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CHAPITRE 1Y. RESPIRATION

pâle, très délicats, d’une grande altérabilité, à contours peu visibles, d’un diamètre moyen de 0mm,002. Ces petits corps sont nettement discoïdes et biconcaves. Quelques-uns, les plus gros, sont déjà plus ou moins nettement colorés et représentent comme des éléments intermédiaires entre les hématoblastes incolores et les hématies; ce sont, suivant l’expression de M. Hayem, des globules rouges auxquels il ne manque plus que la taille. Les hématoblastes sont beaucoup moins nombreux que les hématies. D’après M. Hayem, il y en a dans le sang à peu près autant que de leucocytes, peut-être même davantage2.

Numération des globules. — Le sang étant composé d’éléments figurés ou globules suspendus dans un liquide, et ces éléments figurés remplissant dans le sang un rôle capital, on a cherché à les compter. On s’est demandé, en d’autres termes, combien il y avait de ces globules dans un volume déterminé de sang, dans un millimètre cube par exemple. Et ce n’est pas là un simple intérêt de curiosité. La proportion des globules peut varier en plus ou en moins; or, la connaissance de ces variations intéresse au plus haut point le physiologiste et le pathologiste.

Ce problème n’était pas sans difficultés. Quand on examine une goutte de sang au microscope, les globules extraordinairement nombreux se superposent les uns les autres, forment des amas confus, et il est absolument impossible de les compter. Il fallait donc tout d’abord étendre le sang à l’aide d’un liquide qui n’exerce point sur eux d’action dissolvante. La dilution du sang dans une quantité donnée d’un liquide indifférent, telle est donc la première donnée du problème.

M. Yierordt, le premier, vers 1852, a procédé de cette manière. Il additionnait le sang à l’aide d’une quantité donnée d’un sérum artificiel, remplissait de ce sang ainsi dilué un tube calibré, de capacité connue ; puis il étendait ce mélange en lignes parallèles sur une lame de verre, et comptait ensuite les globules à l’aide d’une lame micrométrique placée sur la préparation desséchée. Le procédé de MM. Cramer et Welcker (1855) est sensiblement le même.

En 1873, MM. Polain et Malassez ont apporté à la méthode un véritable perfectionnement.

La première opération consiste toujours dans la préparation d’un mélange, homogène et titré, de sang et de sérum artificiel 3.

1 Quand le sang a subi le contact de l’air et qu’il est desséché , les hématoblastes paraissent plus colorés.

2 On trouve encore dans le sang d’autres éléments microscopiques, mais qui n’offrent pas le même intérêt; ce sont des éléments accidentels et en quelque sorte transitoires.

On trouve par exemple de la graisse à l’état de globules ou de gouttelettes, c’est-à-dire de petites sphères d’une grande réfringence ayant toutes les dimensions possibles, depuis la plus fine poussière, jusqu’à trois ou quatre fois le volume d’un globule sanguin. Ces matières grasses viennent du chyle et sont surtout abondantes après un repas composé d’aliments gras. L’ét/ier les fait disparaître à l’instant.

On trouve aussi dos granulations pigmentaires plus ou moins irrégulières. Ce sont comme des cadavres de globules rouges ratatinés, Ces granulations d'un rouge intense presque noirâtre sont très résistantes, l’eau et l’acide acétique qui agissent si énergiquement sur les globules rouges les laissent à peu près intactes. Ces granulations pigmentaires sont d’ailleurs peu abondantes.

3 Le sérum artificiel de MM. Potain et Malassez est ainsi composé :

Solution de gomme de 1,020 de densité.

Solution de sulfate de soude de 1,020 —

Solution de chlorure de sodium de 1,020 —

Si on ne veut pas conserver aux globules leur forme, on peut les diluer dans une solution de carbonate de soude. Les globules se renflent et deviennent plus faciles à compter.

Le mélange une fois opéré (au ^ ou au est introduit dans un petit appareil, dit capillaire artificiel , à canal de section elliptique, calibré et cubé, et dont les longueurs divisées sont notées sur une échelle. Une goutelette du mélange placée à l’entrée du tube y pénètre instantanément : il ne reste plus qu’à porter ce capillaire artificiel sous le microscope et à compter les globules à l’aide d’un oculaire quadrillé, carré par carré l.

Au procédé de MM. Potain et Malassez, on pouvait objecter, peut-être, que dans tout appareil qui se remplit par capillarité , les corps tenus en suspension dans le liquide ne s’engagent pas avec la même uniformité que le liquide luimême dans le tube capillaire.

C’est surtout pour se mettre en garde contre cette cause d’erreur possible, que M. Hayem a substitué au capillaire artificiel de M. Malassez un appareil à l’aide duquel on peut circonscrire un volume mathématique de liquide sans modifier la répartition des globules. Cet appareil, c’est la cellule de verre, laquelle consiste en une lamelle de verre de un cinquième de millimètre d’épaisseur perforée à son centre par une ouverture de 1 centimètre de diamètre et appliquée et fixée à plat sur une lame de verre plus large et plus épaisse. La cellule a donc 1 centimètre de diamètre et un cinquième de millimètre de profondeur, et peut contenir un disque de liquide qui a les mêmes dimensions.

On se procure le sang qu’on veut examiner à la pulpe du doigt, non par une piqûre d’aiguille, mais par une petite plaie pratiquée à l’aide d’une lancette. On aspire le sang qui s’échappe à l’aide d’une petite pipette calibrée, et on chasse 2 millimètres cubes de sang dans une petite éprouvette à pied qui contient 500 millimètres cubes de sérum 2, de manière à obtenir à l'aide d’nn agitateur de verre nn mélange au ^ (mathématiquement au

L’expérimentateur prend une goutte de ce mélange titré, la dépose dans la cellule, et recouvre celle-ci avec une lamelle de verre très plane. Il ne reste plus qu’à placer la cellule sous le microscope et à compter les globules à l’aide d’un oculaire quadrillé.

Des nombreuses observations qui ont été faites par M. Hayem on peut admettre qu’en moyenne il y a normalement, c’est-à-dire sur une personne bien portante, 5,000,000 (cinq millions) de globules dans 1 millimètre cube de sang 3.

Sur l’enfant qui vient de naître le nombre des globules oscille comme chez l’adulte entre 4 et 6 millions,, on peut donc aussi poser comme moyenne le chiffre de 5,000,000 par millimètre cube. La différence entre le sang du nouveau-né et le sang de l’adulte porte sur le rapport relatif des hématies et des leucocytes. Tandis que chez l’adulte il y a environ 1 globule blanc pour 1000 globules rouges, chez le nouveau-né il y aurait en moyenne 1 globule blanc pour 300 ou 400 globules rouges 4.

Il résulte des recherches de M. Malassez que le sang artériel présente sur un même sujet la même richesse globulaire partout, tandis que le sang veineux

1 Chaque épreuve de numération demande environ dix minutes.

2 M. Hayem emploie de préférence, pour diluer le sang, des sérosités naturelles, telles que celles de l’hydrothorax ou de l’ascite, après les avoir filtrées et en avoir vérifié la pureté.

3 Voici les moyennes qui avaient été précédemment proposées: 5,175,000 (Vierordt) ; 4,600,000 tVelcker) ; 4,700,000 (Cramer) ; 4,900,000 (Malassez).

Comme on le voit, ces chiffres offrent entre eux une assez grande concordance.

4 Sur les 5,000,000 de globules environ que contient un millimètre cube de sang, il y a chez l’adulte 5,000 globules blancs, et chez le nouveau-né, pendant les quatre ou cinq premiers jours de la vie, de 15 à 18,000 (Hayem).

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