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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

partie correspondante de la face et du cou de l’animal se couvrait de sueur. M. Cl. Bernard, qui a répété cette expérience et constaté les mêmes résultats, a observé, en outre, que quand on excite le bout supérieur du grand sympathique coupé, la sueur peut être supprimée. C’est évidemment par les filets vaso-moteurs qui vont se rendre dans les vaisseaux correspondants (qui fournissent à l’appareil sécréteur de la sueur) que cette influence accélérative ou suspensive s’exerce.

Il ressort des expériences de MM. Yulpian, Kendall, Luchsinger, Ostroumoff, Nawrocki, Adamkiewicz, etc., que quand on coupe sur un animal, chien ou chat, les nerfs principaux des muscles (le nerf sciatique pour le membre postérieur, le nerf médian ou le nerf cubital pour le membre antérieur), la sueur sous-digitale se montre dans la patte correspondante quand on excite le bout périphérique de l’un de ces nerfs. D’après M. Kendall on obtient une sudation générale quand on excite le bout central du nerf sciatique divisé.

Il résulte en outre des expériences de M. Yulpian que c’est des racines antérieures des nerfs rachidiens, et non des racines postérieurs, que procèdent les nerfs qui ont de l’influence sur ces phénomènes de sudation provoquée.

Quant à la question de savoir s’il y a parmi les nerfs des glandes des filets qui, procédant du système cérébro-spinal, mériteraient le nom de nerfs sécréteurs (ou excito-sécrétoires) ; et d’autres, qui procédant du système du grand sympathique et se rendant également aux glandes, exerceraient une influence contraire (ou modératrice), cette supposition sera examinée plus tard (Innervation) .

L’action qu’exerce la pilocarpine sur la sécrétion de la sueur présente certaines particularités intéressantes, sur lesquelles M. Straus a récemment appelé l’atLention. Lorsqu’on injecte sous la peau de l’homme 10 à 20 milligrammes de pilocarpine dissoute dans un gramme d’eau, on voit au bout de 2 à 5 minutes quelques gouttelettes de sueur se montrer au point correspondant à l’injection. Quelques minutes plus tard survient la salivation ; quelquesminutes plus tard survient la sudation générale. Mais si la dose de pilocarpine introduite sous la peau ne dépasse pas 2 à 4 milligrammes, l’effet est purement local et la sueur ne se montre qu’autour du point de l’injection et sur une surface très limitée L

Si sur un homme en pleine sueur, par suite de l’action de la pilocarpine, on pratique une injection hypodermique d’atropine la sécrétion de la sueur disparaît autour du point injecté. On produit un effet du même genre (c’est-àdire la suppression de la sueur) en déterminant la constriction des vaisseaux. Lorsqu’à l’aide du pulvérisateur de Richardson, M. Straus refroidit rapidement une petite surface de la peau et qu’il provoque immédiatement après une sudation générale par l’injection d’une solution convenable de pilocarpine, la peau tout entière se couvre de sueur, sauf le point qui a été refroidi, c’està-dire sauf le point où le réseau vasculaire est localement contracté.

1 Ces expériences tendent h prouver que l'action de la pilocarpine (et sans doute celle d’un grand nombre d’autres principes) peut s’exercer directement sur les parties' périphériques du système nerveux.

§ 182 bis.

Sécrétion de la suenr. — Indications bibliographiques.

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Matière sébacée ou sébum. — Sécrétée par les glandes sébacées, cette matière est, presque partout, difficilement isolable des produits de la sueur, et ne forme généralement sur la peau qu’un enduit imperceptible. Plus liquide dans les chaleurs de l’été que dans la saison froide, cette matière donne à la surface de la peau un aspect gras et luisant. Le sébum est du reste sécrété en proportions assez variables suivant les individus. Peu abondant chez les individus à cheveux et à peau secs, il l’est davantage chez ceux dont la peau est huileuse et les cheveux gras.

Dans un certain nombre de points la matière sébacée se montre plus abondante et présente des caractères particuliers. Dans le conduit auditif externe les glandes sébacées sécrètent une matière d’un jaune brun à .consistance pâteuse, le cérumen, matière dans laquelle les substances azotées et les débris épithéliaux sont relativement abondants (il n’y a que 230 parties de matières grasses pour 1,000). Sous le prépuce -à la base du gland, et sous le repli préputiel des petites lèvres chez la femme, on trouve un smegma blanchâtre à odeur caractéristique dans lequel les matières grasses sont peu abondantes (d’après Lehmann il n’y a que 32 pour 1,000) et qui est principalement composé de cellules épithéliales desquamées, unies à une matière azotée et à une matière odorante. Autour du mamelon, sur l’aréole mammaire, et pendant la grossesse, les glandes sébacées deviennent plus volumineuses (tubercules

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