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CHAPITRE Y. CHALEUR ANIMALE

tat dynamique de la contraction musculaire. Notre méthode consiste à tenir en équilibre, dans une expérience, et dans l’autre à mouvoir, avec des vitesses variées, et suivant des procédés particuliers, des poids égaux, à l’aide de l’avant-bras fléchi sur le bras, en tenant compte du temps écoulé à l’aide d’un chronomètre sonore. Pour que ces expériences réussissent, il est un certain nombre de conditions dont la rigoureuse observation est indispensable. Les températures devant être prises à la surface du bras, celui-ci sera entouré d'une bande de laine épaisse, toujours la même, recouvrant le membre et le thermomètre d’une dizaine de tours superposés. La pièce dans laquelle on opère doit être bien close et d’une température sensiblement constante, d’au moins 20° à 25°. Les chaleurs de l’été conviennent seules à ce genre d’expériences. Dans ces conditions les pertes de chaleur sont assez réduites (surtout dans des expériences de courte durée) pour que les différences puissent être constatées.

Ces expériences exigent beaucoup de patience. 11 faut souvent, quand le thermomètre est en place et l’avant-bras posé sur son appui, attendre deux heures sur le siège d’expérience avant que l’équilibre de température se soit établi l.

Mais si la préparation de l’expérience est très longue, l’expérience ellemême est très courte : elle ne dure guère que cinq minutes. Toutefois, aussitôt l’épreuve terminée le bras doit être replacé au repos. La chaleur produite au sein du muscle n’arrive pas d’emblée aux téguments, et le point maximum de température n’est généralement atteint qu’au bout de dix minutes. La notation thermométrique ne doit naturellement être prise que quand l’ascension mercurielle est terminée. En somme, la durée totale d’une expérience est donc d’environ un quart d’heure.

On peut agir suivant deux modes très différents, que nous allons exposer successivement.

Premier mode d'expérience. — S’agit-il d’une expérience dynamique ? L’équilibre de température étant obtenu dans le bras entouré de sa bande et pourvu de son thermomètre, l’expérimentateur se place sur la chaise d’expérience, saisit avec sa main droite la manette D, et avec sa main gauche la manette G, ainsi que le représente la figure 99. La température de départ étant notée et le métronome mis en marche, un aide enlève la cale d qui supporte le poids P; cette cale est d’une hauteur telle, qu’au moment où la main saisit la manette D, l’index Y de celte manette correspond au point i de la règle graduée. Alors l’expérimentateur soulève le poids P en lui faisant parcourir une

1 Le thermomètre monte tout d’abord et il atteint, il est vrai, son point maximum au bout de 8 ou 10 minutes. Mais ce n’est pas IA la température moyenne réelle du bras. A cette montée de la colonne thermométrique succè'de une descente très lente et qui dure longtemps. Ce n’est que quand cette descente a cessé qu’on est en possession de la véritable température du bras. Cette marche du thermomètre s’explique aisémont. Le bras, en vertu des mouvements qu’il a exécutés avant l’expérience (mouvements souvent accompagnés d’efforts), a été porté à une température qui n’est pas celle qu'il aurait eue s’il ôtait resté longtemps au repos. Il faut par conséquent le replacer toutd’abord dans ces conditions. Ce qui convient le mieux, c’est de ne procéder à ce]genre de recherches que le matin, au lever, alors que le bras n’a pas encore travaillé. On a, ainsi, l’avantage d’avoir dos points de départ d’expériences sensiblement les mômes, les seules qu’on puisse utiliser pour dresser des séries comparables. C’est ainsi que nous avons procédé durant les deux étés très chauds de 1858 et de 1859.

Au reste, et c’est une observation que nous avons souvent faite : quand le degré de température réelle est obtenu, il est, tant que le bras reste au repos sur un appui, d’une fixité surprenante. Il nous est arrivé de rester sur le siège d’expérience pendant deux heures (occupé à lire), sans que la température variât de 1/50° de degré en plus ou en moins.

excursion de 16 centimètres, mesurée sur la règle graduée (que l’expérimentateur ne perd pas des yeux), entre les points i et s. Aussitôt que l’index est arrivé en s, la main gauche, qui était restée inactive, soutient alors le poids à la descente, de manière que le bras droit s’abaisse à vide , tout en conservant sa position. Quand l’index de la manette D est revenu au point i, le bras droit redevient actif, et soulève de nouveau le poids P de i en s, et ainsi de suite,

R, R , poulies.

t, thermomètre engagé jusque sur la peau, au travers tles vêtements. Le bras est en outre recouvert d'une bande épaisse de laine.

P, poids.

d, cale.

smi, échelle graduée à laquelle sont rapportés les mouvements du bras. Le point m correspond à la flexion à angle droit de l’avant-bras sur le bras. h , métronome, ou chronomètre sonore.

Fig. 100.

Cette figure représente les manettes en partie cachées par les mains de l’expérimentateur dans la figure 99.

G, manette du côté gauche.

R, manette du côté droit.

V, index à l’aide duquel l’expérimentateur gradue le mouvement du bras.

pendant un intervalle de temps de cinq minutes. L’expérimentateur compte avec le plus grand soin le nombre des mouvements de montée et de descente du poids, et il leur donne une constante régularité en les harmonisant, à l’aide de l’oreille, avec les battements du métronome1; puis l’expérimentateur se replace dans le repos, et il attend que l’excursion thermométrique soit achevée.

Pendant un intervalle de temps de cinq minutes, la main droite a donc soulevé un poids d’une certaine hauteur, puis elle l’a abandonné (tandis que la main gauche le soutenait à la descente), puis elle l’a repris, à la partie inférieure de sa course, pour le remonter encore, et ainsi de suite, c’est-à-dire, en d’autres termes, que la puissance musculaire du bras droit a été employée à

i Ces mouvements peuvent être exécutés, soit rapidement, soit lentement. On peut, par exemple, les faire coïncider avec la seconde ; on peut, si l’on veut, et en réglant autrement le métronome, exécuter un mouvement de montée qui dure doux secondes, et un de descente qui dure le même temps, etc. Mais il importe, quel que soit le mode d’expérience auquel ou s’arrête, que les temps d 'activité et d’ inactivité soient égaux entre eux, afin que les expériences soient comparables entre elles.

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