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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

piter le jet de l’urine, ou lorsqu’il y a des obstacles au cours du liquide le long du parcours urétral.

Lorsque nous voulons uriner, il s’écoule un certain temps (toutes les fois que la vessie n’est pas distendue outre mesure) entre le moment où nous voulons uriner et celui où l’urine apparaît. Les fibres musculaires delà vessie sont, en effet, de l’ordre des fibres lisses, c’est-à-dire de ces fibres dans lesquelles la contraction ne s’établit que d’une manière lente. Les contractions de la vessie ne sont cependant pas soustraites à l’influence de la volonté ; elles reçoivent leurs nerfs d’un plexus nerveux mixte.

Pendant que la vessie se contracte, aidée ou non des muscles abdominaux, les muscles du périnée, le bulbo-caverneux, l’ischio-caverneux et les muscles de Wilson sont relâchés. Lorsque le rôle de la vessie est terminé, c’est-à-dire lorsqu’elle a chassé l’urine qu’elle contenait du côté de l’urètre, les muscles précédents, groupés autour des portions membraneuses, bulbeuses et spongieuses de l’urètre, entrent en contraction pour débarrasser l’urètre du liquide contenu dans son intérieur, et pour expulser au dehors les dernières gouttes d’urine.

Composition de l’urine. — CTree, acide urique, etc. — L’urine est un liquide purement excrémentitiel, qui débarrasse l’économie d’une certaine quantité d’eau tenant en dissolution divers principes salins, et des substances azotées provenant de la décomposition des tissus. Elle concourt, avec l’exhalation cutanée et pulmonaire et l’excrétion des fèces, à entretenir l’équilibre organique. Si les gaz et les vapeurs de l’exhalation pulmonaire et cutanée constituent surtout le dernier terme des aliments thermogènes (aliments féculents, gras et sucrés), l’urine est la voie par laquelle sont principalement évacués les aliments albuminoïdes qui ont rempli leur rôle.

La quantité de l’urine est très variable : elle peut être de 750 grammes ou de plus de 2,000 grammes en vingt-quatre heures : elle peut même s’élever, dans l’état physiologique, à des proportions bien plus considérables, ainsi qu’on l’observe, par exemple, chez les buveurs de bière. La proportion des boissons a, en effet, une influence décisive sur la quantité d’urine sécrétée en un temps donné. Dans la saison chaude, dans les élévations de température, dans les exercices violents qui déterminent l’écoulement d’une sueur abondante, l'urine est, au contraire, très diminuée.

La quantité moyenne d’urine sécrétée en vingt-quatre heures peut être estimée à 1,250 grammes environ 1.

L’urine est un liquide d’une couleur citrine, d’une pesanteur spécifique moyenne de 1015 à 1020 (pouvant osciller entre 1005 et 1030), d’une odeur

1 M. Kaupp a recueilli ses urines durant trente-six jours de suite, pendant lesquels il avait suivi un régime qu’on peut considérer comme normal. En divisant par3G la quantité totale d’urine obtenue, il est arrivé au chiffre de 1,400 grammes environ. M. Beigel, en procédant d’une manière analogue, fixe à plus de 1,600 grammes la quantité d’urine évacuée dans les vingt-quatre heures, M. Kerner l’estime à 1,500 ; M. Roberts, à 1,400 grammes; M. Draper, au contraire, n’obtient, par les mêmes procédés, que 1,100 grammes d’urine dans les vingt-quatre heures. Il n’est pas inutile, sans doute, de faire remarquer que les premiers observateurs habitent l’Allemagne, le pays do la bière , et que le dernier est un Américain de New-York. Nous ferons observer encore que la température et, par conséquent, le climat, ont une grande influence sur les proportions d’urine sécrétées en un temps donné Les habitants des pays chauds urinent moins que les habitants des pays froids, — Le chiffre de 1,?50 grammes, que nous avons adopté, correspond à notre climat et à notre régime.

particulière, plus ou moins limpide, pouvant varier, sous le rapport de la coloration et de la transparence, dans des limites très étendues. Elle contient de l’eau, des substances organiques et des sels. La proportion de ces substances est subordonnée à l’alimentation et au genre de vie. L’urine se charge aussi des substances solubles impropres à l’alimentation et en débarrasse l’économie.

L’urine contient une grande quantité d’eau, de 93 à 93 pour 100 environ. Elle laisse, par conséquent, de 5 à 7 parties pour 100 de résidu solide lorsqu’on l’évapore. Ce résidu, desséché, contient les sels et les substances organiques. L’urine du matin est plus chargée de matières fixes que l’urine de la journée. Pendant les huit ou dix heures de son séjour dans la vessie, elle se débarrasse, en effet, par résorption, d’une certaine proportion de son eau.

La partie essentielle de l’urine est Vurée. Cette substance azotée est à l’état de dissolution dans l’urine, et forme à elle seule la presque totalité des matières organiques de l’urine évaporée. L’urée est une substance cristallisable, neutre, soluble dans l’eau et l’alcool, très peu soluble dans l’éther, formant, avec quelques acides, des combinaisons salines cristallisables. L’urée est de toutes les matières azotées connues la plus riche en azote. Elle en contient 46,7 pour 100. On peut la considérer comme l’un des produits de l’oxydation des matières albuminoïdes. L’urée offre un grand intérêt au point de vue physiologique : cette substance constitue le résidu final d’une grande partie des matières albuminoïdes de l’économie.

La quantité moyenne de l’urée contenue dans l’urine est de 2,3 pour 100, ou si l’on veut, de 23 parties pour 1000. Dans les 1250 grammes d’urine rendus par jour, environ, il y a donc 30 grammes d’urée.

La proportion de 30 grammes d’urée nous est applicable, parce qu’elle correspond à 1250 grammes d'urine évacués dans les vingt-quatre heures1. C’est aussi la proportion fixée par M. Haughton, de Dublin. Lorsque la quantité des aliments, solides et liquides, consommés est plus abondante (comme en Allemagne par exemple), la proportion moyenne d’urine rendue en vingt-quatre heures est plus considérable, et la quantité d’urée plus élevée. C’est ainsi que M. Kaupp la fixe à 34 ou 36 grammes dans les vingt-quatre heures, M. Yogel à 35 et M. Kerner à 38 grammes.

Comme on doit s’y attendre, le mode d’alimentation a une grande influence sur les proportions de l’urée. M. Lehmann se soumet, pendant huit jours de suite, au régime de la viande, et pendant quatre jours au régime exclusif des œufs (régime azoté) : il recueille ses urines dans les dernières vingt-quatre heures de cette période de douze jours, et il y constate 53gr,19 d’urée. Pendant huit autres jours, M. Lehmann fait exclusivement usage d’une nourriture végétale,

1 L’urine du jour contient environ 20 p. 1000 d’urée ; l’urine de la nuit (évacuée le matin au sortir du lit) contient 30 p. 1000 d’urée.

Dans les maladies fébriles, nous l’avons vu (voy. p. 579), l’urée des vingt-quatre lieurer est généralement augmentée. Nous ferons remarquer que, dans les observations publiées, tantôt on rapporte l’urée à la proportion de l’urine, et que tantôt il est question de la proportion absolue d’urée éliminée dans les vingt-quatre heures; or, ce sont là deux évaluations très-différentes et nullement comparables. Dans l’état fébrile, dans cette période où l’urine est peu abondante, la proportion de l’urée peut être très-élevée si on la rapporte à 1 kilogramme du liquide, et, relativement, moins élevée si on l’évalue d’une manière absolue dans les vingt-quatre heures. Ces réserves faites, disons qu’on a vu, dans quelques affections nerveuses, la quantité d’urée s’abaisser à 12 ou 15 grammes dans les vingt-quatre heures pour G ou 8 litres d’urine (2 à 3 grammes par litre), et s’élever dans quelques cas d ’azoturie à 139 grammes dans les vingt-quatre heures, pour 2 à 4 litres d’urine.

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