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DE L’EXPIRATION

Agents «le l’expiration. — L’expiration est généralement moins laborieuse que l’inspiration. Dans les phénomènes ordinaires de la respiration, le retour au repos des agents actifs de l’inspiration et l’élasticité des poumons suffisent, en grande partie, pour la déterminer. Le cadavre, sur lequel le jeu des puissances musculaires a cessé, est à l'état d' expiration.

Mais l’expiration nécessite souvent l’intervention de puissances actives. Ainsi, dans les expirations profondes et prolongées, les muscles dits expirateurs agissent en sens opposé des muscles inspirateurs, et peuvent diminuer les divers diamètres de la poitrine. Dans beaucoup de circonstances, l’expiration devient un phénomène complexe et nécessite, d’une manière évidente, l’intervention de puissances musculaires variées. Tels sont les efforts de la phonation et du chant, dans lesquels le courant de sortie de l’air est gradué, retardé, accéléré, etc. ; tels sont les efforts violents des excrétions, de l’exercice musculaire, etc., dans lesquels l’air peut être momentanément conservé dans la poitrine

1 Pour suffoquer un cheval, il suffit donc de lui bouclier les narines ; un cheval peut ainsi mourir asphyxié la bouche largement ouverte.

dilatée, et d’où il s'échappe ensuite brusquement, quand l’effort a cessé. Tels sont encore une foule d’autres actes, tels que le bâillement, la toux, le rire, l’éternument, etc., dans lesquels interviennent les agents de l’expiration et ceux de l’inspiration, et sur lesquels nous reviendrons plus loin.

Du poumon pendant l’expiration. — De l’élasticité du poumon et de ses effets dans l’inspiration et l’expiration. — Le poumon, avons-nous dit, est tout à fait passif pendant l’inspiration. Il agit, au contraire, d’une manière directe au moment de l’expiration. Il revient sur lui-même en vertu de son élasticité.

On peut se convaincre aisément que le poumon est élastique. Il suffit pour cela d’insuffler, par la trachée, un poumon extrait du corps de l’animal. Le poumon se dilate sous l’effort de l’air ; mais il revient brusquement sur luimême aussitôt que l’insufflation a cessé.

La propriété. élastique du poumon, étant une propriété de tissu, existe dans tous les moments de la respiration, aussi bien au moment de l’inspiration qu’au moment de l'expiration. Mais cette élasticité ne peut entrer enjeu pour chasser l’air contenu dans la cavité pulmonaire que quand les puissances de l’inspiration qui ont lutté contre elle, et même qui l’ont surmontée temporairement, cessent d'agir. Le poumon qui, pendant l’inspiration, avait accompagné, en quelque sorte malgré lui, les parois pectorales, n’obéit librement à son élasticité qu’au moment de l’expiration : il revient sur lui-même, et chasse l’air que l’inspiration avait fait pénétrer dans son intérieur.

Le mouvement de retrait du poumon est borné par les dimensions de la cage thoracique, qui ne peut diminuer que dans certaines limites. Lorsque la poitrine est revenue sur elle-même (en vertu de la cessation d’action des muscles inspirateurs, et même en vertu de l’action surajoutée des muscles expirateurs), le poumon n’a pas encore épuisé toute son élasticité. Il diminuerait encore de volume si la cage thoracique, contre laquelle il est maintenu par le vide des plèvres, était capable de diminuer encore. Le poumon est donc toujours dans une sorte de tension forcée, môme au moment de l’expiration, même sur le •cadavre. Le fait peut être mis en évidence par une expérience très simple : lorsqu’on ouvre la poitrine d’un cadavre et qu’on établit ainsi l’équilibre des pressions entre la surface pleurale et la surface muqueuse des poumons, rien ne gêne plus l’élasticité pulmonaire, et le poumon, quoique à l’état d’expiration, revient encore sur lui-même d’une certaine quantité. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire l’ouverture de la poitrine, le cadavre étant sous l’eau; le retrait élastique du poumon chasse au dehors des bulles d’air qui s’échappent par la bouche et par les fosses nasales du cadavre et qui viennent éclater à la surface du liquide.

L’élasticité du poumon n’est donc jamais complètement satisfaite sur l’animal vivant, et cela assure l’énergie et la régularité de son mouvement de retour pendant l’expiration. C’est ainsi que, dans nos machines, un ressort agit avec plus de précision et d’uniformité lorsqu’on ne le laisse jamais agir jusqu’à sa limite de rétraction.

M. Donders a mesuré la force élastique que possède encore le poumon alors

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