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CHAPITRE IV. RESPIRATION

ainsi dans les cavités droites du cœur dont il peut embarrasser les orifices valvulaires et déterminer ainsi la mort subite. 11 peut aussi, franchissant les cavités droites du cœur, s’engager dans l’artère pulmonaire et obturer, en se pelotonnant, soit cette artère, soit l’une de ses principales divisions, former une sorLe de bouchon ou d’obstacle infranchissable, et déterminer également une mort prompte. On donne à ces caillots migrateurs le nom d 'embolies.

La coagulation du sang extrait hors des vaisseaux de l’homme et des animaux vivants est un phénomène constant. On a dit qu’elle manquait dans le sang des animaux surmenés, dans le sang de l’homme frappé de la foudre, après la mort par asphyxie ; on a dit aussi qu’elle manquait dans le sang de la veine splénique et dans celui des veines sus-hépatiques. Ces faits ont été mal observés. Dans de nombreuses expériences, nous avons toujours constaté le phénomène de la coagulation dans le sang veineux qui vient de la rate, dans le sang veineux qui vient du foie1. Chez les animaux expérimentalement asphyxiés, ou par strangulation ou par inhalation de gaz acide carbonique, la coagulation du sang peut être chaque jour observée, aussi bien que dans les abattoirs, sur les bêtes de boucherie épuisées de fatigue.

Il y a environ trente ou quarante ans, à l’époque où on pratiquait de nombreuses saignées, on attachait à une certaine apparence du caillot de la saignée chez l’homme une importance toute particulière. Le caillot présente en effet assez souvent, à sa surface, une pellicule blanchâtre qu’on désigne sous le nom de couenne. Cette pellicule très mince n’est autre chose que la couche supérieure de la fibrine du caillot qui s’est solidifiée sans emprisonner des globules rouges. C’est là, nous l’avons vu, la règle, dans la coagulation du sang chez le cheval. Toutes les causes qui retardent la coagulation du sang peuvent faire apparaître ce qu’on appelle la couenne. Les globules, pouvant plus librement obéir à leur pesanteur spécifique, ont le temps d’abandonner la couche la plus superficielle du plasma dans lequel ils sont suspendus. De telle sorte que, quand la coagulation saisit la masse, la fibrine ne rencontre plus (et par conséquent n’emprisonne plus) d’hématies à la partie supérieure du liquide.

Cette pellicule de fibrine, à laquelle on donnait autrefois le nom de couenne inflammatoire, ne mérite guère ce nom. Déjà, dans leurs analyses du sang, MM. Andral et Gavarret avaient montré qu’elle n’indique point une augmentation dans le chiffre normal de la fibrine, celle-ci pouvant augmenter sans que le caillot présente de couenne; et on sait, d’autre part, que la pellicule fibrineuse se montre d’autant plus aisément qu’on a pratiqué un plus grand nombre de

1 Ce qui est vrai, c'est que le coagulum du sang splénique et du sang hépatique n’a pas tout à fait les mêmes propriétés physiques que le coagulum du sang de la veine jugulaire ou numérale. Le caillot se forme lentement, il reste mou et devient facilement difilucnt dans le sérum pour peu qu’on agite le vase qui le contient.

Lorsqu’on soumet à l’opération du battage le sang qui revient do la rate par la veine splénique, ou le sang pris dans la veine porte, ou le sang pris dans les veines sus-liépatiquos, on détermine la coagulation de la fibrine, mais cette fibrine ne s’attache point aux brins du balai sous forme de filaments élastiques ; on obtient de petits grumeaux isolés, et il faut filtrer avec soin, sur un tamis do soie, le sang battu pour les réunir.

De plus, cette fibrine, lavée et mise à l’étuve pour la faire dessécher, ne se comporte pas comme la fibrine oïdinaire. Tandis que la fibrine ordinaire du sang de l’artère carotide, de la veine jugulaire, de l’artère fémorale, de la veine fémorale, par exemple, perd son eau et se déssèche sans changer de forme, la fibrine splénique et hépatique au contraire, lorsqu'on les place dans l’étuve, se ramollit, devient diffluento comme une sorte de sirop épais, et c’est sous cette forme nouvelle qu'on peut seulement la dessécher.

saignées. L’apparition ou l’absence de la couenne à la surface du caillot ne saurait donc fournir aucune indication précise. Les analyses chimique et microscopique du sang peuvent seules fournir des renseignements utiles.

Rôle «les hématies ( globules t'OUges). — S.eur origine* leur «ïurée. — Cfcrigisie et rôle «le la fibrine «lu sang. — Rôle «les leucocytes ( globules blancs). — ESe la diapédèse. — Les globules rouges en vertu de leur affinité particulière pour l'oxygène (qui semble se fixer et se condenser dans l’hémoglobine à peu près de la même manière que les gaz se fixent et se condensent dans le charbon et dans l’éponge de platine), ont pour principale fonction d’absorber l’oxygène dans le poumon, de s’en charger et de le transporter dans le sein même des organes et des tissus et fout particulièrement vers les principaux consommateurs d’oxygène, qui sont les fibres musculaires et les cellules nerveuses. Quand le sang ne porte pas vers les nerfs et vers les muscles l’oxygène nécessaire, quand les hématies, qui en sont en quelque sorte les messagers, sont en trop petit nombre dans le sang, la vie languit et s’éteint.

Depuis longtemps Berzelius avait fait cette remarque que le sérum du sang absorbe beaucoup moins d'oxygcne que le sang lui-même, et il en avait conclu que le principal rôle dans cette condensation devait être attribué aux globules. Davy, et plus récemment MM. Nasse, Magnus, Fernet sont arrivés aux mêmes résultats. M. Fernet a trouvé, par exemple, que tandis que ! 00 centimètres cubes d’eau absorbent 2CC,9 d'oxygène ; 100 centimètres de sérum en absorbent 3CC,1 ! et lf 0 centimètres de sang en absorbent 9CC,6 F

L’acide carbonique produit dans le sein des organes et qui retourne au sang se mêle surtout au plasma, lequel renferme en outre et les substances qui servent à l’assimilation et les produits régressifs qui s’échapperont parles diverses voies de sécrétion et d’exhalation. L’acide carbonique qui vient des tissus rencontre dans le plasma des sels à acides faibles et à réaction alcaline, tels que les phospateet carbonate de soude avec lesquels, nous l’avons vu, M. Fernet a montré qu’il peut former une combinaison instable. M. Dreyer donne à la combinaison de l'acide carbonique avec le phosphate de soude le nom de phosphocarbonate de soude. Mais ce nom ne doit pas faire illusion, et il ne s’agit pas là d’une combinaison véritable, car non seulement le phospho-carbonate de soude de M. Dreyer se décompose dans le vide en abandonnant son acide carbonique, mais il se décompose également dans toute atmosphère qui ne contient pas d’acide carbonique.

C’est ici le lieu de rappeler que certains gaz déplacent l’oxygène fixé sur les globules (sur l’hémoglobine) et contractent avec eux une liaison beaucoup plus stable. M. Bernard a montré que l’oxyde de carbone en particulier jouit de celte propriété. Voilà pourquoi l’oxyde de carbone ne disparaît pas facilement du sang une fois qu’il y est entré en prenant la place de l’oxygène; voilà pourquoi il peut s'y accumuler , et comment une atmosphère qui contient très

1 Ces expériences n’expriment qu’un rapport destiné à montrer le pouvoir absorbant du sang (contenant les globules). Elles ne donnent pas la proportion d’oxygène que peut renfermer et que renferme ordinairement le sang (§ 1 4G). Le sang qui a servi à l’expérience de M. Fernet est déjà riche en oxygène.

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