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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

raie est surtout remarquable chez les animaux bien nourris, dont le sang est riche en globules.

L’observation microscopique a conduit pareillement M. Stinstra à cette conclusion que les hématies se détruisent dans la rate. Il a remarqué, en outre, que trois chiens et trois lapins auxquels il avait extirpé la rate pouvaient supporter plus facilement la privation des aliments que les animaux non dératés. M. Stinstra aurait encore remarqué que les animaux dératés engraissaient assez rapidement, et il rapporte l’observation, déjà faite par M. Schmidt, que, dans certains comtés de l’Angleterre, les fermiers ont l’habitude d’enlever la rate des veaux parce qu’ils auraient remarqué qu’ils devenaient gras plus rapidement.

Des recherches ultérieures auxquelles s’est livré M. Kôlliker il conclut que les globules blancs peuvent se former dans la rate. M. Schônfeld, M. Hirt, M. Vierordt (après l’examen du sang splénique d’un supplicié) attribuent aussi ce pouvoir à la rate. C’est d’ailleurs l’opinion exprimée longtemps avant eux par M. Donné.

La question relative à la formation des leucocytes de la rate a été de nos jours poursuivie à l’aide de la méthode du dénombrement des globules. Souvent on a trouvé dans le sang qui revient de la rate plus de globules blancs que dans le sang qu’elle reçoit (voy. page 410). Mais cette augmentation est loin d’être constante. MM. de Tarchanoff et Swaen concluent de leurs recherches qu’il n’y a ordinairement pas plus de leucocytes dans le sang de la veine splénique que dans le sang de l’artère.

De leur côté, MM. Malassez et Picard ont récemment étudié l’influence qu’exerce l’action nerveuse sur les modifications qu’éprouve le sang dans son passage à travers la rate. La paralysie des vaisseaux de la rate, c’est-à-dire la suppression de l'influence nerveuse, s’est traduite dans leur sexpériences par une modification remarquable dans la quantité de fer que renferme alors le tissu de la rate (le fer est un des éléments des globules rouges du sang). Dans le sang normal il y a pour 1000 grammes de sang de 0gr,5 à 0sr,9 de fer; dans le tissu de la rate normale il y a jusqu’à 2sr,4 de fer pour 1000 grammes. Or, après la paralysie de la rate par la section des nerfs qui vont dans la rate, la quantité de fer que cet organe renferme est analogue à celle qui existe normalement dans le sang, elle tombe à lsr,5 à 0sr,9 à 0çr,5 pour 1000. Il semble que la rate n’est plus alors qu’un lieu de passage où le sang n’est plus retenu et modifié 1.

Dans d’autres expériences MM. Malassez et Picard ont coupé partiellement les nerfs spléniques et énervé seulement une partie de la rate. Les analyses comparées de la portion énervée et de la portion normale de la rate ont donné les résultats suivants :

La quantité de fer est rapportée à 1000 grammes de rate.

Portion normale de la rate.

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