IV. t
Portion énervée (ou paralysée) de la rate.
1 Le fer de la rate est contenu dans le sang qui imprègne le système lacunaire de l’organe. Quand on a soumis la rate à un lavage prolongé, il n’y a plus de fer dans son tissu.
MM. Malassezet Picard ont aussi procédé à la numération des globules rouges du sang sur une rate en partie énervée, c’est-à-dire qu’ils ont comparé la proportion d'hématies que renferme le sang veineux splénique qui sort du département de la rate paralysé , à la proportion d’hématies que renferme le sang veineux splénique qui sort du département de la rate qui est normal. Ils ont trouvé le nombre des globules rouges plus élevé dans le sang qui revient de la portion paralysée. Ces résultats sont absolument concordants avec les précédents. Ils démontrent, comme les premiers, que le sang qui traverse la portion de rate paralysée n’y séjourne point, et que les globules rouges n’y éprouvent pas les modifications qu’ils subissent du côté sain 1 .
Ajoutons à ces recherches celles, toutes récentes aussi, de M. Nasse sur la pulpe splénique. Cette substance étudiée sur la rate du cheval et sur celle de l’homme lui a constamment donné une grande quantité de noyaux jaunâtres, insolubles dans l’acide acétique et dans la potasse, consistant en une matière albuminoïde condensée, fortement imprégnée d’oxyde de fer et d’un peu de phosphate de fer. Chez les vieux animaux M. Nasse a trouvé dans la pulpe splénique desséchée jusqu’à 5 pour 100 de fer.
Cette destruction des globules du sang dans la rate communique-t-elle au sang qui revient parla veine splénique des changements appréciables ? Oui ; car, en même temps que les globules sont diminués, on peut noter une augmentation proportionnelle dans la quantité des éléments organiques du sérum. Ces produits, dissous dans le sérum, augmentés dans le sang qui revient de la rate, sont vraisemblablement des produits nouveaux. C’est ce que l’analyse chimique seule peut décider 2.
L’un des résultats constants de nos analyses du sang qui revient de la rate, c’est l’augmentation du chiffre de la fibrine, c’est-à-dire de la portion de l’élément spontanément coagulable du sang. Nous avons également constaté que si la fibrine du sang de la veine splénique l’emporte en quantité sur la fibrine du sang artériel et du sang veineux général, sa nature n’est pas tout à fait la même. Cette fibrine est peu élastique; elle se prend en grains plutôt qu’en filaments; abandonnée à l’air, elle se liquéfie avant de se dessécher.
L’analyse du sang de la veine splénique du cheval a également donné à M. O. Funcke un excédant de fibrine. Ainsi, dans une première analyse, tandis que le sang de Yarlère splénique contenait 2 parties de fibrine pour 1000 parties de sang, le sang de la veine splénique en contenait 5 parties pour 1000. Dans une seconde analyse, le sang de Yartère splénique contenait 1,7 de fibrine, et le sang de la veine splénique en contenait 4. Nous avons déjà dit que la fibrine était probablement le premier degré d’oxydation de l’albumine.
1 MM. Malasscz et Picard tirent de cet examen une conclusion différente. Suivant eux, dans la rate pamhj-ée il y aurait une nouvelle formation de globules rouges. Cette supposition n’est qu’une hypothèse, qui ne nous paraît pas justifiée.
2 MM. Frerichs et Stadler et M. Gorup-Besanez ont trouvé dans la rate de la leucine, de l’acide urique, de l’hypoxanthine. M. Cloetta a trouvé dans le suc splénique deux corps azotés précipitables par les sels de plomb. M. Bœdeker signale dans la rate du bœuf, aussi bien que dans celle de l’homme supplicié, la présence de l’inosite. M. Picard fait macérer la rate fraîche. Après 2 heures on trouve dans le liquide deux substances albuminoïdes : une (globuline?) qui se précipite quand on fait traverser la solution par l’acide carbonique; une autre qui se précipite quand on chauffe à -f- 75° (albumine ?).