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CHAPITRE IV. RESPIRATION

constater sur le cylindre enregistreur. A l'abaissement de la tension sanguine correspond également une accélération dans les mouvements du cœur E

Dans l’établissement de bains d’air comprimé de Milan, M. Mosso a étudié l’influence de l’air comprimé, administré suivant la méthode ancienne ; ses recherches ont été faites dans une chambre à air dont la pression était d’une atmosphère en sus delà pression atmosphérique.

A l’aide de l’appareil qui lui sert à mesurer les changements de volume des parties (voy. page 262), M. Mosso a constaté, de même queM. de Basch, qu’aw moment où on donne accès à l’air comprimé dans la chambre de compression, il survenait une diminution de volume des membres du patient qui, mesurée à l’avant-bras, a oscillé entre 5 et 11 centimètres cubes. Cet effet n’est point dû à la compression exercée par le gaz à la surface du corps, mais le résultat de X émotion qui entraîne la contraction des petits vaisseaux par l’intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. En effet, cette influence est momentanée ei fugitive ; et pendant tout le temps que dure le séjour du patient dans le gaz comprimé on n’observe aucune diminution de volume de l’avant-bras.

En augmentant la pression ou en la diminuant, M. Mosso a observé aussi les variations dans le pouls que nous avons indiquées. Ces variations, d’ailleurs, ne lui paraissent pas devoir être rattachées à l’action mécanique de l’air, mais à une modification de l’innervation déterminée par l’action du sang à Sa suite des changements apportés par la respiration dans l’air comprimé, aux proportions du mélange gazeux en dissolution dans ce liquide. Cette manière de voir est conforme à celle de M. Bert qui pense que les changements de pression atmosphérique ont sur les animaux et sur l’homme (sauf les cas de compression et de décompression fortes et rapides) bien moins une action physico-mécanique qu’une action chimico-organique par l’intermédiaire du sang.

Parmi les faits observés par M. Mosso, signalons encore le suivant : un jeune homme de Turin, qui faisait quatorze mouvements respiratoires par minute, et qui mettait en circulation dans ses poumons, dans le même temps, sept litres d’air (un demi-litre par chaque mouvement respiratoire) dosés à l’aide d’un spiromètre très sensible (analogue au compteur à gaz), fut soumis à l’action de l’air comprimé. Au bout de dix séances, son rythme respiratoire ordinaire avait été assez profondément modifié, puisqu’il faisait alors (à l’état normal et en dehors de l’appareil) 18 inspirations par minute, et qu’il mettait en circulation, dans le même temps, dans ses poumons, non pas 7 litres d’air, mais bien 9 litres. Mais il faut toutefois ajouter que cette modification dans le rythme respiratoire ne dura qu’un certain temps. Au bout d’une semaine, après le traitement, il ne mettait plus en circulation dans ses poumons que 7 litres d’air par minute, comme au début.

1 Le nombre des mouvements du cœur n’est pas modifié quand les deux pneumogastriques ont été préalablement coupés sur l’animal qui respire l’air comprimé.

ARTICLE III

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