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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

conclure que la rate est, tout au moins, l’une des sources de l’acide urique qui gagnerait la masse du sang par la veine splénique L

Dans l’urine des animaux herbivores, l’acide urique n’existe pas, ou n’existe qu’en très petites proportions ; mais on y trouve un autre acide, l’acide hippurique. L’acide hippurique est uni aux alcalis, et les sels qu’il forme sont solubles dans l’eau. L’acide hippurique est bien plus abondant dans l’urine des herbivores que ne l’est l’acide urique dans l’urine de l’homme et des carnivores. Il s’élève souvent à 10 ou 15 grammes pour 1000 grammes d’urine. L’acide hippurique présente cette propriété remarquable que, traité par les acides, il donne naissance à une nouvelle substance azotée (glycocol ou sucre de gélatine) et à une substance non azotée (acide benzoïque). Il est remarquable aussi que, si l’on mélange de l’acide benzoïque aux aliments d’un herbivore, la quantité d’acide hippurique contenue dans l’urine augmente.

L’acide hippurique existe aussi dans l’urine humaine. D’après les analyses de MM. Hallvachs, Wreden, Bence-Jones, Oehren, Shépard, etc., les proportions de l’acide hippurique contenu dans l’urine de l’homme qui fait usage d’une alimentation mixte seraient beaucoup moindres que les proportions d’acide urique. Ainsi dans 1000 grammes d’urine il n’y a guère plus de 0sr,l à 0sr,3 d’acide hippurique.

Les proportions de l’acide hippurique contenu dans l’urine de l’homme augmentent après un régime végétal prolongé. M. Van Deen, ayant nourri un animal carnivore (chien), exclusivement avec de la colle d’amidon pendant plusieurs jours, ne trouve plus que de l’acide hippurique dans son urine et point d’acide urique.

Sur les herbivores lesproportions de l’acide hippurique dépendent également de la nature de l’alimentation. MM. Weismann, Meissner et Shépard ont constaté que les parties extérieures des végétaux (tiges et feuilles) en fournissent beaucoup plus que les racines fourragères. Ce qui revient à dire avec MM. Henneberg et Stohmann, que plus la substance végétale est facile à digérer, moins il y a d’acide hippurique dans l’uriae.

Dans leurs recherches sur l’urine des lapins, chevaux, bœufs, chèvres, MM. Meissner et Shépard constatent qu’alors qu’on trouve abondamment de l’acide hippurique dans l’urine, il est impossible d’en constater la présence dans le sang. L’acide hippurique paraît donc prendre naissance dans le rein.

Lorsque MM. Meissner et Shépard injectaient de l’acide hippurique dans l’estomac des lapins, ils ne le retrouvaient jamais dans le sang. Dans ce dernier liquide apparaissait l’acide benzoïque (on sait que l’acide hippurique peut se dédoubler en acide benzoïque et glycocol). Ce qu’il y avait de plus remarquable, c’est qu’on trouvait en même temps dans le sang une augmentation d’urée. Il semble dès lors que dans le sang l’acide hippurique (voisin du glycocol et de la leucine) peut se transformer en urée, comme l’avait déjà supposé M. Kuhte.

Les recherches de MM. Bunge, Schmiedberg et Arthur Hoffmann tendent à démontrer également, ainsi qu’il résultait déjà des expériences de MM. Meissner et Shépard, que l’acide hippurique qu’on rencontre dans l’urine se forme dans le rein. Ils font traverser cette glande par du sang auquel on a ajouté

1 D’après M. Van Deen, si on suspend de l’acide urique dans de l’eau et si on fait passer dans cette eau un courant galvanique faible et continu, on transforme une partie de l’acide urique (par une oxydation plus avancée) en urée à l’acide de l’oxygène de l’eau décomposée.

de l’acide benzoïque et du glycocol (sous forme de benzoate de soude et de chlorhydrate de glycocol) : l’acide hippurique se montre dans l’urine. Si on fait traverser le rein par un sang chargé d’acide benzoïque et de glycocol, mais dont l’oxygène a été chassé par l’oxyde de carbone, l’acide hippurique ne se montre pas. Lorsqu’on substitue la leuoine au glycocol dans les expériences qui consistent à faire traverser un rein par du sang préparé suivant la méthode de M. Hoffmann, la leucine ne s’unit pas, comme le glycocol, avec l’acide benzoïque pour former de l’acide hippurique '.

L’urine contient encore en petite proportion d’autres malières azotées. Telles sont : la créatinine et la créatine (la créatine ne diffère de la créatinine, au point de vue chimique, que par deux équivalents d’eau).

Il résulte de 1 0 analyses faites par M. Loebe sur deux individus qui faisaient usage d’une alimentation mixte qu’il y a 0B‘ , 7 de créatinine dans l’urine des 24 heures. M. Neubauer a trouvé aussi dans 1,000 grammes d’urine 0gr, 5 de créatinine1 2 3 * *.

Suivant M. Ileller, il y aurait dans l’urine trois matières colorantes azotées : une jaune ou uroxanthine , une rouge ou uroidine , une bleue ou uroglaucine.

Mais, d’après les recherches) plus récentes de MM. Hoppe-Seyler, Tudichum, Jaffe et Maly, on peut considérer la matière colorante de l’urine normale comme une matière unique (['urobiline deM. Jaffe, Yurochrome de M. Tudichum, l 'hy~ drobiliruhine de M. Maly). Cette matière colorante dérive de l’hématine du sang à l’aide de laquelle on peut la préparer directement.

On a quelquefois signalé dans l’urine l’existence de l’acide lactique uni aux alcalis. Mais il ne paraît pas y en avoir dans l’urine normale. Son apparition est liée à un défaut d’oxydation convenable du sang, toutes les fois que les phénomènes de la respiration sont entravés.

L’urine contient encore une proportion variable de mucus (pour la plus grande partie sécrétée parla muqueuse vésicale) et aussi des lamelles d’épithélium11.

1 On a encore signalé dans l’urine des bêtes bovines d’autres acides organiques. Ces acides unis à la soude sont, d’après M. Staelder, des produits organiques non azotés : acide damalique, damalwique, taurique. Suivant M. Staedler, on peut, les rencontrer parfois dans l’urine du cheval et même dans l’urine de l’homme.

2 M. Neubauer a pratiqué son analyse sur 500 kilogrammes d’urine recueillis dans une caserne. M. Neubauer a constaté qu’une portion de la créatinine se transforme aisément en créatinine dans le traitement chimique qu’on fait subir à l’urine pour en extraire la créatinine. M. Munck, ayant injecté une solution de créatine dans les veines d’un chien, a trouvé les proportions de l’urée et de la créatinine augmentées dans l’urine de l’animal.

3 II existe encore dans l’urine d’autres matières azotées qu’on en peut extraire par des traite-

ments convenables. Ces matières augmentent dans certaines conditions physiologiques plus ou moins déterminées, ainsi que dans les maladies. Leurs proportions sont variables, mais généralement très faibles. C’est ainsi que MM. Jaffe, Salkowski et Edlefsen ont signalé la présence de l 'indican après la nourriture animale et dans l’urine des carnivores. L'arrêt prolongé des matières fécales dans l’intestin (chez les animaux la ligature de l’intestin) en augmente notablement

la proportion : dans ces conditions elle peut être 10 à 15 fois plus abondante qu’à l’état normal.

On a rencontré dans l’urine de Vinosité (Strauss, Külz). L’inosite se montre principalement dans la sécrétion urinaire exagérée qui suit l’ingestion de boissons abondantes. Il suffit de boire à jeun 6 litres d’eau pour faire apparaître environ un demi-gramme d’inosite dans l’urine de vingt-quatre heures. On y a trouvé de la cijstine (Niemann).

La xanthine et la guanine y ont été signalées chez le porc (Pécile) à la dose de 3 à 5 milligrammes par kilogramme d'urine, et chez l’homme (Weiske), mais dans l’état morbide.

L a phénol (C6H60) a été également signalé dans l’urine du cheval et dans celle de l’homme (Salkowski, Edlefsen et F. Munk). La proportion était relativement assez considérable sur le cheval, 06r,913 par litre ; chez l’homme, au contraire, elle n’était que de 0er,0(J05 par litre. On a encore signalé dans l’urine la présence de Vindot (C8H7Az) et du crésytol (Baumann); enfin la pyrocatéchine s’est montrée dans l’urine des jeunes enfants (W. Ebstein et W. Müller). — Enfin on a signalé dans l’urine la présence de la cholestérine, de la lcucine, de la taurine, delà tyrosine.

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