SECTION III
l'Iiénoiuènes niéraniques «le la «li ses lion.
Préhension «les aliments solides. — L’homme ])OlTC les aliments U Sit bouche au moyen du membre supérieur. Les diverses pièces dont se compose ce membre sont disposées de telle sorte, que leur mouvement de flexion dirige naturellement la main vers la bouche. Dans la plupart des cas, la tête s’incline légèrement sur la colonne vertébrale et se dirige vers l’aliment.
Lorsque F aliment est disproportionné par son volume avec la cavité dans laquelle il doit être introduit, nous le divisons soit à l’aide de la main, soit à l’aide de moyens mécaniques appropriés. Quelquefois les dents interviennent à cet effet : la substance, saisie et pressée entre les mâchoires, est tirée en sens contraire par le membre supérieur, dans le but d’opérer cette division préliminaire. L’homme peut aussi saisir directement ses aliments avec la bouche : mais ses dents verticales et la saillie du nez et du menton rendent ce mode de préhension, si commun chez les animaux, assez difficile pour lui; aussi n’y a-t-il recours que dans le cas où le libre usage de scs membres lui fait défaut.
Beri-hc5»sîon «les aliments ii«jni«ies. — Ce mode de préhension est plus compliqué, et la plupart du temps la pression atmosphérique intervient.
L’enfant qui tète saisit avec ses lèvres le mamelon de sa nourrice, puis il opère le vide dans l’intérieur de la cavité buccale, et la pression atmosphérique qui s’exerce à la surface de la mamelle chasse le lait dans la bouche. La bouche de l’enfant joue donc le rôle d’une pompe aspirante. La bouche, en effet, représente le corps de pompe, et il y a dans la bouche un organe mobile, la langue, qui la remplit alors entièrement, et qui, agissant à la manière d’un piston, par des mouvements d’avant en arrière, complète le'jeu de pompe ou de ventouse. Pour que le vide puisse s’établir dans la bouche, il est évident qu’elle doit être parfaitement close en arrière. Le voile du palais, appliqué sur la base de la langue, interrompt toutes communications entre la bouche et le pharynx ; aussi le passage de l’air continue librement par le nez, pendant la succion. La respiration ne cesse, pour un instant, que lorsqu'il y a dans la bouche une quantité de liquide suffisante. L’enfant en opère alors la déglutition ; après quoi, le voile du palais intercepte de nouveau la communication entre la bouche et le pharynx, et la succion recommence.
L’homme se sert le plus souvent, pour introduire les liquides dans la bouche, de vases appropriés à cet usage. Quand il boit à l’aide d’un verre ou d’une tasse, l’introduction s’opère par un mécanisme tout à fait semblable au précédent, à la
condition que ses lèvres soient complètement baignées par le liquide. En vertu de la pression atmosphérique, le liquide pénètre dans le vide que lui préparent incessamment la langue et les parois contractiles de la bouche. C'est encore en vertu de la pression atmosphérique extérieure et du vide préalablement formé dans la cavité buccale que le liquide pénètre dans la bouche d’un homme qui boit couché sur le bord d’un ruisseau et les lèvres immergées dans l’eau. Les chevaux, les bœufs boivent exactement de même : l’ouverture de leur bouche baigne complètement dans l’eau, ou du moins les commissures qui ne baignent pas sont complètement fermées.
Lorsque l’homme boit à l’aide d’un verre, et que les lèvres ne sont pas exactement baignées, on entend un bruit ou gargouillement qui indique qu’il y a de l'air attiré avec le liquide dans l’intérieur de la cavité buccale. Le même phénomène se produit aussi lorsque le contenu du vase est insuffisant pour baigner les lèvres. 11 se produit encore lorsque nous cherchons à introduire dans la bouche, à l’aide de la cuiller, un liquide chaud : de là le bruit qu’on fait presque toujours en mangeant le potage. Dans tous ces cas, le mécanisme de l’introduction des boissons diffère de celui de la succion. Il ne se forme plus de vide dans la bouche, car il y a inspiration, c’est-à-dire courant d’air vers les poumons; par conséquent, la cavité buccale n’est plus fermée, en arrière, par le voile du palais. Le vide n’existant plus dans la bouche, la pression atmosphérique n’intervient pas ici. Dans les conditions actuelles, les liquides sont humés , c’est-à-dire qu'ils sont entraînés dans la bouche à l'aide d’un courant d’air (déterminé par un mouvement d’inspiration), dont la vitesse est accrue à l’ouverture de la bouche par le rapprochement des lèvres. Le liquide n’est pas immédiatement porté dans le pharynx, car le courant d’air l’entraînerait aussi dans le larynx ; en vertu de son poids, il se rassemble dans les parties déclives de la bouche. Des mouvements de déglutition le font passer successivement dans le pharynx, lorsque la quantité accumulée dans la bouche est suffisante. On conçoit néanmoins que, dans l’action de hnmer, il arrive quelquefois qu’une certaine portion du liquide pénètre anormalement dans l’intérieur du larynx, où elle donne lieu à une suffocation passagère et à des efforts de toux.
11 est enfin des cas où les liquides sont directement versés dans la bouche. Toutes les fois que la bouche, largement ouverte, reçoit la cuiller, le contenu de celle-ci y est simplement versé. La même chose a lieu encore lorsque, la bouche grande ouverte, nous recevons le liquide d’une bouteille ou d’un verre, lorsque, en un mot, nous buvons, comme l’on dit, à la régalade. Dans ce dernier cas, pas plus que dans les autres modes de préhension, le liquide ne pénètre d’emblée dans le pharynx, comme on pourrait le croire. Le voile du palais s’applique alors contre la base de la langue, et ferme en arrière la cavité de la bouche. Cette cavité, ainsi fermée, se remplit d’abord, et le liquide ne parvient dans le pharynx que par un nouvel ordre de mouvements, par des mouvements de déglutition.
Mastication. — Les aliments introduits dans l’intérieur de la cavité buccale sont soumis à l’action des mâchoires et des dents. La mastication a pour but de diviser les aliments solides, afin qu'ils puissent être attaqués plus facilement par les liquides du tube digestif, non-seulement dans l'intérieur de la bouche, mais
CHAP. I. DIGESTION
dans toutes les parties de l’intestin. La viande et les matières azotées sont plus facilement digérées dans l’estomac, lorsqu’elles ont été préalablement soumises à la mastication. Les digestions artificielles, faites à l’aide du suc gastrique et en dehors du corps de l’animal, ont démontré que le travail de dissolution ou de digestion des substances animales marche plus vite lorsqu’elles sont divisées en fragments très-petits.
C’est surtout pour les aliments tirés du règne végétal que la mastication est indispensable. La plupart des matières nutritives que contiennent les végétaux sont renfermées dans des enveloppes, en général réfractaires aux liquides digestifs. Ces enveloppes doivent être brisées par les dents, pour livrer passage à la matière alimentaire. Les animaux qui vivent de végétaux (de grains et de fourrages par exemple) mâchent plus longtemps leurs aliments que les carnivores, dont l’appareil masticateur puissant est disposé surtout pour saisir et déchirer la proie. Les vieux chevaux, dont les dents sont usées, seraient menacés de périr par insuffisance d’alimentation, si l’on n’avait soin de diviser le fourrage et de broyer le grain.
La cuisson, à laquelle l'homme soumet la plupart du temps les aliments végétaux, contribue pour sa part à rendre le travail de la mastication plus efficace, car elle ramollit ou fait éclater les enveloppes insolubles des diverses fécules. Mais elle a besoin néanmoins d’être secondée par le travail de la mastication, et il n’est pas rare de rencontrer encore entiers des pois, des lentilles et des haricots dans les matières fécales des vieillards qui ont perdu leurs dents.
La régularité des fonctions digestives dépend, plus souvent qu’on ne le pense, d’une mastication complète. Les personnes qui ont des digestions difficiles en connaissent bien l’importance.
La mastication a encore un autre but chez l'homme, c’est de préparer l’aliment à la déglutition. Il est des animaux qui avalent leur proie tout entière; l’homme, au contraire, ne peut faire passer l’aliment dans son gosier qu’à la condition de le diviser en un certain nombre de fragments, proportionnés, par leur volume, aux voies qu’ils doivent parcourir.
La mastication est opérée par les dents; les dents, supportées par les mâchoires, se meuvent avec elles : les mâchoires sont mises en mouvement par des muscles. Les joues, les lèvres, la voûte palatine et la langue jouent aussi un rôle important, et concourent, chacune à sa manière, au résultat.
Rôle «u*s «lents. — Les dents sont constituées par des masses dures, résistantes, destinées à diviser et à broyer les substances alimentaires, sans que les chocs et les pressions qui en résultent soient douloureusement ressentis. Ce n’est pas à dire cependant que les dents soient insensibles. Elles ont, au contraire, la propriété de sentir, même avec une certaine délicatesse, la consistance et le degré de température des substances introduites dans la bouche. Les dents sont pourvues à cet effet, dans leur cavité intérieure, d’une pulpe celluleuse qui reçoit ses nerfs sensitifs de la branche maxillaire inférieure du nerf de la cinquième paire. Les dents sentent également bien le degré de solidité des matières sur lesquelles elles agissent, et proportionnent ainsi l’énergie de l’action musculaire aux résistances qu’elles ont à vaincre.
Si la pression des dents de l’arcade maxillaire supérieure contre celles de l'arcade maxillaire inférieure, ou contre la substance solide sur laquelle elles agissent, n’est pas douloureusement ressentie, cela tient à leur mode d’articulation. La dent, pressée perpendiculairement contre l’alvéole, n'a aucune tendance à céder dans cette direction, car elle forme une sorte de pyramide, dont la base évasée est au dehors, et qui ne peut point s’enfoncer dans une cavité plus petite qu’elle. La dent ne pourrait céder et comprimer douloureusement la pulpe nerveuse qu’à la condition de faire éclater l’alvéole. On ne doit donc pas s’étonner si la mastication est douloureuse sur les dents qui branlent. Dans ce dernier cas, la dent n’est plus rigoureusement embrassée par le bord alvéolaire : lorsqu’elle est pressée contre le maxillaire, elle cède, s’enfonce, et comprime douloureusement la pulpe nerveuse.
La partie libre de la dent, ou la couronne, est enveloppée de toutes parts par une substance protectrice ou émail. Cette substance, extrêmement résistante, protège les dents contre l’usure, que le jeu des mâchoires les unes contre les autres tend à amener à la longue. L’émail est cependant, en général, impuissant à lutter contre les causes qui tendent à le détruire. A un certain âge, la surface triturante des dents est presque toujours plus ou moins privée de sa couche émaillée.
Sur beaucoup de dents de mammifères, l’émail ne se borne pas à recouvrir l’ivoire de la couronne ; l’émail forme en quelque sorte des replis intérieurs dans l’épaisseur de 1 ivoire, de manière que, si l’on pratique des coupes horizontales sur les dents de cette espèce, la section divise à la fois des lames d’ivoire et des lames d’émail. Les dents qui présentent cette disposition sont désignées sous le nom de dents composées , par opposition aux dents de l’homme et aux dents analogues aux siennes, et qu’on nomme dents simples. On observe des dents composées chez la plupart des animaux herbivores, chez lesquels le broiement est à peu près le seul mode de division des aliments. Cette disposition rend évidemment l'usure des dents plus lente, puisque les replis de l’émail entrent de champ dans l’épaisseur de la couronne. Malgré cette disposition protectrice, l’usure de la couronne des dents n’en est pas moins un fait naturel chez les ruminants et les solipèdes. 11 est vrai que la racine continue à croître et se porte au dehors, pour suppléer en partie la couronne détruite. C’est pour cette raison que l’inspection des dents fournit sur l’àge approximatif de ces animaux des renseignements assez précis.
La forme des dents est appropriée à leurs usages. Les incisives n’ont point, à proprement parler, de surface de mastication. Ce sont des lames qui coupent, en sereneontrant, à la manière des ciseaux. Les canines n’ont point chez l’homme d’usage bien caractérisé, car elles dépassent à peine le niveau des autres dents. Elles jouent cependant un rôle dans la mastication des substances élastiques (tendons, ligaments), très-réfractaires à l’action des mâchoires, en perforant et en dissociant ces substances. On se sert encore des dents canines pour briser des corps résistants. La dent canine étant pointue, la pression qu’elle exerce est énergique, parce qu’elle est concentrée en un point, au lieu d'être répartie sur une surface, comme pour les molaires. Les molaires présentent de véritables surfaces de mastication; ce sont elles, à proprement parler, qui mâchent les aliments.
CHAP. I. DIGESTION
Mouvement des mâchoires. — Mouvement d'abaissement du maxillaire inférieur. — Les dents sont mises en mouvement par les mâchoires, avec lesquelles elles sont solidement articulées. Chez l’homme, la mâchoire supérieure fait corps avec les os de la tète, et ne peut être mue qu’avec la tête elle-même. La mâchoire inférieure, au contraire, s’éloigne ou se rapproche de la mâchoire supérieure à 1 aide d'une articulation mobile. La catité articulaire, qui reçoit le condyle du maxillaire inférieur, est creusée sur l’os temporal, derrière la racine transverse de l’apophyse zygomatique. Cette cavité, plus grande que le condyle articulaire du maxillaire qu’elle reçoit, permet à ce condyle de se déplacer dans les divers mouvements de la mâchoire. La direction des condyles du maxillaire inférieur est intimement liée avec la nature des mouvements que cet os peut exécuter. Chez l’homme, ces condyles ne sont dirigés ni horizontalement, comme chez les carnassiers, ni dans le sens antéro-postérieur, comme chez les rongeurs; ils ne sont point non plus constitués par des surfaces à peu près planes, comme chez les ruminants; chez l’homme, la direction et la forme des condyles tiennent de toutes celles dont nous venons de parler : l’homme est donc à la fois herbivore et carnivore, non- seulement par ses dents, mais encore par ses mâchoires 1 (Voy. § 58).
Le condyle articulaire de la mâchoire inférieure de l’homme est oblique de dehors en dedans et d’avant en arrière : cette obliquité est telle, qu’elle est bien plus voisine de la direction transversale que de la direction antéro-postérieure.
La mâchoire inférieure, par son élévation et son abaissement, détermine les divers changements qui surviennent pendant la mastication dans les dimensions verticales de la bouche. La mâchoire supérieure, fixée à la tête, est immobile. Mais il est aisé de se convaincre, en observant attentivement une personne qui mange, qu’à chaque mouvement d’abaissement de la mâchoire inférieure correspond, du côté de la tête, un mouvement de flexion en arrière sur le cou, de manière que le maxillaire supérieur est entraîné en haut, avec la tête tout entière, par un mouvement qui s’exécute dans l’articulation de la tête avec la colonne vertébrale Ce mouvement de totalité de la tête, qu’on peut supprimer à volonté, ne concourt d’ailleurs que pour une faible part dans l’écartement des mâchoires, presque entièrement déterminé par l’abaissement du maxillaire inférieur. Le maxillaire inférieur peut encore exécuter d’autres mouvements <pie ceux d’abaissement et d’élévation : il peut être porté à droite ou à gauche, il peut être attiré en avant et ramené en arrière. Les dents molaires n’exercent, en effet, leur action triturante qu’à la condition de frotter leurs surfaces de mastication les unes contre les autres.
Les- mouvements de l’os maxillaire inférieur présentent plusieurs particularités assez remarquables. Lorsque la mâchoire inférieure s’abaisse, le centre du mouvement n’est point, comme on serait tenté de le supposer, dans l’articulation temporo-maxillaire. 11 est aisé de s’assurer sur soi-même, en plaçant son doigt en avant du conduit auditif externe, que le condyle articulaire du maxil-
1 Chez l'homme, en effet, la mâchoire inférieure peut, s 'abaisser et s’élever, mais aussi se porter en avant et en arrière et exécuter des mouvements de latéralité.
laire inférieur placé dans la cavité glénoïde du temporal (Voy. fig. 1) abandonne la cavité glénoïde et se porte en avant (Voy. fig 2), à mesure que le menton s’a-
I’’ig- i-
Tète osseuse vue de profil, la bouche fermée; les deux arcades dentaires en contact; les condvles articulaires du maxillaire inférieur dans la cavité glénoïde du temporal.
Lorsque la bouche est largement ouverte, le condyle de la mâchoire inférieure tend à sortir de la cavité glénoïde, et s’avance en avant et en bas (Voy. fig. 2).
c, concis le articulaire surmonté de son ménisque. y , cavité glénoïde du temporal, ou cavité articulaire do l’articulation temporo-maxillairc.
m, muscle masséter.
/>, insertion du muscle temporal par l’apophyse coronoïde de l'os maxillaire inférieur.
baisse en se portant en arrière. Le centre du mouvement n’est donc point dans l’articulation. Le mouvement a lieu autour d’un axe fictif , qui traverserait les deux branches montantes du maxillaire inférieur au niveau du trou dentaire inférieur, c’est-à-dire vers la partie moyenne de la portion verticale de l’os maxillaire inférieur. Autour de cet axe comme centre, la partie supérieure de la branche montante du maxillaire décrit un arc de cercle en se dirigeant en avant, tandis que la partie du maxillaire sous-jacente à l’axe fictif dont nous parlons exécute un arc de cercle en sens contraire. La distance comprise entre l’axe du mouvement et les dents incisives l’emportant de beaucoup sur la distance de cet axe au condyle articulaire, il en résulte que l’arc de cercle décrit par les dents incisives est plus grand que celui qu’exécute le condyle articulaire. Aussi, pour un écartement de 3 centimètres entre les incisives, la course du condyle en avant (c’est-à-dire de g en c, fig. 2) est de t/2 centimètre environ.
On a souvent cherché pourquoi le centre du mouvement de la mâchoire inférieure, transporté hors de l’articulation, correspond précisément au niveau du trou dentaire par lequel s’engagent les vaisseaux et les nerfs dentaires inférieurs. M. P. Bérard a fourni, à cet égard, une explication basée sur la connaissance anatomique des parties, que l’expérience sur le cadavre justifie pleinement. On sait qu’indépendamment de la capsule d’articulation, qui retient assez lâchement le condyle articulaire du maxillaire inférieur dansla cavité glénoïde du temporal, d’autres ligaments accessoires, placés dans le voisinage, contribuent à la solidité de l’articulation. Tels sont les ligaments stylo -maxillaire et sphéno-maxillaire. Or, le ligament sphéno-maxillaire, qui s’insère en haut à l’épine du sphénoïde, vient se terminer en bas, en s’élargissant, à la lèvre épineuse dn trou
CHAP. I. DIGESTION
dentaire inférieur. Lorsque la mâchoire inférieure est tirée par en bas par ses muscles abaisseurs, le ligament sphéno-maxillaire inextensible transporte le centre tixe du mouvement au niveau de son insertion au trou dentaire, et dès lors le condyle articulaire de la mâchoire se meut en avant, à mesure que la mâchoire s’abaisse. La laxité de la capsule de l’articulation temporo-maxillaire, qui permet au condyle des mouvements assez étendus, et aussi la contraction du muscle ptérygoïdien externe, qui entraîne en avant le condyle, concourent également à ce résultat.
Le condyle articulaire, en se déplaçant en avant, dans les mouvements d’abaissement de la mâchoire, sort de la cavité glénoïde proprement dite, et se porte au-dessous delà racine transverse de l’apophyse zygomatique (Voy. fig.2). Au lieu de correspondre à une surface articulaire concave, comme l’est la cavité glénoïde, le condyle vient donc se mettre en rapport avec une surface convexe comme il l’est lui-même. Les accidents de luxation seraient dès lors imminents dans tous les mouvements de la mâchoire, s’il n’existait dans l’articulation un ménisque ou cartilage interarticulaire, tellement disposé que, dans tous les mouvements de la mâchoire, le condyle se trouve toujours correspondre à une surface concave, alors même qu’il est en rapport avec la racine transverse de l’apophyse zygomatique. A cet effet, le ménisque est biconcave. Dans l'état de repos de la mâchoire inférieure, il est couché obliquement entre la partie antérieure du condyle articulaire et la partie postérieure de la racine transverse de l’apophyse zygomatique. Lorsque la mâchoire s’abaisse, le condyle articulaire se porte en avant, et en même temps qu’il roule sur la surface concave du ménisque qui le regarde, ce ménisque lui-même glisse, par sa face concave opposée, sur la racine de l’apophyse zygomatique. Le ménisque interarticulaire accompagne par conséquent le condyle articulaire dans tous les moments de son déplacement, et lui présente toujours une surface concave deréception. Le mouvement du ménisque interarticulaire est d’ailleurs associé à celui du condyle par le muscle ptérygoïdien externe, qui non-seulement s’insère sur le col du condyle, mais aussi sur le ménisque luimême. Ce muscle entraîne donc à la fois en avant et le condyle et le ménisque.
I>es muscles qui meuvent les mâchoires, et «les autres mouvements «les mâchoires. — - Les muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure sont placés à la région sus -hyoïdienne. Ce sont : le ventre antérieur du digastrique , le génio-hyoïdien , le mylo-hyoïdien (Yoy. fîg. 3). Le ventre antérieur du digastrique s’insère d’une part à l’os hyoïde, de l’autre au maxillaire inférieur dans la fossette digastrique, au-dessous des apophyses géni. Le génio-hyoïdien s'insère d’une part au bord supérieur de l'os hyoïde, et de l’autre aux tubercules inférieurs des apophyses géni. Le mylo-hvoïdien (Yoy. aussi fig. 8, page 52) s’insère d’une part