CHAPITRE IV. RESPIRATION
L’appareil à extraire les gaz du sang ou pompe-gaz a reçu de nombreux perfectionnements ainsi que le procédé opératoire. La figure 88 représente
Fig. 88.
l’appareil qui est actuellement en usage dans nos laboratoires : il est construit par M.' Alvergniat d’après les indications de M. Gréhant.
Cet appareil consiste essentiellement en un tube vertical D (fîg. 88) renflé en ampoule à sa partie supérieure B, ampoule dans laquelle on peut faire le vide barométrique.
Cette partie de l’appareil peut être mise en communication par l’intermédiaire du robinet à trois voies H avec le récipient du sang (fîg. 89), ballon à long col C que l'on peut placer à volonté dans un bain-marie rempli d’eau tiède.
Le récipient du sang est lié à l’appareil à faire le vide au moyen du tube A (fîg. 89) et à l’aide d’un manchon en caoutchouc entouré lui-même d’un autre manchon de même matière K (fîg. 88), de sorte que la fermeture est hermétique. Celte ligature mobile entre l’appareil à vide et le récipient à sang permet à ce dernier de prendre toutes les positions (on peut l'élever et l’abaisser, le porter à droite ou à gauche), sans que la fermeture cesse d’être complète.
Le long col du ballon récipient C est entouré d’un manchon de verre (B, fîg. 89) dans lequel on peut faire circuler de l’eau froide. Ce refroidissement du col du ballon C a pour effet de faire éclater les bulles gazeuses qui s’engagent dans son intérieur et qui, en obstruant le col du ballon, risqueraient d’entraîner le sang dans l’enceinte où on recueille les gaz, c’est-à- dire dans l’ampoule B de la figure 88.
Lorsqu’on veut procéder à l’analyse des gaz du sang, on commence par réunir le ballon récipient à la pompe-gaz par l’intermédiaire du double manchon de caoutchouc K, et on obtient le vide dans ce ballon récipient, par l’intermédiaire de l’ampoule B (fig. 88), dans laquelle on fait directement le vide à l’aide de la descente et de la montée répétée de la masse de mercure (au moyen de la manivelle L et de la poulie M) combinées avec l’ouverture et la fermeture alternative du robinet H.
Le vide étant fait dans le ballon récipient C (fig. 89), il s’agit d’y introduire le sang. Il convient dans cette introduction d’éviter le contact de l'air. A cet effet (lorsqu’on opère sur les animaux), on fixe une canule à robinet dans un vaisseau sanguin, et à l’aide d’une seringue mise en rapport avec cette canule, et dont on soulève doucement le piston, on recueille une certaine quantité de sang qu’on introduit aussitôt dans le ballon récipient par le robinet D (fig. 89) mis en communication avec la seringue, à l’aide d’un manchon de caoutchouc.
L’entrée du sang dans le ballon récipient G a lieu d’autant plus facilement que ce ballon est vide. Aussitôt, en effet, que le robinet D (fig. 89) est ouvert, le sang tend à s’y précipiter. Il faut même avoir soin, pour éviter que le liquide ne soit projeté trop loin dans l’appareil, de n’ouvrir le robinet D que d’une très faible quantité, et aussi de le fermer avant que la totalité du sang contenu dans la seringue ne soit aspirée.