des vertèbres lombaires, au sacrum et à la crête iliaque, ne peuvent pas être considérés comme inspirateurs. Mais les faisceaux qui se fixent par autant de languettes aux quatre dernières côtes, et, d’autre part, à la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale de l’humérus, peuvent concourir aux mouvements forcés d’inspiration lorsque le bras est fixé, et surtout lorsqu’en même temps l’épaule est soulevée.
Sterno-cléido-mastoïdien. — Ce muscle (Voy. fig. 76), qui s’insère, d’une part, à l’apophyse mastoïdienne du temporal, et, d’autre part, à la partie supérieure du sternum et à la partie interne du bord postérieur de la clavicule, peut aussi agir dans l’inspiration en élevant la clavicule et le sternum lorsque la tête est fixée.
S terno- hyoïdiens et sterno -thyroïdiens. — Ces muscles peuvent entrer en jeu dans les inspirations très laborieuses, lorsque l’os hyoïde et le cartilage thyroïde sont fixés par la contraction des muscles sus-hyoïdiens.
Un grand nombre d’autres muscles agissent dans les fortes inspirations pour maintenir la fixité des pièces osseuses sur lesquelles les muscles précédents viennent s’insérer. Tels sont, entre autres, le trapèze, le rhomboïde, Y angulaire de ‘l'omoplate, le splénius, les complexus, les grands et petits droits postérieurs de la tête, les muscles de la région sus- hyoïdienne, etc.
Du poumon pendant l’inspiration. — Le poumon est tout à fait passif pendant l’inspiration. Les puissances musculaires qui déterminent l’agrandissement en tous sens de la cage thoracique sont les causes médiates de la dilatation du poumon lui-même. Cet organe, contenu en effet dans une cavité qu’il remplit entièrement, suit les mouvements d’ampliation de cette cavité, contre laquelle il est partout appliqué. L’espace qui sépare le poumon de la plèvre pariétale, c’est-à-dire la cavité des plèvres, étant vide d’air, le poumon suit les parois thoraciques pendant l’inspiration, comme s’il faisait corps avec elles. Lorsque la cavité des deux plèvres communique largement au dehors par des ouvertures ou des plaies qui établissent une communication avec l’air extérieur, les phénomènes de la dilatation de la cage thoracique ont lieu encore par l’intermédiaire des muscles de l’inspiration ; mais le poumon, ayant sa surface aérienne et sa surface pleurale comprises entre deux pressions égales, reste immobile ; il ne suit plus les mouvements d’ampliation de la poitrine, les phénomènes delà respiration sont profondément troublés, et si l’ouverture
. que l’insertion humérale, le grand pectoral peut être considéré comme inspirateur par tous scs faisceaux.
Béclard, 7e édition. 2 3
est béante et porte sur les deux côtés de la poitrine, l’asphyxie survient promptement.
A chaque mouvement d’inspiration, le poumon se trouve donc dilaté en tous sens, comme la cavité qui le contient. Au moment de l’inspiration ou de l’ampliation du poumon, la cage thoracique se soulevant tandis que le diaphragme
Fig. 77. — Les poumons vus par derrière.
a, poumon gauche. g, l’isthme du gosier.
b, poumon droit. j, ouvertures postérieures des fosses nasales.
c, le cœur entouré du péricarde. k, artère carotide et veine jugulaire interne.
d, trachée-artère vue en arrière. I , voile du palais.
/“, ouverture supérieure du larynx surmontée de l’épiglotte, m, m, diaphragme.
s’abaisse, le poumon glisse le long des parois thoraciques. Ce glissement a lieu entre la membrane séreuse qui recouvre la face extérieure du poumon et celle qui revêt la paroi intérieure de la poitrine. Ce mouvement de locomotion du poumon peut être facilement aperçu sur un animal vivant auquel on a enlevé les téguments et les muscles intercostaux, en respectant la plèvre pariétale. A