CHAPITRE IY. RESPIRATION
diffère sous ce rapport suivant la nature des organes d’où il. procède (voyez plus haut) l.
Les variations globulaires que peut présenter le sang dans les maladies sont en ce moment à l’étude. Parmi les faits bien constatés il faut noter la diminution considérable des globules observée dans la chloro-anémie. M. Hayem a vu le chiffre des globules s’abaisser, par millimètre cube de sang, à 3,500,000, à 3,000,000, et dans les cas d’anémie extrême à un peu moins de 3,000,000. Ce chiffre représente une aglobulie considérable, puisque le nombre des globules est alors presque réduit de moitié.
Il est à remarquer que dans leurs recherches sur les altérations du sang dans les maladies, MM. Andral et Gavarret étaient arrivés il y a une trentaine d’années et par les procédés anciens de l’analyse chimique du sang à des résultats analogues.
Composition chimique. — Le sang comprenant deux parties, l’une liquide [plasma), l’autre composée d’éléments figurés (globules), il s’agit tout d’abord de séparer ces deux parties et d’apprécier leurs proportions relatives, afin de les doser séparément. Mais cette séparation est entourée de très grandes difficultés. On a tenté de filtrer le sang, soit après avoir cherché à retarder sa coagulation à l’aide de diverses solutions salines 2, soit après avoir défibriné le sang par le battage et l’avoir ainsi rendu incoagulable. Mais, si les filtres sont suffisamment poreux, les globules les traversent ; si les filtres sont assez fins pour empêcher les globules de passer, le sérum lui-même ne peut plus guère les traverser.
Si le sang défibriné par le battage n’était pas un liquide promptement altérable, on pourrait espérer séparer, par décantation, les globules qui se rassemblent peu à peu au fond du vase en vertu de leur pesanteur spécifique. Mais cette descente est lente. Le milieu liquide qui contenait les globules, et qui contribuait à maintenir leur intégrité, est changé par la soustraction de la fibrine, si bien qu’avant que les globules aient obéi complètement à leur mouvement de descente, le sang n’a plus ses qualités normales.
Il a donc fallu renoncer à ces diverses méthodes, et procéder par voie indirecte. Le procédé (c/it par la fibrine) employé par M. Hoppe-Seyler est assez simple, mais il ne peut guère être employé que pour le sang du cheval, animal chez lequel la coagulation du sang est relativement lente. Ce procédé consiste en deux opérations successives.
1° On détermine la proportion de fibrine contenue dans une quantité donnée
1 M. Malassez a poursuivi la numération des globules dans la série animale. Voici les résultats généraux de ses recherches.
Numération des globules par millimètre cube de sang :
Mammifères de 3,000,000 à 18,000,000
Oiseaux de 4,000,0t)0 à 1, €00, 000
Poissons osseux de 2,000,000 h 700,000
Poissons cartilagineux de 250,000 à 150,000
Il faut dire que chez les oiseaux et surtout chez les poissons Y augmentation de volume compense la diminution du nombre.
2 La méthode ancienne, dite de Hewson, consiste à recevoir le sang, au sortir du vaisseau, dans une solution concentrée de sulfate de soude, à retarder ainsi la coagulation du sang dans une mesure qui permet d’attendre que la plus grande partie des globules soient descendus au fond du vase. On décante la partie supérieure, et on jette le dépôt sur un filtre en le lavant avec une solution concentrée de sulfate de soude. Mais tous les globules ne restent pas inaltérés sur le filtre, car le liquide qui le traverse passe toujours coloré en rouge.
La méthode plus récente de M. Gautier, et qui consiste à recevoir le sang dans un demi-volume d’une solution maintenue refroidie de 2 p. 100 de sulfate de magnésie, et de 2 p. 100 de sel ammoniac, quoique préférable à celle de Hewson, est passible de la même objection.
de sang. Pour cela on procède au battage d’une certaine quantité de sang, de 50 grammes par exemple, dont on extrait la fibrine qu’on lave, qu’on sèche, et qu’on pèse.
2° On se procure une certaine quantité de plasma de ce même sang. A cet effet on reçoit une certaine portion de ce sang, au sortir du vaisseau, dans une longue éprouvette entourée de glace pour retarder la coagulation. Au bout d’une heure , le sang n’est pas encore coagulé, et il s’est séparé en trois couches. Une couche inférieure, rouge, opaque, comprenant le quart de la hauteur de l’éprouvette, et qui contient les globules rouges; une couche moyenne ne mesurant guère que la 20° partie de la précédente et qui contient les globules blancs ; une couche supérieure, ambrée ettransparente, composée de plasma (sérum et fibrine).
Cette couche supérieure est décantée et on dose la proportion de fibrine qu’elle contient, par le procédé habituel du battage.
Les deux opérations qui précèdent donnant : 1° la proportion de fibrine contenue dans une certaine quantité de sang [dans son entier)-, 2° la portion de fibrine contenue dans une certaine quantité de plasma du même sang : une simple équation fait connaître ce qu’il y a de plasma dans une quantité de sang déterminée, et, par différence , ce qu’il y a de globules.
Le second procédé de M. Hoppe-Seyler ( dit par F hémoglobine) offre cet avantage qu’il peut s’appliquer non seulement aux sangs à coagulation lente, mais aussi aux sangs à coagulation rapide, au sang de l’homme par exemple. Dans ce procédé le dosage de l’hémoglobine, qu’on sait n’appartenir qu’aux globules, remplace le dosage de la fibrine qu’on sait n’appartenir qu’au plasma.
Un autre procédé dû à M. Bouchard est basé sur ce fait que les globules du sang restent longtemps inaltérés dans une dissolution de sucre de canne ayant 1,026 de densité, et n’abandonnent au liquide environnant aucun de leurs principes. On recueille une certaine quantité de sang (15 à 20 grammes environ) dans une capsule, et une même quantité dans une autre capsule, à laquelle on ajoute une certaine quantité (10 grammes par exemple) de solution sucrée. Ces deux capsules sont abandonnées au repos.
Au bout de vingt-quatre heures, le sang étant coagulé, on prend dans chacune de ces capsules une même quantité de sérum afin de déterminer par coagulation, d’une part, la proportion d’albumine contenue dans le sérum du sang normal, et, d’autre part, la proportion d’albumine contenue dans le sérum du sang additionnée d’eau sucrée. Comme l’albumine ne provient que du sérum, il est facile de déduire de ces deux pesées le poids du sérum contenu dans 100 grammes de sang (et par conséquent dans les 15 ou 20 grammes de la capsule de recherche). D’un autre côté on détermine ce que ces 15 ou 20 grammes renferment de fibrine par recherche directe, sur une certaine proportion du même sang. Le sérum plus la fibrine donnent le plasma : on obtient les globules par différence.
On peut encore, et par une tout autre voie, arriver à la détermination approximative de la proportion relative du plasma et des globules, dans le sang humain. Connaissant, par la numération micrométrique, la proportion des globules du sang contenu dans un millimètre cube; connaissant d’autre part leur volume (disques de 0mm,007 de diamètre et de 0mm,002 d’épaisseur), on arrive aisément par le calcul à la détermination de la quantité de l’espace qu’occuperaient ces globules dans un cube d’un millimètre de côté. Il résulte de