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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

de chaux bi-basique et tri-basique (amorphe, ou cristallisé en aiguilles disposées en rosaces), le phosphate de magnésie (cristallisé en aiguilles longues et déliées ou prismes à 6 pans). Le carbonate de chaux (masses cristallines, à forme sphérique, formées de rayons allant du centre à la périphérie). L’oxalate de chaux, qui se montre dans les dépôts de l’urine après l’usage de l’oseille et d’autres végétaux (octaèdres transparents de grande pureté de formes).

— Des calculs , c’est-à-dire des dépôts figurés et d’un volume plus ou moins considérable, se développent souvent dans l’urine. La plupart du temps ils se forment et s’accroissent dans la vessie, c’est-à-dire dans le point des voies urinaires où l’urine séjourne le plus longtemps à l’état de repos. Les matières salines qui entrent dans la composition des calculs adhèrent entre elles et sont en quelque sorte cimentées par les matières organiques de l’urine, et en particulier par le mucus. Un calcul, une fois formé, favorise l’application des dépôts nouveaux autour du noyau primitivement formé. Lorsqu’un calcul séjourne longtemps dans la vessie, il peut acquérir des dimensions considérables. Des corps étrangers de toute nature, introduits dans les voies urinaires et tombés dans la vessie, agissent de la même manière, et deviennent souvent une sorte de centre autour duquel se déposent les matières salines.

Le microscope ne peut donner par la composition des calculs que des renseignements peu précis parce que les cristaux salins qui les constituent étant imprégnés de matières organiques y sont à l’état amorphe.

Les calculs sont formés de matières salines diverses. Il est rare qu’ils soient exclusivement formés par une seule. Le centre est souvent constitué par d’autres substances que la circonférence ou l’écorce : il y a eu en quelque sorte plusieurs époques dans leur formation, coïncidant avec des états différents de l’organisme. Les calculs prennent en général le nom de la substance qui domine dans leur composition. Sous ce rapport, on peut grouper les calculs les plus communs en trois classes principales : 1° calculs d’acide urique etd’urates; 2° calculs d’oxalale et de carbonate de chaux; 2° calculs de phosphate ammoniaco-magnésien.

Les substances trouvées par l’analyse dans les calculs urinaires sont : l’acide urique, l’urate de potasse, l’urate de soude, l’urate d’ammoniaque 1, le silicate d’ammoniaque, le benzoate 2 d’ammoniaque, le chlorhydrate d’ammoniaque, le carbonate de chaux, le phosphate de chaux, le silicate de chaux, l’urate de chaux, l’oxalate de chaux, le carbonate de magnésie, l’urate de magnésie, le phosphateammoniaco-magnésien, l’alumine, l’oxyde de fer, le phosphate de fer, l’urée, la cÿstine, l’oxyde xanthique, et quelques autres substances organiques peu connues.

Les calculs formés à peu près exclusivement d’une seule substance sont extrêmement rares. On peut signaler comme exemple les calculs de cystine, qui ont l’apparence de la cire jaune. Un calcul recueilli dernièrement par M. Reliquet peut être classé aussi parmi les exceptions. Ce calcul de 1 centimètre de long sur un demi-centimètre de large était remarquable par sa transparence cristalline et formé d’oxalate de chaux en groupes cristallins. Un autre calcul, de couleur rouge, trouvé dans le rein, et analysé par M. Cazeneuve, contenait

' L’ammoniaque provient de la décomposition de l’urée.

2 LJacide benzoïque provient de l’acide hippurique (Voy. § 176).

75 pour 100 d’oxyde de fer et de faibles proportions de carbonate et de phosphate de chaux.

Élimination par l’urine «l’un grand nombre «le substances absorbées. — Indépendamment des substances alimentaires et des éléments des tissus dont les produits modifiés constituent les matières solides de l’urine, beaucoup de substances solubles, portées dans les voies de l’absorption, soit dans un but d’expérience, soit dans un but thérapeutique, soit dans un but d’empoisonnement, sont éliminées par les urines. Parmi les matières sur lesquelles a porté l’expérimentation, les unes apparaissent dans l’urine telles qu’elles ont été absorbées; d’autres sont décomposées par les actes digestifs ou par les combustions de nutrition, mais on peut encore reconnaître leurs éléments dans l’urine ; d’autres, enfin, ne peuvent pas être retrouvées dans l’urine.

Les substances qu’on ne retrouve pas dans l’urine ont été décomposées dans le sang et peuvent être envisagées comme ayant joué le rôle d’aliments ; d’autant mieux que ce sont des substances organiques. Telles sont l’huile de Dippel, la matière colorante de la cochenille, celle du tournesol, la chlorophylle, l’orcanette, la caféine, la théine, la théobromine, l’allantoïne, l’alloxanthine, la pblorhizine, l’asparagine, famygdaline, etc.

Parmi les substances non décomposées et qui apparaissent en nature dans l’urine, viennent se ranger des matières qui ne forment avec aucun des principes de nos tissus des composés insolubles, et qui ne sont ni facilement oxydables ni aisément décomposables. Tels sont : les carbonate, azotate et sulfate de potasse : le ferro-cyanure de potassium ; le borate de soude ; le chlorure de baryum, le silicate de potasse, les matières colorantes de l’indigo, delà gommegutte, de la rhubarbe, de la garance, du bois de campêche, de l’airelle, de la carotte rouge, des mûres ; les matières odorantes du genièvre, de la valériane, de l’assa-fœtida, de l’ail, du castoréum, du safran, de l’opium; quelques alcaloïdes végétaux, tels que la quinine et la strychnine, le principe toxique du curare, etc.

Le sulfure de potassium est éliminé à l’état de sulfate de potasse. Les acides acétique, citrique, malique, tartrique, subissent dans le sang une oxydation partielle, qui en transforme une partie en acide carbonique, d’où formation de carbonates alcalins. L’autre partie sort avec l’urine, soit à l’état de liberté, soit à l’état de combinaison avec des bases. L’acide urique se transforme en partie en urée. La salicine se transforme en acide salicylique et en acide oxalique, et sort sous forme d’oxalates. L’acide tannique sort, par l’urine, sous forme d’acide gallique ; l’acide benzoïque sort non modifié ou sous forme d’acide hippurique, etc.

Dans ses recherches toxicologiques sur l’élimination des poisons, M. Orfila a constaté dans l’urine la présence des préparations d’or, d’argent, d’arsenic, d’antimoine, de zinc, de plomb, de bismuth. M. Becquerel a signalé la présence du fer dans l’urine des chlorotiques soumis à l'usage des préparations martiales. On a encore reconnu la présence de l’iode dans l’urine, après l’usage des préparations iodées, etc. Notons, en ce qui concerne les sels métalliques, que ces matières, étant susceptibles de former avec les tissus et les liquides de l’économie des composés insolubles, se fixent un temps plus ou moins long dans.

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