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CHAPITRE IV. RESPIRATION

qu’il est revenu sur lui-même au moment de l’expiration. A cet effet, il met à mort un animal ; il adapte à la trachée un tube recourbé contenant de l’eau ou du [mercure, après quoi il ouvre largement les deux côtés de la poitrine : les poumons obéissent librement à leur élasticité, l’air qu’ils contiennent presse sur le liquide contenu dans le tube recourbé, la colonne liquide s’élève du côté de

Fig. 16. — Le poumon \u de profil.

a, b, c , les trois lobes du poumon /*, clavicule coupée.

droit. g , la première côte.

d, plèvre pariétale coupée. h , artère carotide.

j, artère vertébrale.

Je, artère sous-clavière. /, corps thyroïde.

la branche libre et représente la tension de l’air contenu dans le poumon ; cette tension sert de mesure à la force élastique du poumon. D’après une série d’expériences tentées sur des cadavres d’animaux et sur des cadavres humains, M. Donders conclut que la force élastique du poumon, après l’expiration, fait encore équilibre à une colonne mercurielle de 6 millimètres d’élévation. Quand le poumon est distendu par de l’air insufflé, lorsqu’en un mot on a bandé au maximum ses éléments élastiques, son élasticité fait équilibre à une colonne

mercurielle de 18 millimètres de hauteur environ. Voilà pourquoi le courant d’air de l'expiration est plus rapide au commencement qu’à la fin de l’expiration.

Il résulte de ce qui précède que les puissances actives de l’inspiration, c’est-àdire les muscles inspirateurs, ont à vaincre des résistances de plusieurs sortes. En premier lieu, il faut que leur contraction surmonte la force élastique du poumon, c’est-à-dire une force qui va sans cesse en croissant à mesure que l’inspiration est plus avancée. Cette résistance élastique du poumon que les muscles de l’inspiration doivent surmonter peut être évaluée, au début de l’inspiration, au poids d’une colonne mercurielle qui aurait 6 millimètres d’élévation et qui aurait pour base la surface des poumons (ou la surface de la cavité pectorale, contre laquelle les poumons sont appliqués). A la fin d’une inspiration profonde, les muscles de l’inspiration feraient équilibre à une force beaucoup plus grande, qu’on peut évaluer à une colonne de mercure de même base, mais trois fois plus haute. Dans les mouvements ordinaires de la respiration, on peut estimer que la force élastique des poumons fait équilibre seulement à une colonne de mercure de 10 millimètres environ à la fin de l’inspiration. D’où il suit qu’on peut évaluer à une colonne de mercure de 8 millimètres en moyenne, pendant toute la durée de l’inspiration, l’effort que les muscles inspirateurs ont à surmonter pour vaincre l’élasticité des poumons; et cette colonne de 8 millimètres de mercure aurait pour base la surface entière du thorax, évaluée à 2,730 centimètres carrés. Telle est la première résistance qu’ont à vaincre les muscles, de l’inspiration.

En second lieu, au moment de l’inspiration, et par suite de la tendance au vide en vertu de laquelle l’air est attiré dans la poitrine par la bouche et les fosses nasales, l’atmosphère exerce extérieurement sur la surface du thorax une certaine pression l. Cette pression dépend de la différence qui existe, à chaque moment, entre la pression atmosphérique et la tension élastique de l’air contenu dans la poitrine. Cette différence peut être appréciée à l’aide d’un manomètre à mercure appliqué aux fosses nasales, ainsi que l’ont fait MM. Valentin et Hutchinson. Or, dans un mouvement d’inspiration calme, on peut, d’après M. Valentin, estimer, en moyenne, cette différence à une colonne mercurielle qui aurait 5 millimètres de hauteur et pour base la surface totale du thorax2. Telle est la seconde résistance que les muscles de l’inspiration ont à vaincre.

11 faut encore ajouter à cela la résistance naturelle des parois thoraciques et des cartilages costaux. D’où il résulte que, dans les mouvements ordinaires de l’inspiration, les muscles inspirateurs ont à vaincre des résistances nombreuses et variées.

D’après les détails dans lesquels nous venons d’entrer, on peut se rendre compte de ce qui arrive lorsqu’on fait une large plaie à la poitrine d’un animal vivant. Il y a alors équilibre entre la surface intérieure et la surface extérieure des poumons. Cet organe n’est plus maintenu contre la paroi pectorale, puis-

1 Cette pression est accusée, au moment de l’inspiration, par une légère dépression dans les espaces intercostaux.

2 Dans les mouvements exagérés d'inspiration, la résistance élastique des poumons d’une part, et d’autre part la différence entre la pression atmosphérique et la tension élastique de l’air contenu dans les poumons, augmentent dans des proportions considérables.

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