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CHAPITRE IV. RESPIRATION

la dédoubler et obtenir Yhématine ou hématosine, et un autre composé azoté non coloré et peu connu. L 'hémaline ou hématosine est une sorte de dépôt rouge noirâtre qui devient pulvérulent par dessiccation. L'hémoglobine était soluble et instable, l’hématine est insoluble non seulement dans l’eau, mais aussi dans l’alcool, l’éther et le chloroforme, et très stable. L’hématine renferme le fer du sang.

Le stroma est une matière extrêmement délicate, que pénètrent en quelque sorte l’hémoglobine et les quelques autres substances qu’on rencontre dans le globule rouge ; il a une certaine analogie avec la fibrine du sang. On donne à cette matière le nom de globuline. C’est une substance molle, demi-transparente, incolore, insoluble dans l’eau, pouvant former, avec une dissolution concentrée de chlorure de sodium, une sorte de matière sirupeuse.

Les substances autres que l’hémoglobine et qui entrent dans la composition des hématies n’y existent qu’en proportions extrêmement faibles ; ce sont : 1° des corps gras ; 2° des matières phosphorées solubles dans l’éther à la manière des corps gras ; 3° de la lécithine ; 4° de la cholestérine ; 5° des sels minéraux (voy. plus haut l’analyse des globules de Schmidt).

Les globules blancs ou leucocytes sont peu connus au point de vue chimique. On regarde la masse du globule blanc comme formée d’une substance albuminoïde qui se gonfle dans l’acide acétique et pouvant former, avec une solution de sel marin au dixième, une masse translucide et visqueuse qui finit par se dissoudre. Cette solution saline se précipite si on l’étend d’eau ; elle se coagule par l’ébullition et les acides (Arm. Gautier).

Le plasma , dans lequel sont suspendus les éléments figurés du sang, est un liquide salin renfermant plusieurs substances organiques : entre autres de l’albumine et de la fibrine. C’est la fibrine du plasma qui, en se coagulant spontanément après la sortie du sang hors de ses vaisseaux, emprisonne les globules dans le réseau de ses fibrilles et forme le caillot.

La fibrine peut être obtenue directement par le battage au sortir du vaisseau, avant la coagulation. De celte manière on l’obtient à l’état d’isolement et sans qu’il soit nécessaire de la séparer des globules, opération longue et difficile quand on opère sur le caillot après la coagulation.

Le battage du sang se fait dans un vase un peu large, soit à l’aide de baguettes d’osier réunies en faisceau, soit à l’aide de deux ou trois petites baguettes de verre (absolument comme si on battait des blancs d’œufs). Au bout de quelques minutes, la fibrine, contenue dans le sang, se rassemble sous forme de filaments solides, qui s’attachent aux baguettes ; on les recueille, et pour ne rien laisser échapper on filtre le sang dans un linge fin. Cette matière, lavée à grande eau, se présente sous forme d’une masse grisâtre élastique; on la dessèche, on la pèse et on rapporte le poids obtenu au poids du sang employé.

La fibrine, qui joue un rôle capital dans la formation du caillot, n’existe dans le sang qu’en très faible proportion. Sur 1,000 grammes de sang, il n’y a guère, en moyenne, que 2 ou 3 grammes de fibrine (desséchée) L

1 La substance contenue dans le plasma du sang vivant, et qui donne au sang extrait hors de ses vaisseaux la propriété de se coaguler, nous continuerons à la désigner sous le nom de fibrine, sous laquelle elle est généralement connue.

Mais nous devons dire que pour un certain nombre de chimistes la fibrine, en tant que fibrine, ne préexiste pas dans le sang.

M-. Denis admet qu’il existe dans le plasma sanguin une substance qu’il désigne sous le nom

Le sérum du sang (sous cette expression on désigne la partie du sang qui reste liquide après la coagulation spontanée) ne diffère donc du plasma que par l’absence de la fibrine. En d’autres termes, le sérum c’est la partie liquide du sang vivant (ou le plasma) moins la fibrine.

Le sérum du sang contient, à l’état de dissolution, une quantité assez considérable d 'albumine 1. Lorsqu’on chauffe le sérum à une température d’environ 80 degrés, il se prend en masse par la coagulation de l’albumine qu’il contient. De même, lorsqu’on chauffe le sang au sortir du vaisseau, dans l'ensemble de ses éléments, ou après lui avoir enlevé la fibrine par le battage, il se solidifie pareillement en vertu de l’albumine qu’il renferme.

Le sérum du sang, indépendamment de l’albumine, contient encore d’autres matières azotées qu’on groupe généralement sous la dénomination générale de matières extractices. Toutes ces matières sont en petites proportions. On les obtient en évaporant le sérum qu’on a préalablement débarrassé de l’albumine. Le résidu évaporé du sérum est successivement traité par l’eau et par l’alcool. Ces matières extractives doivent être séparées des sels minéraux solubles qui existent aussi dans le sérum.

La recherche et le dénombrement exact des matières dites extractives, c’està-dire des substances organiques dissoutes dans le sérum, autres que la fibrine et l’albumine, est toujours l’un des desiderata de la physiologie. Les recherches entreprises dans cette direction ont déjà fourni des résultats importants. Ainsi, on a trouvé, dans le sang des animaux et dans le sang de l’homme, de l’urée, de la glycose, de la créatine, de la créatinine, de la cholestérine, des acides volatils indéterminés auxquels les animaux doivent leur odeur spéciale, et que l’acide sulfurique met en liberté, des matières grasses, etc. 2.

On trouve encore, dans le sang, certains principes absorbés dans l’intestin et non encore transformés ou éliminés.

La présence de l 'urée dans le sang des animaux et de l’homme a été signalée

de plasmine, laquelle peut être précipitée par le sel marin. Lorsqu’on étend d’eau ce précipité on obtient une solution qui jouit de la propriété de se coaguler spontanément, au bout de 5 à 15 minutes. Mais ce coagulum (produit de l’action chimique) contient à la fois et la fibrine concrète qui se serait spontanément coagulée dans le sang abandonné à lui-même, et une fibrine qui dans le sang normal serait restée en dissolution dans le sérum. Aussi, pour M. Denis, le chiffre de la plasmine est-il beaucoup plus élevé que celui de la fibrine, telle qu’elle se sépare dans le sang abandonné à lui-même (ainsi par exemple dans 101)0 grammes de sang il y aurait suivant lui 14 grammes de plasmine, et sur ces 14 grammes de plasmine 3 grammes de fibrine concrète, c'est-à-dire exactement le chiffre de la fibrine, telle que nous la connaissons). Une grande partie de la plasmine de M. Denis répond donc à d’autres éléments du sang.

La plasmine de M. Denis existe-t-elle réellement dans le sang? Il est permis d’en douter. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut l’obtenir que d’une manière artificielle.

M. Schmidt admet également que la fibrine ne préexiste pas dans le sang vivant, et qu’elle procède non pas par dédoublement d’une substance primitivement dissoute dans la partie liquide du sang, ainsi que le pense M. Denis, mais bien au contraire qu’elle se forme par l’union de deux substances solubles que l’on peut extraire à l’état isolé. Ces substances génératrices de la fibrine, M. Schmidt les désigne sous le nom de j paraglobuline ou substance fîbrmo-plaslique^e t de matière fibrinogène Dans un travail plus récent M. Schmidt fait intervenir la présence nécessaire d’une troisième matière, qui proviendrait de l’air extérieur et qui agirait à la manière d’un ferment pour déterminer l’union des deux premières. Mais, d’une part, chacun sait que le sang recueilli dans le vide au sortir du vaisseau se coagule, et d’autre part il n’est pas certain que la paraglobuline et la matière fibrinogène ne sont pas des produits artificiels.

t II y a dans 1000 grammes de sang environ 10 grammes d’albumine (desséchée).

s Beaucoup d’autres substances ont été signalées, mais des recherches nouvelles sont nécessaires pour décider si la présence de quelques-uns de ces principes dans le sang est permanente, ou si elle n’est qu’accidentelle.

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