‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 196 sur 429 · C. Thermomètre · texte numérisé non relu

C. Thermomètre

U. Virole intérieure perforée, destinée à fixer le thermomètre.

1 Spallanzani, Davy (1800), Provençal (18091, avaient noté que l’air expiré contient un peu moins d’azote que l’air inspiré. Plus tard, Berthollet (1809), Nysten (1811), Dulong (1823), Despretz (1824), Boussingault (1844), ayant noté une différence en sens contraire, les premiers résultats (peu nombreux d’ailleurs) furent considérés comme des erreurs d’analyse. Mais les recherches de MM. Régnault et Reiset, si précieuses sous le rapport de la rigueur des analyses gazeuses, montrèrent plus tard que l’exhalation d’une petite proportion d’azote est la règle. MM. Seegen et Nowak ont récemment vérifié les résultats de MM. Régnault et Reiset. Toujours, ils ont constaté un dégagement d’azote, sur le? animanx soumis à leur régime ordinaire : ce dégagement était proportionnel à la durée de l’expérience et au poids du corps. Le dégagement d’azote le plus faible s’est montré sur le lapin (5 milligrammes par heure, pour 1 kilogramme de poids du corps) ; chez les autres animaux mammifères il a oscillé, par heure, entre 7 et 9 milligrammes par kilogramme de poids.

2 La température du corps humain est en moyenne de + 37° (centigrades),

Béclard, 7e édition.

l’air expiré est à -f- 34°; quand la respiration se fait par le nez , l’air expiré est à + 35°.

La température de l’air expiré ne s’éloigne d’une manière notable de la température propre de l’individu que dans le cas où la respiration est artificiellement très accélérée. L’air n’a pas alors le temps de s’échauffer au contact du poumon.

De la Tapeur d’eau contenue dans l’air expiré. — L’air qui Sort du poumon à chaque expiration s’échappe chargé de vapeur d’eau. L’expérience de tous les jours le démontre clairement. Il suffit d’expirer pendant quelques instants sur une glace polie, pour que cette vapeur d’eau s’y condense sous forme de gouttelettes liquides. Lorsque la température extérieure est très basse, la vapeur de l’air expiré se condense, dans l’air, au moment même de sa sortie, et donne lieu à une sorte de brouillard, qui se dissipe bientôt en se répandant dans l’atmosphère.

La quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air expiré est liée de la manière la plus intime avec le degré de température des gaz de l’expiration.

Dans les respirations ordinaires l’air expiré sort à l’état de saturation 1 ou à un état extrêmement voisin de la saturation. Or, l’air expiré ayant, en moyenne, une température qui s’éloigne peu de -j- 33° à -f- 35°, la quantité de vapeur d’eau qu’il peut contenir est à peu près constante.

La quantité de vapeur d’eau émise par la respiration pourrait être évaluée en calculant la quantité de vapeur que contiendrait, à saturation , un volume d’air égal à celui de l’air expiré, supposé à une température moyenne de -f- 34°, en tenant compte, bien entendu, de l’état hygrométrique de l’air inspiré. L’air extérieur, c’est-à-dire l’air inspiré, ne contient pas toujours, en effet, une quantité égale et déterminée de vapeur d’eau; cette quantité, au contraire, est très variable, non seulement pour des températures diverses, mais encore pour une même température.

Il est plus simple d’évaluer d’une manière directe la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air expiré, en expirant dans un appareil à acide sulfurique ou dans un tube de Liebig analogue à celui employé pour le dosage de la vapeur d’eau contenue dans l’air atmosphérique (Voy. § 631). Pour que cette évaluation soit rigoureuse, il faut tenir compte de la pression barométrique et de l’état hygrométrique de l’air. Il faut encore avoir soin, dans les épreuves de ce genre, comme d’ailleurs dans toutes celles qui portent sur la respiration, de ne pas exagérer les mouvements respiratoires. C’est là, en effet, la cause d’erreur la plus fréquente. Ajoutons que la quantité de vapeur d’eau émise par la respiration, en un temps donné, varie avec la taille des individus, c'est-à-dire avec la capacité pulmonaire.

M. Valentin a fait sur lui-même, pendant deux années, un grand nombre d’expériences sous ce rapport. Il conclut de ses expériences qu’il perd, en vingtquatre heures, un peu moins de 400 grammes d’eau par le poumon. Mais

1 L’air est dit saturé de vapeur d’eau, lorsqu’il contient, pour une température déterminée, le maximum de vapeur qu’il peut contenir. Si l’on ajoute à de l’air saturé une nouvelle quantité de vapeur, celle-ci se condense immédiatement à l’état liquide. La quantité de vapeur qu’un même volume d’air peut tenir en dissolution augmente avec la température.

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