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CHAPITRE IV. RESPIRATION

tl’abord par M. Simon, puis par MM. Prévost et Dumas, puis par MM. Yerdeil ■et Dolfus, plus tard par M. Picard. D’après les recherches de M. Picard, qui sont les plus récentes, la proportion moyenne de l’urée dans le sang de l’homme sain est de 0gr,16 pour 1000 grammes l.

Dans lesangde la chèvre, MM. Meissner etShépart ont trouvé une proportion d’urée identique (0Sr,17 pour 1000 grammes.)

Toutes les circonstances qui entravent le travail éliminatoire de cette substance en augmentent la proportion dans le sang. Ainsi, chez des femmes atteintes d’aménorrhée, la proportion s’est élevée à 0sr,26 et à 0sr,29 pour 1000 grammes. Le sang du placenta en contenait une fois 0sr,28, et une autre fois 0gr,62 pour 1000 grammes; le sang du fœtus, 0gr,27 pour 1000 grammes.

Dans les maladies avec fièvre, l’urée dans le sang s’élève généralement à 0Er,20 ou à 0Er,25 pour 1000. Dans le choléra on a trouvé üBr,6 à 0sr,7 d’urée pour 1000 grammes de sang. Dans la maladie de Bright, la proportion d’urée pour 1000 grammes de sang peut s’élever à lBr, 50 (Picard).

On trouve du sucre (de la glycose) dans le sang non seulement après l’absorption de cette substance ou après la digestion des aliments féculents, dont la glycose est le dernier terme, mais d’une manière permanente. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet (§ 187 de la glycogénie) ; bornons-nous, pour le moment, à faire remarquer que la proportion du sucre dans le sang varie assez peu dans l’état physiologique; que la quantité du sucre est un peu plus élevée dans les artères que dans les veines, et que, par conséquent, il disparaît en partie dans Son passage au travers du système capillaire, c’est-à-dire au travers des tissus. Ajoutons toutefois que dans le sang veineux qui entre dans le cœur droit, la richesse en sucre est au moins égale à ce qu’elle est dans les artères, parce que le sang veineux a trouvé sur sa route, et tout près du cœur, une source qui lui apporte du sucre, à savoir les veines sus-hépatiques qui viennent du foie.

La proportion du sucre contenu dans le sang de l’homme peut être évaluée en moyenne et à l’état normal à un peu plus de 1 gramme pour 1000 grammes de sang. La quantité de sucre contenue dans le sang des herbivores et dans celui des carnivores est à peu près la même et ne paraît pas sensiblement modifiée par la nature de l’alimentation.

1000 grammes de sang ont donné à M. Bernard :

Lapins en pleine digestion (son et carottes)

Chiens en pleine digestion (viande)

Lapin à jeun

Chien à jeun

Homme bien nourri, alimentation mixte...

Les quantités de sucre qui existent dans le sang sont soumises à des oscillations physiologiques. La quantité de glycose peut descendre au-dessous de 1 gramme, elle peut s’élever à 2 grammes et plus ; mais aussitôt qu’elle atteint 3 grammes, la glycose apparaît dans l’urine.

Lorsqu’on pratique l’analyse du sang au point de vue du dosage du sucre,

* Le sang du chien est généralement plus riche en urée que le sang de l’homme. On trouve souvent dans le sang du chier, à l’ctat normal, l gramme d’urée pour 1000 grammes de sang.

\ 16,',25 glycose I 1 40

il ne faut pas oublier que le sucre du sang s'évanouit très vite (et pendant la vie et après que le sang est extrait hors de ses vaisseaux). Il est donc nécessaire d’employer des méthodes rapides. Il convient de faire intervenir aussi la chaleur, ou l’eau chaude, ou la vapeur d’eau, qui coagulent le sang et qui arrêtent le travail de décomposition du sucre. L’addition de l’acide acétique entrave également cette décomposition.

Exemple : Le sang d’une saignée est partagé en un certain nombre de vases et on procède à la recherche du sucre à des intervalles de temps successifs.

Voici le résultat de ces analyses rapportées à 1000 grammes de sang :

Sang naturel

Sang additionné d'acide acétique

Immédiatement après la sortie du vaisseau . . .

, . lBr,07 de glycose

Ie'', 27 de glycose

Après 10 minutes

Après 30 minutes

Après 5 heures

Après 24 heures

Après 11 jours

Après 13 jours

Ces recherches dues à M. Cl. Bernard nous donnent la clef des divergences qui se sont souvent produites relativement aux proportions, à l’existence ou à la non existence du sucre dans le sang.

Les matières grasses contenues dans le sérum s’obtiennent en traitant par l’alcool et par l’éther le résidu solide évaporé et pulvérisé du sérum, et en chassant ensuite l’alcool et l’éther par évaporation. La quantité des matières grasses qu’on trouve dans le sang est liée d’une manière étroite avec la période digestive. Les matières grasses de l’alimentation, émulsionnées dans l’intestin, pénètrent, en effet, dans les voies de l’absorption sans avoir subi de modifications notables. Aussi, la proportion des matières grasses qu’on peut trouver dans le sang varie dans des limites très étendues. Les matières grasses (oléates, margarates) contenues dans le sang d’un animal à jeun, ou d’un animal qui n’a consommé que peu d’aliments gras, figurent dans la plupart des analyses pour 2 ou 3 grammes sur 1,000 grammes de sang. Dans les heures qui suivent la digestion d’un repas contenant beaucoup de matières grasses, on peut en trouver dans le sang 10, la et jusqu’à 20 grammes pour 1,000. Le chiffre de la graisse contenue dans le sang est, dans ces conditions exceptionnelles, presque le tiers de la proportion de l’albumine. Lorsqu’on pratique une saignée à un animal en pleine digestion de matières grasses, la quantité de graisse contenue dans le sang est assez grande pour qu’après la coagulation du sang la graisse surnage et surmonte, comme une sorte de crème, le caillot et le sérum du sang; le sérum offre lui-même une teinte louche et lactescente 1.

Enfin le sérum du sang contient un grand nombre de sels, qu’on obtient en faisant évaporer le sérum et en incinérant le résidu dans un creuset de platine. Quand on se propose de doser les sels du sang sans doser la totalité de ses éléments, c’est le sang lui-même qu’on incinère.

Le sang contient une proportion d'eau relativement considérable , et cette

1 Cette expérience, des plus faciles à réaliser, donne l’explication du sang laiteux , qu’on regardait autrefois comme une altération grave do ce liquide. Cette influence d’un repas très abondant on matières grasses peut durer jusqu'à 8 ou 10 heures.

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