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CHAPITRE 1. DIGESTION

goïde. Quant à la luette, dont le rôle est sans doute de compléter l’occlusion entre la partie nasale et la partie buccale du pharynx, en venant s’interposer dans l’angle de rencontre des deux piliers postérieurs contractés, quant à la luette, dis je, ses mouvements d’élévation et de raccourcissement sont sous la dépendance des muscles palato-staphylins l.

Les mouvements par lesquels le pharynx rapproche sa partie postérieure contre le bord libre du voile du palais sont déterminés par la contraction des muscles qui diminuent l’aire de ce conduit, c’est-à-dire les constricteurs 2. A cet effet, les constricteurs prennent leurs points d’insertion fixe en avant : le supérieur sur les apophyses ptérygoïdes, le moyen à l’os hyoïde, et l’inférieur au cartilage thyroïde.

Le voile du palais reçoit ses nerfs de sensibilité du maxillaire supérieur, branche de la cinquième paire ou trijumeau. Le péristaphylin externe reçoit son filet moteur de la branche motrice de la cinquième paire, par l’intermédiaire du maxillaire inférieur. Les autres muscles du voile du palais reçoivent les leurs du ganglion sphéno-palatin et du plexus pharyngien. La membrane muqueuse du pharynx et les muscles du pharynx reçoivent leurs filets sensitifs et leurs filets moteurs du nerf glosso-pharyngien et du nerf pneumogastrique.

Le deuxième temps de la déglutition est extrêmement rapide et pour ainsi dire convulsif. Une fois que l'aliment a franchi l’isthme du gosier et qu’il est entré dans le larynx, l’action musculaire est devenue involontaire. La rapidité et l’automatisme du deuxième mouvement de la déglutition sont en quelque sorte commandés par les besoins impérieux de la respiration. Le pharynx en effet est une sorte de vestibule commun au tube digestif et au conduit respiratoire, et ne peut cesser d’être canal aérien que d’une manière intermittente et pendant de très-courts intervalles de temps.

Tout cet ensemble compliqué d’actions musculaires est mis en jeu par le stimulus aliment ou salive. Il débute aussitôt que l’agent de la stimulation a franchi l’isthme du gosier.

L’impression chemine vers les centres nerveux par les nerfs sensitifs ou centripètes de la région (trijumeau, glosso-pharyngien, pneumogastrique). L’incitation motrice éveillée dans le bulbe est renvoyée par l’intermédiaire des nerfs moteurs qui animent tous les muscles qui entrent enjeu. En d’autres termes, le second temps de la déglutition commence la série des mouvements réflexes en vertu desquels l’aliment va progresser désormais dans les autres portions du tube digestif (Voy. pour les détails § 344).

Troisième temps. — Le bol alimentaire, arrivé au commencement de l’oesophage, chemine dans ce conduit comme il cheminera dans les autres parties du tube digestif, en vertu du mouvement péristaltique. Le mouvement du bol alimentaire dans l’œsophage est favorisé par l'épaisseur de la tunique musculeuse de

1 Le muscl e palnto-staphylin est une petite bandelette musculaire placée près de la ligne moyenne et étendue de l’épine nasale postérieure à la base de la luette.

2 Les constricteurs du pharynx sont au nombre de trois. Le constricteur supérieur s’insère à l’aileron interne de l’apophyse ptérygoïde, à l’aponévrose buccinato-pharyngienne, et à la partie la plus reculée de la ligne mylo-hyoïdienne ; en arrière, les deux parties du muscle se réunissent sur un raphé médian. Le constricteur moyen s'insère aux grandes et petites cornes de l’os hyoïde ; en arrière, les deux parties du muscle se réunissent sur un raphé médian. Le constricteur inférieur s’insère à la ligne oblique du cartilage thyroïde, à la surface qui est en arrière de cette ligne, et sur les côtés du cartilage cricoïde ; en arrière, les deux parties du muscle se réunissent sur un raphé médian.

ce conduit. L’œsophage est remarquable aussi par l’épaisseur de l’épithélium (épithélium pavimenteuxstatifié) qui revêt sa membrane muqueuse : ce conduit se trouve ainsi protégé con tre la température souvent élevée des boissons, ou contre les aspérités des aliments incomplètement divisés par les dents. La pesanteur contribue à précipiter la marche du bol alimentaire dans l’œsophage, mais elle n’agit que très-accessoirement : c’est ce que prouvent et l’exemple des animaux, qui broutent la tête beaucoup plus basse que l’estomac, et celui des bateleurs, qui mangent et boivent la tête en bas. Les mouvements inspiratoires exercent sur la déglutition œsophagienne une influence accélératrice analogue à celle qu’ils exercent sur la circulation des gros troncs veineux de la poitrine. M. Goubeaux adapte un tube à l’œsophage d’un cheval, et il injecte par ce tube une grande quantité d’eau, de manière que le tube en reste rempli; les choses étant en cet état, on observe qu’à chaque mouvement d’inspiration le liquide s’abaisse dans le tube dans la direction de l’estomac.

Les mouvements de l’œsophage sont sous l’influence des nerfs pneumogastriques. Lorsque, par la section de ces nerfs, on a paralysé l’œsophage, celui-ci se distend énormément à mesure que les aliments pénètrent, sous l’influence de la déglutition et sous l’effort mécanique des dernières portions avalées.

es o le de la salive dans la déglutition. — La salive joue un rôle important dans les phénomènes mécaniques de la déglutition. Lorsque la salive fait défaut dans la bouche, les mouvements de déglutition deviennent pénibles, et il y faut suppléer par l’introduction des boissons. L’aliment ne rencontre pas seulement dans l’intérieur de la cavité buccale des glandes salivaires nombreuses, mais tous les points du canal qu’il parcourt contiennent des follicules simples ou composés, qui sécrètent abondamment pour faciliter son glissement. Parmi les follicules composés, les amygdales, situées derrière l’isthme du gosier, sont remarquables par leur volume.

M. Bernard a fait, relativement au rôle mécanique de la salive, des expériences curieuses. Il pratique une plaie à l’œsophage d’un cheval, vers sa partie inférieure, et lui donne une ration d'avoine. L’animal mange l’avoine, malgré l’opération : tous les quarts de minute, les bols alimentaires se succèdent et se présentent à la plaie, puis il coupe les deux conduits parotidiens, et détourne ainsi la salive parotidienne, qui ne s’écoule plus dans la bouche. La déglutition devient alors plus difficile et plus lente : les bols ne se succèdent plus qu’à des intervalles de plus en plus éloignés, et la déglutition finit peu à peu par se suspendre.

M. Bernard, qui a examiné séparément la salive fournie parles diverses glandes de la bouche, pense que la salive parotidienne et celle des glandules labiales et molaires, en raison de leur fluidité , sont principalement en rapport avec la mastication, c’est-à-dire avec l’imbibition de l’aliment au moment où il est broyé par les mâchoires ; tandis que la salive des glandes sous-maxillaires, sublinguales, et des glandules palatines, en raison de sa viscosité , rassemble (englue en quelque sorte) les parcelles de l’aliment sous forme de bol alimentaire, et entoure ce bol d’une couche adhérente et liquide en même temps, qui favorise son passage dans les voies de la déglutition. La salive des diverses glandes

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