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CHAPITRE IV. RESPIRATION

que le sang artériel du chien (artère carotide) contient un peu moins d'eau que le sang veineux pris dans la veine jugulaire.

La quantité d'eau contenue dans le sang veineux peut, d’ailleurs, l’emporter d’une manière très manifeste sur celle du sang artériel. Il suffit, pour s’en convaincre, d'analyser, non pas le sang veineux de la jugulaire, qui, provenant d’une grande quantité d’organes, résume à peu près la composition moyenne du sang veineux, mais le sang de la veine porte chez un animal qui a bu abondamment.

Examinés sous le rapport de leurs principes constituants, le sang artériel et le sang veineux présentent des différences de proportions qui ne portent que sur des quantités généralement très faibles ; ce qui tend à établir que les mutations qui s’accomplissent dans le sang sont lentes et successives. Il ressort de la plupart des analyses, que le sang artériel renferme généralement un peu plus de globules que le sang veineux. D’après les recherches de MM . Tarchanoff et Swaen, il n’y a, du reste, aucune différence constante entre le nombre comparé des globules rouges et des globules blancs, dans le sang artériel et dans le sang veineux. Le sang veineux contient un peu plus de fibrine que le sang artériel. L’albumine se présente, dans les deux sangs, à peu près dans les mêmes proportions.

Quant aux principes extractifs, auxquels on commence à accorder l'attention qu’ils méritent, leur proportion relative dans le sang veineux et dans le sang artériel mériterait d’être étudiée d’une manière toute particulière. On ne connaît guère aujourd’hui d’une manière certaine que ce qui touche aux proportions relatives de la glycose (sucre) et de l’urée.

M. Cl. Bernard, auquel nous devons les recherches les plus précises sur la glycémie, fait d’abord remarquer que pour pouvoir comparer la richesse en sucre des échantillons de sang pris dans divers points du cercle circulatoire, il est absolument nécessaire d’opérer au même moment, et sur de petites quantités de liquide, attendu que l’une des conséquences les plus communes des saignées répétées, c’est d’élever les proportions du sucre dans le sang.

En se plaçant dans de bonnes conditions d’expériences, on peut d’abord constater que le sang artériel pris au même moment, dans divers ordres d’artères, renferme les mêmes proportions de sucre. Exemples : on extrait sur un chien du sang de Tarière carotide et de l’artère crurale, et on trouve dans ces deux sangs lgr,21 de sucre pour 1,000 grammes; on prend, sur un autre chien, simultanément du sang dans l’aorte et dans l’artère crurale, et on trouve dans l’un et l’autre lgr,l4 de sucre pour 1,000 grammes de sang.

Si on recherche ensuite les proportions du sucre dans le sang artériel et dans le sang veineux, on trouve d’une part que le sang artériel contient plus de sucre que le sang veineux, et d’autre part que les proportions du sucre présentent des oscillations plus grandes dans le sang veineux que dans le sang artériel. Exemple : 1,000 grammes de sang (chien) contiennent, d’après M. Cl. Bernard :

Sang Sang

de l’artère crurale. de la 761116 crurale.

.... l6',45 de sucre Oer,73 de sucre.

1er chien 2e —

M. Cl. Bernard a obtenu les mêmes résultats en comparant le sang de l’artère

Béclard, 7e édition. 28

carotide au sang de la veine jugulaire, et aussi en comparant le sang de l’artère rénale au sang de la veine rénale1.

M. Chauveau est arrivé à des résultats tout à fait semblables sur le cheval, ainsi qu’on peut le voir sur le tableau suivant :

Chauveau.

Dans les analyses de M. Chauveau, la proportion de glycose est rapportée non à 1,000 grammes de sang, mais à 1 ,0u0 grammes do sérum.

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