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CHAPITRE IV. RESPIRATION

sur les parties transparentes des animaux vivants on les voit, dans leur passage au travers des vaisseaux de petit calibre, s’allonger, s’effiler, se couder, et reprendre ensuite leur forme première. Lorsqu’on les comprime sous le microscope, et que la pression n’est pas assez forte pour les faire éclater, on peut également constater cette propriété.

Les globules rouges ont une pesanteur spécifique de 1,089 d’après C. Schmidt, ou de 1,105 d’après Welcker. Cette pesanteur est supérieure à celle du plasma 1. Étant plus lourds que le liquide dans lequel ils sont contenus, ils tendent à descendre dans le sang extrait hors de ses vaisseaux, et ils gagneraient le fond du vase dans lequel on a reçu ce liquide, si les phénomènes de la coagulation qui débutent promptement n’y portaient obstacle.

Tout ce qui est capable de retarder la coagulation permet à cette propriété de se manifester plus ou moins complètement.

Lorsqu’on maintient le sang dans un bain-marie à la température de la glace ; lorsqu’on l’additionne de divers sels alcalins ; ou encore lorsqu’ayant compris un segment de veine ou d’artère entre deux ligatures, on suspend verticalement oe segment de vaisseau rempli de sang, après l’avoir excisé ; on constate que les globules rouges du sang se sont rassemblés plus ou moins complètement dans la partie déclive du caillot. Lorqu’on défibriné le sang à la sortie du vaisseau, opération qui a pour but d’empêcher la coagulation du sang, les globules gagnent aussi, peu à peu, le fond du vase.

Leucocytes. — Les globules blancs, globules incolores ou leucocytes méritent mieux que les hématies le nom de globules. Les leucocytes sont en effet non des disques, mais de véritables cellules, c’est-à-dire des sphères incolores, identiques aux globules de la lymphe. Les leucocytes d’ailleurs se rencontrent non seulement dans le sang et dans la lymphe, mais aussi dans la plupart des liquides qui renferment des éléments figurés, par exemple : dans les liquides allantoïdien, amniotique, encéphalo-rachidien, et dans les liquides des séreuses. A l’état normal ils n’y existent qu’en faible proportion ; mais ils peuvent s’y multiplier très rapidement par suite des processus pathologiques. Les leucocytes forment aussi l’élément essentiel du pus et des liquides épanchés entre les bords des solutions de continuité, dans la sérosité des vésicatoires, etc., liquides auxquels on donne souvent le nom de lymphe plastique.

Les leucocytes présentent une membrane d’enveloppe qui n’a pas été contestée; leur contour est net et foncé. Leur contenu offre un aspect granuleux. Ils possèdent généralement de 1 à 4 noyaux, qu’on ne distingue pas nettement sur le sang tout à fait frais. Pour les faire apparaître clairement, il faut traiter la préparation par l’eau ou par Ta. acétique 2.

Le nombre des noyaux est sans doute en rapport avec l’âge des leucocytes; les plus jeunes correspondent aux cellules à un seul noyau.

Le volume des leucocytes est un peu supérieur à celui des hématies. Chez l’homme ils ont de 0mm,008 à 0mm,009 de diamètre.

Les leucocytes sont beaucoup moins abondants dans le sang que les hématies. On peut estimer qu’en moyenne il y a dans le sang 1 leucocyte pour 1 000 hématies 3.

1 Ils sont aussi plus lourds que les Leucocytes ou globules blancs.

2 Lorsqu’on recueille sur le cadavre, et plus ou moins longtemps après la mort, les liquides de 'l’économie qui contiennent des leucocytes, les noyaux y sont toujours très visibles.

3 Le rapport moyen entre les- globules rouges et les globules blancs est considéré généralement

Lorsqu’on recueille le sang, non dans les vaisseaux des membres, mais dans les vaisseaux qui viennent de la rate ou du foie, ce rapport proportionnel n’est ordinairement pas le même. On peut rencontrer dans le sang de ces vaisseaux 1 leucocyte pour 300, pour 200 ou pour 100 hématies.

Il paraît y avoir aussi des variations physiologiques , dans le nombre comparé des hématies et des leucocytes. On a dit que le nombre proportionnel des leucocytes augmentait pendant la période digestive (dans les trois heures qui suivent le repas), après les hémorrhagies abondantes, et chez les femmes en état de gestation ; on a dit également que ce nombre diminuait pendant l’abstinence, dans la vieillesse comparée aux premières périodes de la vie. Tous ces points ont besoin de confirmation.

Ce qui est mieux démontré, ce sont les variations pathologiques de ce rapport. A la suite de diverses maladies (du foie, du système lymphatique, et peut-être des os), le sang présente une altération qu’on désigne sous le nom de Leucémie ou mieux de Leucocythémie . Cette altération est caractérisée parl’apparition dans le sang d’un nombre de leucocytes tout à fait anormal. Il peut y avoir 1 leucocyte pour 50 hématies, I leucocyte pour 10 hématies; on a même rencontré 1 leucocyte pour 2 hématies, et 1 leucocyte pour 1 hématie. Dans ces cas extrêmes il y a autant de globules blancs que de globules rouges, et le liquide sanguin ne présente plus sa coloration normale ; il est plus pâle, sa couleur tourne à la teinte brique ; il ressemble h du sang qu’on aurait mélangé avec du pus ou avec du lait L

Les leucocytes sont plus lourds que le plasma, mais moins que les hématies; aussi dans le sang défibriné 2, c’est-à-dire dans le sang rendu incoagulable, ils occupent les couches superficielles du dépôt coloré qui se forme dans le vase.

Le sang du fœtus, et le sang de l’enfant pendant les premiers temps de la vie, renferme des leucocytes dont le volume peut s’élever à 0mm,01.

Globulins. — Hématoblastes . — Indépendamment des hématies et des leucocytes on rencontre dans le sang une troisième espèce d’éléments figurés beaucoup plus petits, désignés autrefois par M. Donné sous le nom de globulins , plus récemment par M. Max Schultze sous le nom de granulations (Kôrnchen), et par M. Hayem sous le nom d’ hématoblastes .

Lorsqu’on examine le sang de la grenouille vivante, dans la membrane natatoire ou dans le mésentère, on constate, indépendamment des disques elliptiques colorés et des globules blancs sphériques, d’autres éléments légèrement discoïdes et allongés d'un volume très inférieur. A peine le sang est-il extrait hors de ses vaisseaux que ces petits éléments deviennent épineux, s’accrochent au verre porte-objet du microscope, et adhèrent entre eux sous forme de groupes. Cette modification qui ne s’observe pas dans le sang en circulation rappelle celle qu’on observe aussi sur les hématies quand le sang est sorti de ses vaisseaux.

Chez l’homme et les vivipares les hématoblastes sont incolores ou d’un gris

comme étant de 1 globule blanc pour 400 à 509 globules rouges. Des nombreuses recherches de M. Hayem, il résulte que dans le sang physiologique, là où il y a 5,000,000 de globules rouges il y a environ 5,000 globules blancs (Voyez plus loin). C’est du reste le rapport qui avait été fixé autrefois par M. Hirt et par M. Marfels.

t Dans l’infection purulente, on a aussi signalé l’augmentation des leucocytes dans le sang. On a trouvé au lieu de 1 leucocyte pour 1000 hématies, chiffre normal, 1 leucocyte pour 100 hématies.

5 Voyez plus loin comment on procède à cette opération.

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