CHAPITRE V. CHALEUR ANIMALE
Les muscles dans leur ensemble représentent une portion considérable du corps de l’animal vivant: la moitié environ, pour la plupart d’entre eux; les trois quarts pour beaucoup d’autres. De même que les autres tissus, et plus que tous les autres, les muscles absorbent de l’oxygène et émettent de l’acide carbonique ; cet échange a lieu non seulement sur l’animal vivant, mais encore sur l’animal mort. Cet échange a lieu aussi sur les muscles enlevés du corps de l’animal vivant et exposés au contact de l’air ; on désigne souvent cet échange sous le nom de respiration musculaire .
M. Valentin, l’un des premiers, a constaté, expérimentalement, qu’en renfermant des muscles pris sur l’animal vivant dans des enceintes fermées, ces
aem, cuve à mercure. La partie e est large pour faciliter les manipulations. La partie m , plus étroite, permet à la cuve d’être profonde, sans nécessiter une trop grande quantité de mercure.
cd, plaque de verre transparente, pour apercevoir la masse de mercure b et pour établir les niveaux, fg, tube en caoutchouc vulcanisé; likl, tube de fer terminé par un bout effilé en verre; i, robinet cd verre. — Ce tube fer et caoutchouc est destiné à faire sortir rapidement et sans perte une certaine proportion de mercure, quand ce qu’on introduit dans la cuve doit amener un grand déplacement de liquide.
jî, tube gradué, fermé en haut par un couvercle vissé. Quand on commence l’expérience, on fixe la masse musculaire dans une hélice de platine o fixée sous le couvercle p , après quoi on visse le couvercle, et on le lute extérieurement.
Fig. 96.
a représente le tube gradué n de la figure précédente (amplifié); ce tube a environ 2 décimètres. fghi, pièce de fer portant deux ouvertures qui font communiquer le tube a avec l’entonnoir p et avec le tube de sortie q. Les ouvertures peuvent être établies ou fermées par les robinets k, m. o, n , appendices faisant corps avec la pièce fghi , et dans lesquels entrent à frottement l’entonnoir jp et le tube q.
Nota. La pièce fghi de la figure 96 est plongée dans le mercure sur la figure 95. Quand on veut procéder à l’analyse de l’air contenu dans l’appareil, on soulève légèrement le tube n (fig. 95), et, introduisant la main sous le mercure, on ferme les robinets k, m ; puis on enlève l’appareil, on le retourne, et on lute l’extrémité e (fig. 96) comme on avait luté l’autre extrémité. On remplit alors de mercure les petits cylindres o et n , et l’on fixe dans ces cylindres remplis de mercure l'entonnoir (en n) et le tube q (en o) ; l’entrée de l’air extérieur se trouve ainsi garantie. Puis on ouvre les robinets k et m, et, pour une quantité donnée de mercure qui s’écoule en 6, il sort par le tube q un volume égal d’air qu’on reçoit dans un eudiomètre sur la cuve à mercure.
organes continuent pendant assez longtemps, et avant que les phénomènes de décomposition ne surviennent, à consommer de l’oxygène et à exhaler de l’acide carbonique. Sur les animaux à sang froid ces échanges peuvent être suivis pendant plusieurs jours. M. Valentin s’est servi à cet effet d’un petit appareil
représenté figures 95 et 96. Pour étudier la nature et le degré des altérations qu’a éprouvées l’air au contact des muscles on fait à divers moments des prises de gaz dans l’éprouvette a (fig. 96), en déplaçant une certaine proportion du mélange gazeux, à l’aide de l’écoulement dans ladite éprouvette d’une quantité déterminée de mercure contenu dans l’entonnoir p. On reçoit dans un eudiomètre, à l’aide dutube q, le mélange gazeux chassé par déplacement. Les légendes des figures 95 et 96 expliquent la méthode opératoire.
L’exhalation de l’acide carbonique et l’absorption d’oxygène persistent dans le muscle, tant que dure la contractilité, et jusqu’à l’établissement de la putréfaction ; elles continuent même après (car il y a de l’oxygène absorbé dans la putréfaction et de l’acide carbonique produit) ; mais ce qui distingue ces échanges nouveaux des premiers, c’est, d’une part, que les proportions de gaz échangées ne sont plus les mêmes, et d’autre part qu’il vient s’y joindre d’autres gaz, tels que oxyde de carbone, hydrogène carboné, hydrogène sulfuré, sulfhydrate d’ammoniaque, etc.
M. P. Bert a répété ces expériences. A l’exemple de M. Yalentin, il plaçait dans des éprouvettes convenablement disposées, etrenversées sur le mercure, des fragments de muscles frais ; mais en outre, et pour apprécier la valeur relative des échanges respiratoires des divers tissus, il plaçait dans d’autres éprouvettes de même capacité des fragments de cerveau, de rein, etc.
Yoici les résultats d’une expérience comparative de ce genre. Dans le même temps :
100 grammes de muscles .
100 grammes de cerveau
100 grammes de reins
100 grammes d’os brisés et de moelle
Le muscle est donc de tous les tissus celui dans lequel les échanges respiratoires interstitiels sont le plus actifs. La respiration musculaire, c’est-à-dire l’absorption d’oxygène et l’exhalation d’acide carbonique, n’est pas, d’ailleurs, nous l’allons voir, la seule manifestation nutritive du muscle.
Si un muscle à l’état de repos peut être considéré par suite des actes de nutrition qui s’accomplissent dans son sein comme engendrant de la chaleur, il faut dire qu’il devient un producteur de chaleur bien plus important quand il entre en action, c’est-à-dire quand il se contracte. Les recherches de MM. Becquerel et Breschet, celles de M. Helmholtz ont mis le fait hors de doute.
Un mot d’abord sur les instruments employés à cette constatation.
MM. Becquerel et Breschet, ainsique M. Helmholtz, se sont servis, pour mesurer la température des muscles, d’un appareil thermo-électrique, c’est-à-dire d’aiguilles thermo-électriques combinées avec le galvanomètre l.
1 La mesure des températures à l’aide de l’appareil thermo-électrique repose, ainsi que chacun le sait, sur le principe établi par Seebech, savoir : que, lorsqu’un circuit composé de deux fils de métaux différents est inégalement chauffé à chacun des points de soudure de ces fils, il se développe un courant ; ce courant peut être mis en évidence à l’aide d’un galvanomètre interposé dans le circuit. Or, en plaçant une des soudures dans le muscle en expérience, et en exposant l’autre soudure à une température connue, les excursions de l’aiguille du galvanomètre indiquent le sens et l’intensité du courant, et par conséquent les différences de température.
Lorsqu’on veut se servir d'un appareil thermo-électrique pour mesurer la température des
absorbent 50c<
et exhalent. .... 56c<
absorbent 45ct
et exhalent 42e'
absorbent 37“
et exhalent 15“
absorbent 11“
et exhalent 8“
d’oxygène.
d’acide carbonique.
d’oxygène.
d’acide carbonique.
d’oxygène.
d’acide carbonique.
d’oxygène.
d’acide carbonique.