‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 341 sur 429 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

sueur (Favre). ' 1,000 grammes.

Eau 995,573

Sudorates alcalins 1,562

Chlorure de sodium 2,230

Lactates alcalins 0,317

Chlorure de potassium 0,244

Urée 0,043

Matières grasses 0,014

Autres sels divers (sulfates, phosphates alcalins et terreux) 0,017

En comparant la sueur à l’urine, sous le rapport des matériaux organiques, on trouve, suivant M. Favre, le rapport suivant : 14 litres d’urine donnant 140 grammes de matières organiques, la même quantité de sueur n’en donne que 23 grammes. On pourrait, il est vrai, objecter à cette évaluation que la sueur examinée ici correspond à des transpirations forcées. Mais les analyses de M. Favre prouvent que le rapport entre la quantité de l’eau et celle des matières solides ne varie pas sensiblement aux diverses périodes delà sudation. En faisant suer un individu à différentes reprises, et chaque fois pendant une demi-heure, les proportions relatives de l’eau et des matériaux solides se sont montrées à peu près les mêmes, dans chacune des périodes successives.

L’urée existe dans la sueur, mais en proportion extrêmement faible l. La décomposition de l’urée en carbonate d’ammoniaque (voy. § 176) explique pourquoi, dans beaucoup d’analyses, on a noté l’ammoniaque parmi les éléments de la sueur. Mais l’ammoniaque n’existe point dans la sueur fraîche, pas plus que dans l’urine fraîche et normale.

La sueur est légèrement acide. D’après MM. Redtenbacher et Lehmann, elle doit surtout cette acidité à deux acides volatils : l’acide caprilique et l’acide caproïque. Ces acides existent dans le beurre, ainsi qu’on le sait, unis à la glycérine ; ce sont des acides gras. On a encore trouvé dans la sueur de petites proportions d’acide formique, d’acide acétique et d’acide butyrique. M. Lehmann signale aussi dans la sueur l’existence d’un autre acide de consistance grasse, auquel il donne le nom d’acide métacétonique ou acétobutyrique. Cet acide, soluble dans l’alcool et dans l’éther, a une odeur de chou aigre.

Dans certains points, et notamment dans les endroits où la sécrétion offre une sorte de continuité, comme par exemple dans le creux axillaire, entre les orteils, entre le scrotum et à la face interne et supérieure des cuisses, la sueur présente une réaction non pas acide, mais alcaline.

La réaction alcaline de la sueur paraît être la réaction normale du liquide sécrété par les glandes sudoripares. L’acidité qu’elle offre, presque partout, à la surface de la peau ne serait qu’une acidité d’emprunt communiquée par les acides gras engendrés dans les glandes sébacées. M. Luchsinger dans ses recherches sur la sécrétion de la sueur du chat (sécrétion alcaline) avait conçu quelques doutes sur l’acidité du produit des glandes sudoripares de l’homme. 11 résulte de recherches ultérieures, entreprises avec M. Trumpy, que la sueur de l’homme est en effet alcaline quand on la débarrasse du tribut sébacé qui, dans les conditions normales, est toujours mélangé avec elle. Après avoir

1 Dans ïurémie, c’est-à-dire lorsque la proportion d’urée contenue dans le sang est augmentée, la quantité d’urée contenue dans la sueur augmente également. Dans ces conditions, il n’est plusnécessaire d'opérer sur d’aussi grandes quantités de sueur pour mettre l’urée en évidence.

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