CHAPITRE IV. RESPIRATION
en contact avec l’eau (toupies, sabots, etc.), tantôt l’organe respiratoire est pourvu d’une sorte de canal en siphon, et il peut respirer sans sortir de sa coquille (paludines, littorines, nérites, volutes, buccins, cérites, porcelaines, etc.). Les gastéropodes tectibranches ont des branchies à moitié cachées par le manteau, et les gastéropodes nudibranches, tout à fait privés de coquilles, ont des branchies fixées à quelque partie du dos.
Les mollusques acéphales sont pourvus de branchies constituées par des feuillets striés en travers au nombre de quatre, et placées entre le manteau et le corps de l’animal.
Insectes. — Chez les insectes, animaux aériens, la respiration est moins localisée. La circulation de ces animaux est assez imparfaite (Voy. § 113) ; le sang n’est pas animé par un mouvement de révolution complète, et l’air va en quelque sorte à la rencontre du sang dans la plupart des parties de l’économie, par des orifices nommés stigmates.
L’organe respiratoire des insectes est constitué par une multitude de canaux ou trachées , qui s’ouvrent à l’extérieur, sur les côtés de l’animal; ces canaux se ramifient dans l’intérieur du corps en se subdivisant à l’infini.
Tantôt les trachées sont simplement ramifiées, tantôt elles présentent, sur leur trajet, des renflements ou réservoirs à air. Les trachées sont maintenues béantes par une tunique spiroïde, de nature cartilagineuse. Leurs ouvertures extérieures, ou stigmates, ressemblent à de petites fentes ou boutonnières, parfois garnies de valvules. En général, il y a une paire de stigmates par anneau.
L’air se renouvelle dans les trachées par les contractions alternatives dé l’abdomen. La respiration des insectes est assez active, et leur température s’élève quelquefois d’une manière remarquable.
Arachnides. — Comme les insectes, les arachnides ont une respiration aérienne.
Tantôt la respiration a lieu à l’aide de trachées, tantôt à l’aide de poches à air placées dans l'abdomen. Ces poches , sous le rapport de la disposition, ressemblent autant à des branchies qu’à des poumons. En effet, elles présentent dans leur intérieur une multitude de lamelles, saillantes comme des feuillets branchiaux. Ces poches à air reçoivent l’air, comme les trachées, par des stigmates placés sur les côtés ou à la face inférieure dé l’abdomen.
Annélides. — Les annélides ont généralement une respiration aquatique. Les branchies des annélides varient beaucoup quant à leur forme et à leur position. Tantôt elles forment, le long du corps de l’animal, des touffes placées de distance en distance (arénicoles),
tantôt elles sont groupées autour des pattes, sous formes de tubercules branchiaux (néréides), tantôt l’extrémité supérieure du corps est garnie d’une sorte de panache multibranche (serpules) (Voy fig. 93).
Les seuls annélides qui ne soient pas aquatiques sont les lombrics (vers de terre). Ils vivent dans la terre humide et respirent par la surface générale du corps, et peut-être aussi par de petites poches placées à la partie antérieure du corps et communiquant au dehors par des pores.
Crustacés. — La plupart vivent dans l’eau et respirent par des branchies. Un certain nombre de crustacés manquent de branchies, et la respiration aquatique se fait par les parties du corps recouvertes d’une peau molle (souvent les pattes).
Quelques crustacés vivent à l’air et respirent à l’aide d’une multitude de lamelles extérieures, entretenues dans un état d’humidité permanente, qui ont la forme de branchies et qui fonctionnent comme des poumons.
Zoophytes. — Ces animaux aquatiques n’ont point en général d’organes spéciaux de respiration : les échanges gazeux se font par les divers points de la surface tégumentaire interne et externe. On remarque, cependant, chez les holothuries, un canal ramifié particulier, naissant du cloaque, et analogue à une sorte de trachée. L’eau s’y introduit par le cloaque et en est expulsée de temps à autre par les contractions du canal.
Les infusoires respirent par toute leur surface. On remarque à la surface du corps des cils vibratiles qui, parleurs mouvements, renouvellent l’eau aux dépens de laquelle l’animal respire.
§ 160 bis.
Respiration comparée des animaux et des xégétaux. — On a souvent Opposé les animaux (qui consomment l’oxygène de l’air et qui produisent de l’acide carbonique) aux végétaux (qui absorbent l’acide carbonique et qui exhalent de l’oxygène), et considéré les premiers (les animaux) comme des appareils d’oxydation et les seconds (les végétaux) comme des appareils de réduction. Cette sorte d’opposition harmonique est exacte, d’une manière générale et dans une certaine mesure ; mais il ne faut pas oublier que toute cellule, aussi bien végétale qu’animale, a besoin d’oxygène pour vivre et pour se développer. Dans les cellules végétales de même que dans les tissus des animaux les plus inférieurs qui n’ont pas de sang, mais une substance en quelque sorte unique, il se produit des phénomènes chimiques qui ont entre eux beaucoup d’analogie. Des nombreuses recherches qui ont été faites sur la respiration des plantes par MM. Boussingault, Garreau, Corenwinder, etc., on peut conclure que dans ses rapports avec l’atmosphère la plante se comporte de deux manières différentes.
1° La fonction de la plante qui l’emporte, et qu’on peut appeler de nutrition, s’exerce par toutes ses parties vertes, et consiste dans la réduction de l’acide carbonique sous l’influence de la radiation solaire, directe ou diffuse ; c’est par cette action intermittente (suspendue pendant la nuit), que se trouvera constituée la masse ou la charpente du végétal.
2° Les végétaux ont aussi une respiration identique à celle des animaux ; cette fonction, continue , est caractérisée par la combustion des matières organiques du végétal.