‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 378 sur 429 · LONGUEUR · texte numérisé non relu

LONGUEUR

En avant.

En arrière

Lorsque la rate se contracte, le foie devient plus rouge, plus tendu, plus dur. Quand la rate se distend, le tissu du foie devient plus pâle et plus mou. Lorsqu’on pique le foie avec une aiguille , il donne beaucoup de sang dans le premier cas et peu dans le second.

Le volume de la rate variant sur l’animal vivant, à peu près de la même manière que celui des tissus érectiles, la quantité de sang qui passe par la veine splénique n’est pas la même dans tous les instants, ni pour un espace de temps déterminé. Le sang, séjournant plus ou moins longtemps dans l’intérieur de la rate, ne s’échappe pas de cet organe dans des condilions toujours les mêmes. C’est pour cette raison, sans doute, que les différences observées entre le sang que reçoit la rate et celui qu’elle rend veineux varie dans des limites assez étendues.

Ainsi que Malpighi l’avait observé le premier, on peut enlever la rate sur les animaux sans qu’ils succombent. Peut- on en conclure qu’elle est inutile el qu’elle ne sert à rien ? Mais il y a dans l’organisme beaucoup de parties qui peuvent être isolément retranchées, sans que la vie soit nécessairement anéantie, ce qui ne veut pas dire que ces parties soient sans fonctions. L’organisation lutte en quelque sorte contre ces mutilations et assure l’accomplissement des fonctions d’une autre manière et sur d’autres points de l’économie. « Dans le piédestal de la colonne Trajane, dit M. Liebig dans l’instruction de son Traité de chimie organique, on peut enlever au ciseau chaque pierre, si l’on a soin de remettre à sa place, à mesure qu’on enlève l’assise suivante, la première assise qu’on avait retirée. Peut-on conclure de là que cette colonne soit suspendue en l’air et qu’aucune partie ne supporte celle qui est au-dessus? Non; et pourtant on a rigoureusement démontré que chacune des pièces ne supporte rien, car on les a toutes enlevées sans nuire à la stabilité de la colonne. » Lorsqu’on enlève un rein à un animal, le rein qui reste peut entretenir la sécrétion urinaire, et l’animal survivre à l’opération ; on n’en peut pas conclure que le rein supprimé était inutile.

L’extirpation de la rate est une expérience, qu’après tant d’autres, nous avons souvent rejetée. Les animaux y succombent parfois ; plus souvent ils guérissent et paraissent recouvrer une santé parfaite. Nous avons conservé dans notre laboratoire pendant dix-huit mois un chien et une chienne auxquels nous avions enlevé la rate. Près d’une année après cette extirpation, et à l’époque du rut, ils se sont accouplés et les petits provenant de leur union avaient tous une rate normale. Ces deux animaux ont disparu sans que nous ayons pu en pra-

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