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CHAPITRE IV. RESPIRATION

que le vide des plèvres n’existe plus. Le poumon obéit en toute liberté à son élasticité, il se retire sur lui-même et devient immobile. Il ne peut plus être dilaté au moment de l’inspiration, car il ne suit plus les parois de la cavité thoracique qui le contient. Il ne revient plus sur lui-même au moment de l’expiration, car son élasticité n’a pas été mise en jeu par sa distension excentrique. Si les deux côtés de la poitrine étaient largement ouverts, l’asphyxie serait imminente. Il est rare, heureusement, que les deux côtés de la poitrine soient largement et simultanément ouverts, et le côté sain supplée aux fonctions du côté lésé.

Lorsque l’ouverture est peu étendue, l’épanchement qui se fait entre les lèvres de la plaie rend la suspension du jeu du poumon moins complète et prépare la guérison. Dans les plaies de poitrine qui ne sont oblitérées ni par des épanchements, ni par le rapprochement des lèvres de la plaie, ni par les pièces de pansement, l’air entre et sort par la plaie à chaque mouvement d’inspiration et d’expiration. La cage pectorale est alternativement augmentée et diminuée par le jeu des muscles, mais le poumon du même côté ne prend qu’une faible part à la respiration. L’entrée et la sortie de l’air sont souvent accompagnées d’un bruit de sifflement qui indique le passage de l’air par l’ouverture. Ce bruit est surtout marqué au moment de l’inspiration, laquelle est plus rapide et plus énergique que l’expiration.

§ 123 bis.

Contractilité des bronches. — Le poumon n’est pas seulement élastique. Les conduits dans lesquels circule l’air sont pourvus de fibres contractiles, de nature musculaire. La couche des fibres musculaires lisses est disposée circulairement, on trouve ces fibres musculaires dans la partie des bronches où existent les anneaux cartilagineux et là aussi où ces anneaux n’existent plus. Mais loin d’aller en augmentant à mesure qu’on s’approche des lobules pulmonaires ces fibres vont en se raréfiant, et au niveau des vésicules pulmonaires elles n’existent plus.

On peut mettre en évidence la contractilité des bronches à l’aide du galvanisme. Les petites bronches se prêtent mieux que les grandes à ce genre d’expériences. On peut, à l’exemple de M. Williams, rendre le fait plus évident, en multipliant, pour ainsi dire, le phénomène. A cet effet on prend un poumon sur un chien qu’on vient de mettre à mort, on lie la bronche principale de ce poumon sur un tube métallique, puis, suspendant verticalement le poumon (Voy. fig. 79 page suiv.), on remplit d’eau colorée le poumon et le tube, dont la partie supérieure est en verre et graduée. Cela fait, on dirige un courant galvanique puissant ou un courant d’induction au travers du poumon, en appliquant l’un des pôles de la pile ou de l’appareil inducteur sur la surface du poumon, et l’autre pôle sur la partie métallique du tube. Le liquide contenu dans le poumon ne tarde pas à s’élever dans le tube gradué, poussé vers le haut par la contraction des bronches stimulées par le courant.

Il faut dire, toutefois, que l’expérience de M. Williams telle qu’elle est représentée figure 79, ne donne pas toujours des résultats appréciables. L’eau qu’on introduit dans l’intérieur de l’organe respiratoire tend en effet à s’abaisser par infiltration dans le tissu du poumon et par évaporation continue à la sur-

face pulmonaire; il y a par suite dans le tube d’ascension une descente continue du liquide qui masque le résultat. Le procédé de M. Bert est beaucoup plus démonstratif et doit être préféré : il consiste à placer le poumon extrait

du corps' de l’animal vivant non pas à l’état de suspension, mais à plat sur la table. On lie la trachée sur un tube métallique, et ce tube est mis en communication à l’aide d’un tube de caoutchouc avec un tambour polygraphe.

On fait alorspasser à travers le poumon un courant d’induction suivant la méthode de M. Williams. L’air contenu dans le poumon se trouvant comprimé soulève lentement le levier du tambour, et révèle ainsi les contractions de la couche musculaire des bronches.

Ajoutons qu’il n’est pas nécessaire d'enlever les poumons hors de la cavité thoracique de l’animal qu’on vient de mettre à mort. Elle réussit encore mieux, lorsque la poitrine étant largement ouverte, on laisse les poumons en place. C’est aussi ce que font remarquer MM. L. Gerlacb et Mac-Gillavry.

La contractilité des bronches estsous la dépendance des nerfs pneumogastriques. L’excitation de ces nerfs entraîne les mêmes effets que l’excitation di recte du poumon *.

La contraction des bronches est lente, successive, comme celle des muscles Fig- 79. de la vie organique, ou muscles à fibres

lisses. Il n’est pas probable, dès lors, qu’elle se manifeste d’une manière rhythmique à chaque mouvement respiratoire 1 2.

Des muscles qui agissent dans l’expiration. — Parmi] les muscles expirateurs, il faut ranger les muscles intercostaux internes (voy. § 119). La contrac-

1 L’influence des nerfs pneumogastriques sur la contractilité des bronches a été niée par M. Rügenberg. Cet expérimentateur, qui laissait les poumons en place dans la poitrine et disposait l’expérience suivant la méthode de M. Williams, avait bien remarqué l’ascension du liquide dans le tube de l’appareil lorsqu’il excitait les nerfs pneumogastriques, mais il attribuait cette ascension à la compression sous-diaphragmatique de l’estomac qui tend à remonter en ce moment sous l’influence de la contraction des fibres longitudinales de l’œsophage. Les expériences sur les poumons extraits hors de la poitrine ne permettent plus cette interprétation, ou tout au moins démontrent que les résultats obtenus d’après le procédé de M. Rügenberg sont complexes.

2 M. Cadiat a récemment émis la pensée que la contractilité des bronches agit à chaque mouve-

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